Appel à la Libération Immédiate du Prisonnier Politique Koné Kamaraté Souleymane en Côte d’Ivoire

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Les sept arguments forts de Soul to Soul

Appel à la Libération Immédiate du Prisonnier Politique Koné Kamaraté Souleymane en Côte d’Ivoire

Depuis le 9 octobre 2017, mon ami et frère Koné Kamaraté Souleymane, dit Soul to Soul, ministre plénipotentiaire, diplomate ivoirien, est incarcéré sans preuves ni procès par le régime du Président Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire.

J’appelle à sa libération immédiate, pure et simple, car non seulement le régime geôlier n’a jamais pu ni voulu établir les accusations proférées contre lui, mais en plus les arguments avancés par Koné Kamaraté Souleymane lui-même pour prouver son innocence, sont clairs et pertinents.

Dans sa lettre publiée aux lendemains de son incarcération spectaculaire et traumatique du 9 octobre 2017 à la MACA (Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan), le prisonnier établit sept arguments forts pour son innocence :

1- Koné Kamaraté Souleymane s’est battu dès sa tendre adolescence contre les pratiques discriminatoires en Côte d’Ivoire et est allé en prison dans les années 2000, parce qu’il défendait notamment le droit d’un certain Alassane Ouattara d’être reconnu et traité comme un citoyen ivoirien à part entière. Ce combat citoyen l’a conduit à soutenir Alassane Ouattara en 2010-2011, lorsqu’à l’issue de sa victoire démocratique à l’élection présidentielle, Alassane Ouattara s’est vu refuser la transmission effective des pouvoirs de Président de la République par Laurent Gbagbo. Koné Kamaraté Souleymane ne peut donc pas être celui qui veut renverser un homme pour lequel il a risqué par plusieurs fois sa vie.

2- Koné Kamaraté Souleymane est parfaitement convaincu que les accusations de complot de déstabilisation lancées par le régime d’Alassane Ouattara contre lui ont pour but d’atteindre l’actuel Chef du Parlement Ivoirien, Guillaume Soro. Et puisqu’aucune implication de ce dernier dans les mutineries de 2014 et 2017 dans les armées ivoiriennes n’a pu être établie, le régime a donc décider de prendre le plus proche compagnon de Guillaume Soro en otage pour le contraindre à renoncer à toute visée politique sur l’avenir du pays. Koné Kamaraté Souleymane nous dit donc qu’il est l’otage d’un chantage politicien du régime ivoirien à l’encontre de notre leader générationnel africain, Guillaume Soro.

3- Koné Kamaraté Souleymane explique qu’il ne pouvait et ne peut d’aucune façon être le détenteur privé de 6 tonnes d’armes de guerre. Les armes de guerre trouvées à son domicile de Bouaké faisaient plutôt partie du dispositif secret défense des FRCI- Forces républicaines de Côte d’Ivoire aujourd’hui dénommées FACI, Forces armées de Côte d’Ivoire- dont le Chef Suprême n’est personne d’autre que le Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara.

4- Koné Kamaraté Souleymane explique que c’est à la demande des sécurocrates du régime du Président Ouattara qu’il a concédé son domicile privé de Bouaké pour l’entreposage de ces armes des FRCI. Et que cela était parfaitement su de toute la hiérarchie militaire et sécuritaire de l’Etat. Plusieurs bases logistiques privées de ce genre existeraient donc dans le cadre du même dispositif secret défense.

5- Koné Kamaraté Souleymane dit qu’il est victime de sa confiance aux autorités militaires et sécuritaires de son pays, car il a accepté de prêter son domicile à l’entreposage de ces armes, alors que d’autres s’abritaient derrière les plus courageux au Golf Hôtel d’Abidjan en 2010-2011

6- Koné Kamaraté Souleymane affirme que ce sont les armes dont lui attribue abusivement la propriété qui ont permis, entre autres, au Président Alassane Ouattara de s’installer au pouvoir après la Chute de Laurent Gbagbo le 11 avril 2011.

7- Koné Kamaraté Souleymane souligne l’ingratitude inouïe dont il est victime de la part d’un homme d’Etat auquel lui et de nombreux camarades ont sacrifié leur jeunesse, et pour beaucoup, leurs vies.

J’ajoute pour ma part un 8ème argument pertinent, qui établit aussi l’innocence de mon frère et ami Koné Kamaraté Souleymane :

8- C’est le refus du régime ivoirien d’ouvrir de bientôt 5 mois le procès de Koné Kamaraté Souleymane, de peur que celui-ci ne mette à nu la vacuité des accusations grotesques, abracadabrantesques et cyniques des sécurocrates locaux contre sa personne, et en filigrane, contre le leader générationnel Guillaume Soro dont il est le Chef du Protocole depuis de longues années.

Et dès lors, on peut conclure ceci :

– Le régime du Président Ouattara depuis le 9 octobre 2017 , n’ayant jamais prouvé que les sept arguments de mon ami et frère Koné Kamaraté sont faux, il s’ensuit que sa détention depuis bientôt 5 mois à la prison de la MACA d’Abidjan est arbitraire, illégale, dictatoriale et inacceptable.

– Le régime du Président Ouattara n’a donc désormais que deux choix raisonnables devant lui : libérer et dédommager le citoyen Koné Kamaraté Souleymane, victime de ses accusations mensongères et déshonorantes ; ou alors, ouvrir le procès afin que la vérité sur ces accusations prétendues éclate au grand jour, devant la Justice Ivoirienne, le Peuple de Côte d’Ivoire, la Communauté Internationale et L’Histoire.

Moi, Franklin Nyamsi, ami et frère de lutte de Koné Kamaraté Souleymane dit Soul to Soul, j’affirme ici, en mon âme et conscience, que je suis convaincu de son innocence. Je vais même plus loin : j’affirme que Koné Kamaraté Souleymane n’est que la victime expiatoire d’un chantage politique inacceptable envers le Très Honorable Guillaume Soro. J’affirme enfin que la libération immédiate et sans conditions de Koné Kamaraté Souleymane, tout comme celle de l’ensemble des prisonniers de la dernière crise postélectorale ivoirienne de 2010-2011, constituent la clé de voûte de la future émergence de la Côte d’Ivoire de l’espérance.

Par conséquent, je publie le Présent Appel à la libération de Soul to Soul et de l’ensemble des prisonniers politiques de la dernière crise postélectorale ivoirienne, afin que dans l’Histoire, nul n’ignore que jamais je n’ai pris le parti des Puissants contre les plus Vulnérables.

J’en appelle, dans l’esprit du discours-phare du Président Guillaume Soro le 3 avril 2017 à Abidjan, à la fin du cynisme rampant en Côte d’Ivoire et à la mise en œuvre courageuse d’une véritable politique consensuelle du Pardon et de la Réconciliation nationale.

Mon engagement constant est de promouvoir, en toutes circonstances, la Justice ! Puisse L’Histoire, s’en souvenir.

Franklin Nyamsi

Professeur agrégé, Docteur en Philosophie

Compagnon de la révolution démocratique africaine

Paris, le 30 janvier 2018

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