Sommet Afrique-France: Macron bousculé à écouter et discuter avec les jeunes Africains

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Des centaines de jeunes de la “société civile” africaine sont invités ce vendredi à Montpellier par le président Emmanuel Macron, pour un sommet Afrique-France inédit. Il vise à “refonder” nos relations. Mais l’événement est qualifié de “rupture en trompe-l’oeil” par des intellectuels africains.

Élysée

Sommet Afrique-France à Montpellier : Emmanuel Macron bousculé à écouter et discuter avec les jeunes Africains

Pour la première fois, à l’occasion d’un sommet Afrique-France, des centaines de jeunes entrepreneurs, artistes, chercheurs, athlètes, étudiants, personnalités engagées d’Afrique et de France sont réunies ensemble à Montpellier. 3.000 invités au total, dont 1.100 jeunes originaires de 12 pays d’Afrique.
L’objectif est de partager la connaissance et d’écouter “la jeunesse d’Afrique et de France qui, chaque jour, bâtit l’avenir de la relation entre la France et le continent africain”.

Les jeunes bousculent le protocole… et Macron
Sans complaisance mais avec humour, ils ont fustigé le “colonialisme”, “l’arrogance” ou le “paternalisme français”. De jeunes Africains de tout le continent ont bousculé le président Emmanuel Macron.
Lors d’une séance plénière électrique et sous des salves d’applaudissements, onze jeunes Malien, Kényan, Burkinabé, Kényan, Camerounais…. ont secoué les usages et interpellé sans ménagement le président de la République, hôte de ce sommet inédit sans chefs d’Etat africains, privilégiant la société civile.

Défendant sa “sincérité” et niant tout “paternalisme”, Emmanuel Macron s’est avoué “bousculé”. Mais, au cours d’un dialogue parfois tendu, il a réitéré ses fondamentaux sur les sujets de contentieux soulevés par les jeunes : colonialisme, soutien à des dictatures, inerventions militaires…
“Arrêtez votre discours paternaliste! Nous n’avons pas besoin d’aide, nous avons besoin de coopération”, lui a lancé une jeune Malienne, Adam Dicko, n’hésitant pas à interrompre le président.
Un blogueur sénégalais Cheikh Fall, a demandé à la France de “demander pardon au continent africain” pour les crimes de la colonisation. “Et cessez de coopérer et collaborer avec ces présidents dictateurs. Et programmez un retrait progressif et définitif de vos bases militaires en Afrique!”, a-t-il lancé à M. Macron.
Adelle Onyango, une jeune ressortissante du Kenya, pays anglophone, a pour sa part sommé le président de s’engager à mettre “fin à la Françafrique” et ses pratiques opaques, et pointé les contradictions d’une France “arrogante”, “enlisée dans des questions de racisme” et venant “donner des leçons de démocratie” aux Africains.

Emmanuel Macron a annoncé la création d’un “Fonds d’innovation pour la démocratie en Afrique”, avec une “gouvernance indépendante”, une des principales propositions d’Achille Mbembe. Ce dernier s’est par ailleurs vu confier une mission en vue de la création d’une maison des mondes africains et des diasporas.
Un fonds d’amorçage doté de 10 millions sera également créé pour aider des entreprises africaines innovantes du secteur du numérique, dans le cadre de l’initiative Digital Africa de soutien aux start-up africaines.

Le programme : favoriser toutes les formes de dialogues
La matinée et le début d’après-midi sont consacrés à des moments de dialogues, d’échanges, de rencontres, d’élaborations de propositions, de manifestations culturelles et d’événements sportifs.

Six grands espaces rassembleront les sociétés civiles de France et du Continent africain autour de six grands thèmes :

Engagement citoyen et démocratie
Entreprendre et innover
Enseignement supérieur, recherche et innovation
Culture, Patrimoine et Coopération
Industries culturelles et créatives
Sport et développement
Une séance plénière, en présence du Président de la République française, clôturera cette journée.

France 3

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