La Côte d’Ivoire au défi de la gouvernance: Convaincre et non vaincre le peuple

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LA COTE D’IVOIRE FACE AU DEFI DE LA GOUVERNANCE : CONVAINCRE ET NON VAINCRE LE PEUPLE

Convaincre et non vaincre le peuple, tel doit être le cœur de toute gouvernance. C’est un défi que la Côte d’Ivoire a, à relever. Et visiblement, le chemin est encore long, très long. Dans quelques mois seulement, auront lieu les élections à la tête du pays, plus précisément au mois d’octobre prochain si toutefois la situation sanitaire marquée par l’expansion continue de la pandémie du coronavirus le permet. Les partis qui se partagent le pouvoir actuellement ont déjà désigné leur candidat même si cette désignation ne fait pas l’unanimité et fait l’objet de nombreuses critiques et réserves à l’intérieur du camp. Certains ministres ont quitté la barque pour affûter en soldats perdus leurs armes et réunir leurs munitions. L’un des anciens protagonistes de premier plan de cette coalition qui a mené la guerre, le parti démocratique de Côte d’Ivoire aiguise ses couteaux en lançant des opérations d’alliance abracandabresque et illisible çà et là. Le Front populaire ivoirien qui n’est de plus en plus que l’ombre de son ombre faute de pouvoir tenir une ligne clairement affirmée faute de personnalités charismatiques et qui peine à sortir de décombres de la guerre a récemment exhorté du bout des lèvres la population à établir des pièces d’identité et à s’enrôler massivement. A cette distance des consultations, chaque camp aurait dans un système véritablement démocratique dépourvu d’intimidations, de menaces et de peurs déjà exposé son projet économique et sociétal pour les uns et son bilan et ses perspectives pour les autres. Cela aurait donné du temps à la population de s’en imprégner et de se poser les bonnes questions. Nous aurons l’occasion de revenir sur le bilan du gouvernement actuel dans une prochaine contribution fournie, documentée, chiffrée et détaillée. La question qui nous préoccupe ici est celle de l’expression démocratique dans son ensemble dans un contexte de pluralisme politique à travers la notion de gouvernance. Disons tout de suite que toute gouvernance qui se veut démocratique, bien entendu, selon nous, doit s’employer à convaincre le peuple par des actes vertueux et non à le vaincre par attitudes vicieuses et persverses. En situation de guerre, l’on se bat à coups de canons, à coups de sabres, de coupe-coupe et autres armes pour vaincre celui en qui on voit un ennemi. C’est un contexte violent faits d’animosités où les camaraderies, les fraternités, les amitiés s’effondrent et les alliances construites durant des siècles par les anciens s’effritent et s’écroulent. C’est un contexte impitoyable dans lequel celui qu’on a en face de soi est déshumanisé et sans valeur. Malheureusement ainsi va la réalité de la vie des hommes ! Il faut corriger cela car la vie en humains ne doit pas aller ainsi. C’est ce qui fera de l’humain, un être humain et toujours plus humain. Et ce n’est pas seulement de l’incantation pieuse car sous d’autres cieux des dirigeants y parviennent par la force de la volonté. Une fois, la victoire acquise sur cet ennemi, on doit s’employer à le convaincre afin de faire de ce dernier un partenaire même dans l’adversité. Concrètement, cette gouvernance convaincante-là doit, avant toute chose, s’attacher à créer les conditions adéquates pour qu’au quotidien le citoyen, quelque soit son appartenance ethnique, quelque soit son identité tribale, quelque soit sa condition sociale et quelque soit sa situation économique, se sente apaisé, se sente libre et se sente rassuré. Un citoyen apaisé, libre et assuré est un citoyen qui est lui aussi rassurant et apaisant. Assuré et rassuré, il n’hésitera pas à se mettre au service de son prochain. Il n’hésitera pas à s’ouvrir à l’autre. Il n’hésitera pas à se rendre disponible pour son pays où qu’il soit en toutes circonstances y compris dans les moments de grandes difficultés. En Côte d’Ivoire, il y a eu la guerre et le peuple ivoirien a été vaincu par -disons-le clairement- un petit groupe de gens armés et soutenus de l’extérieur. A l’intérieur de ce petit groupe, il y a aujourd’hui une petite minorité qui s’emploie encore à perpétuer des réflexes du temps de la guerre avec entre autres la mise en place d’une logique d’administration des services publics sur la base d’un système clanique, ethnique et tribal. Il est de fait, clair que la Côte d’Ivoire a un défi à relever au plan politique. Ce défi, c’est :
1- de bâtir une nation ivoirienne où les citoyens sont libres socialement et politiquement
2- de construire un environnement dans lequel les citoyens s’épanouissent économiquement
3- de faire évoluer les citoyens dans un climat où l’accès aux soins est garanti et facilité dans des infrastures solides et efficaces
4- d’ouvrir des perspectives à la jeunesse par un système de formations en adéquation avec la structure et les besoins de l’économie nationale
5- d’ouvrir l’accès à l’exercice de responsabilités administratives à tous et de libérer les prisonniers politiques

ETRE SOCIALEMENT LIBRE DANS UN ENVIRONNEMENT, C’EST LA BASE FONDAMENTALE DE LA DEMOCRATIE : MAIS C’EST QUOI EXACTEMENT ?
La démocratie en Côte d’Ivoire ne doit pas être vue seulement sous l’angle étroit du pluralisme politique actuel amorcé à la fin des années quatre-vingt ou perçue comme un concept vaseux porté par des rêveurs qui sont perchés quelque part et éloignés des réalités de terrain ou reclus sur une autre planète. Elle doit avoir une traduction concrète dans la réalité, dans le vécu quotidien des personnes physiques et des personnalités morales. Aussi, par liberté sociale qui s’inscrit dans tout processus démocratique, nous entendons par exemple, le fait que le citoyen ivoirien doit pouvoir trouver les moyens de manger chaque jour au moins à sa faim: manger le matin, manger à midi et manger le soir. Il doit se sentir libre dans ses mouvements, c’est-à-dire qu’il ne doit pas avoir la peur au ventre lorsqu’il voyage d’une région à une autre. Nombreux citoyens redoutent aujourd’hui les déplacements du sud pour aller dans le nord du pays. Il ne faut pas se mentir sur la question. Ils le font pour une grande partie d’entre eux, par défaut avec toujours la peur au ventre. Ils savent qu’au moindre petit écart dans la parole sur la situation politique, ils courent le risque de se faire lyncher ou tout simplement tuer.
Là-bas, dans la partie nord du pays, les faits et les gestes de ceux et de celles qui n’y ont pas d’attaches tribales sont passés au crible. Un fonctionnaire par exemple issu d’une tribu du sud ou d’une ethnie de l’ouest ou de l’est devrait pouvoir exercer son travail dans le nord sans crainte au quotidien. Mais hélas, ce n’est toujours pas le cas. Il faut changer cela. C’est, ce à quoi, doit s’attacher à œuvrer tout pouvoir politique.

LA LIBERTE ECONOMIQUE, L’AUTRE BASE D’EXERCICE DE L’EXPRESSION DE LA DEMOCRATIE
Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire tire d’énormes revenus de l’exploitation de ressources minérales mais personne, en hauts lieux, n’en parle. Le pétrole par exemple est exploité en Côte d’Ivoire et génère des revenus très importants. L’or, le manganèse, etc. sont exploités en côte d’Ivoire aux côtés du traditionnel cacao et bien d’autres produits de l’agriculture. Mais malheureusement, cette manne financière ne fait l’objet d’aucune communication transparente et ne profite pas à tous. Elle ne profite qu’à une minorité ethnique à travers les revenus des emplois de cadres que cette minorité occupe. Elle ne profite qu’à une minorité qu’à travers le financement et la rétribution des contrats publics que les membres de cette minorité s’octroient entre eux.
Beaucoup sont les ivoiriens qui parlent d’une « mafia » essentiellement composée de dioulas venus du Mali, de la Guinée et du Burkina Faso proches des tenants du pouvoir en association avec des marocains. Nous le disons parce que tout simplement c’est ce qui se dit dans les petits cercles. Qu’on n’y voit pas un quelconque sentiment de tribalisme ou de xénophobie. Çà serait trop facile et même déconcertant. Or, personne ne doit être laissé pour compte dans la répartition de cette manne financière. Ces ressources doivent profiter à tous sans distinction tribale, ethnique et religieuse. Les contrats publics doivent faire l’objet de passation d’appels d’offre et les conditions qui les accompagnent doivent faire de la place aux gens des « petits métiers » dans leur exécution car l’essentiel de l’économie ivoirienne est encore porté par les petits métiers.
Il y a un an, nous avons assisté à une situation pour le moins pathétique qui est l’illustration en grandeur nature de la situation économique du pays : la crise économique dans le système agricole ivoirien marquée par ce qu’il conviendrait d’appeler en faisant allusion au syndrome hollandais : « The ivorian disease ».
Les paysans du nord de la Côte d’Ivoire, producteurs d’anacarde, se sont mis en colère face à leurs difficultés à écouler leur production de noix de cajou. L’anacarde connaît actuellement à l’échelle mondiale une chute drastique des prix. Les principaux clients de la Côte d’Ivoire que sont l’Inde et le Vietnam disposent de suffisamment de stocks pour alimenter leurs usines sur une période de l’ordre de trois à quatre années.
De fait, en vertu du principe élémentaire de la loi de l’offre et de la demande, il est évident qu’il fallait s’attendre à ce que les prix dégringolent. L’offre, à l’échelle mondiale, se trouve largement plus élevée que la demande car rappelons-le, la Côte d’Ivoire n’est pas seul producteur dans le secteur. Elle y évolue avec à ses côtés une bonne vingtaine d’autres producteurs africains dont le Nigeria. En plus de la surproduction qui touche le secteur et qui était somme toute prévisible, le gouvernement a largement surenchéri sur le prix de l’anacarde en le fixant à trois cents soixante quinze francs CFA le kilogramme. Le faisant, il escomptait en tirer une recette fiscale que les experts estiment à quatre-vingt milliards de francs CFA. Malheureusement en économie de marché, il y a un principe de base auquel ne peut échapper tout produit, c’est celui de la loi de l’offre et de la demande. Il y a trop de noix de cajous offerts sur le marché mondial et les principaux pays demandeurs disposent de suffisamment de stocks pour évoluer sur une période relativement longue.

La conjugaison des deux situations aboutit de fait au ralentissement de l’engagement des intermédiaires sur le marché ivoiriens et par conséquent à l’effondrement des prix aux paysans.
Qu’aurait-il fallu faire pour éviter cela dans un environnement démocratique qui tient compte des critiques ?
D’abord il aurait fallu mener au niveau du ministère du commerce ivoirien une étude prospective pour bien cerner la dimension réelle du marché mondiale de la noix de cajou à moyen terme, prospecter de nouveaux champs de partenaires afin de trouver de nouveaux débouchés.
Ensuite, il aurait fallu mettre en place une politique d’aide conséquente à des industriels ivoiriens pour fortement les inciter à investir dans la transformation de ce produit. L’Etat aurait même pu sortir du dogme idéologique et faire des investissements dans le secteur en créant deux ou trois usines de moyenne dimension et susceptibles de donner de la plus-value à la noix produite en Côte d’Ivoire. En plus, il aurait fallu à très court terme sursoir au droit unique de sortie. C’est de la transformation des produits de notre agriculture que naîtra toute dynamique d’industrialisation et donc de début de développement économique conséquent. C’est cela aussi l’expression démocratique.

LA SANTE EST INCONTESTABLMENT LA BASE ET LE BAROMETRE DE LA DEMOCRATIE
Sur le plan de la santé, il y a trop de morts dans les hôpitaux en Côte d’Ivoire. Beaucoup de ces morts qui s’accumulent un peu partout dans le pays pourraient être évités ou pour le moins repoussés. C’est une honte nationale. C’est une honte à notre pluralisme politique qui était censé générer la démocratie qui, elle devait apporter du mieux à chacun. La mort est de plus en plus banalisée en Côte d’Ivoire. Toute disparition quelque soit la nature de cette disparition n’émeut plus les gens. Il ne se passe pas de jour où on ne fait état de la découverte d’un cadavre dans une rue, dans une broussaille, dans un caniveau dans les villes comme dans les villages. Les cadavres d’enfants, de femmes mutilées sont découverts chaque jour. Les centres hospitaliers universitaires sont devenus plus des mouroirs que des lieux où l’on sauve des vies. Tout ça est inacceptable. Les ivoiriens doivent être soignés de façon qualitative quand ils sont malades. Il ne devrait même plus avoir à se préoccuper de ce que ça leur coûte de se soigner en arbitrant perpétuellement entre manger ou se soigner, se vêtir ou manger, se vêtir ou se soigner. Les ressources financières de ce pays permettent d’investir dans un système de santé solide et convenablement structuré. Avec un budget estimé à plusieurs milliers de milliards de francs CFA, cela est largement possible. Et à ceux qui croiraient que cela est de luxe, il faut répondre que c’est faux. Ils se trompent et trompent par la même occasion.
Les ressources de la Côte d’Ivoire rendent cela possible, très largement possible même. Tout est une question de volonté politique et de volontarisme dans la politique. Il faut à l’intérieur du système de santé en Côte d’Ivoire aujourd’hui chercher à clarifier les différents axes : l’axe de la sensibilisation publique, l’axe hospitalier curatif, l’axe de l’identification des causes de décès, l’axe de la prévention, l’axe de recherche pharmaceutique, etc. Les pharmaciens ivoiriens ne peuvent être réduits en vendeurs de médicaments ou en de simples dispenseurs de formules chimique au tableau noir. Il faut former le personnel en compétences et en nombre pour porter chacun de ces axes. Cela ne signifie pas qu’avec çà, il n’y aura plus de morts en Côte d’Ivoire. Mais tout simplement qu’il y a des situations de morts qu’on peut éviter, qu’on peut circonscrire et améliorer ainsi la vie des citoyens en les mettant en confiance par rapport à l’institution hospitalière.
On voit à chaque grande occasion des parades de dignitaires. Ces personnalités érigées en véritables guichets automatisés de sacs de riz, de sachets sels, de paquets de sucre, de piments, etc. frisent l’indécence dans leurs actions. C’est mêmes honteux de les voir ainsi surfer sur la misère des gens. Ce qu’il faut dans un contexte de misères, c’est d’institutionnaliser la solidarité en créant des structures officielles. Des pays, ailleurs, nous en offrent des modèles : caisse d’allocations familiales, caisse d’assurance maladies, etc. Il faut sortir la solidarité en Côte d’Ivoire des regards misérabilistes et donner aux gens des droits, des devoirs et de la dignité. Pour y parvenir, il faudrait que les parlementaires commencent à imposer aux maires dans leurs communes d’identifier toutes les rues et tous les passages, à clarifier les délimitations des quartiers, des places. Cela est facilement faisable avec le recrutement en stages rémunérés d’étudiants en géographie, en histoire ou autres. Ensuite, à structurer les entrées dans chaque habitation ou concession pour, par la suite, dénommer et affecter des numéros. Ainsi, chaque habitant sera répertorié en fonction de son lieu de résidence, de son adresse numérotée, conditions nécessaires pour se faire établir un document administratif. Cela va faciliter le recensement de la population et l’attribution d’un identifiant personnalisé à chaque citoyen. Ainsi, la solidarité inscrite dans des structures institutionnalisées serait plus pertinente et plus démocratiquement respectueuse de la dignité des gens.

IL FAUT REPENSER COMPLETEMENT LE SYSTEME DES FORMATIONS GENERALES ET TECHNIQUES EN COTE D’IVOIRE
La jeunesse ivoirienne en particulier et les citoyens ivoiriens en général doivent bénéficier de formations en phase avec les besoins structurels de l’économie ivoirienne afin d’éviter les voies de garage actuelle qui sont monnaie courante. Pour y parvenir, il faut arrêter de laisser les vendeurs d’illusions qui ouvrent des formations qu’ils savent pertinemment qu’elles ne répondent pas aux besoins de l’économie nationale. Les parents se saignent pour enfin de compte voir leurs enfants au bord de la route au sens propre comme au sens figuré. On en voit vendre des lotus. Et la seule chose qu’on trouve à dire c’est : « Ah ! Vraiment petit-là, il est courageux. ll a sa maîtrise et il fait cabine et il vend Lotus. ». Franchement, est-ce vraiment sérieux tout çà ? La Côte d’Ivoire laisse trop de jeunes dans le désespoir et ce, depuis très longtemps. Ce n’est pas une nouveauté. Mais avouons que cela s’est beaucoup accentué ces dernières années. Cela n’est pas bon du tout. La Côte d’Ivoire est devenue aujourd’hui le plus gros pourvoyeur d’esclaves en Libye provenant d’Afrique de l’ouest parce tout simplement ce pays n’a pas un système de formations adéquat. C’est une insulte à son potentiel économique. A la moindre indignation de la communauté internationale, on affrète des avions pour aller repêcher les survivants. Il ne s’agit d’affréter des avions pour aller repêcher ces naufragés lorsque la communauté internationale s’émeut de leur situation. Il faut arrêter cela. Ce qu’il faut, c’est de créer les conditions économiques qui absorbent toutes les énergies et les intelligences de cette jeunesse. Les firmes multinationales qui vont en Chine, au Bengladesh et autres pays pour faire réaliser leurs travaux ce n’est pas simplement parce que la main d’œuvre y est moins chère mais c’est aussi et surtout parce qu’elles y trouvent des gens qualifiés. Ce n’est pas au-dessus des moyens de la Côte d’Ivoire. Cela est largement possible. Un pays où l’on met plus d’énergie à dresser des murs hauts entre les populations, un pays où les responsables s’appliquent sans se gêner à clamer haut et fort qu’ils travaillent dans une logique ethno tribale sur fonds idéologique de « rattrapage ethnique » est un pays qui va droit dans le mur. C’est, ce qui s’est passé en Afrique du Sud sous le régime de l’apartheid. Heureusement que Nelson Mandela à sa sortie a réussit à sauver, pour ainsi dire, les meubles. Ce n’est bon pour aujourd’hui. Ce n’est pas bon pour demain. Il faut quitter cette voie. Et vite, très vite quitter cette voie !

UN PAYS DEMOCRATIQUE EST UN PAYS QUI SE CONSTRUIT SANS PRISONNIERS POLITIQUES ET UNE ADMINISTRATION OUVERTE A TOUS
Le défi immédiat que la Côte d’Ivoire doit relever avant les prochaines élections prévues au mois d’octobre afin d’avoir un climat social serein c’est de libérer les prisonniers militaires encore détenus. Il faut libérer tous les militaires prisonniers. Ces personnes ne présentent aucun danger pour le pays. La prison doit cesser d’être un jeu entre les mains des gouvernants. La prison est un lieu destructeur qu’il faut arrêter de banaliser. La prison ne doit pas être regardée comme un lieu de villégiature. On ne doit pas y envoyer un citoyen pour la moindre déclaration à l’endroit du pouvoir sous de fallacieux prétexte. Aujourd’hui on arrête et on emprisonne des cyber-activistes, ce n’est pas normal. C’est même odieux de faire çà. Il faut que la politique et plus généralement l’expression politique épouse son temps. Nous sommes dans une ère où les canaux d’expression sont ouverts et divers. Le traditionnel et non moins éculé « Fraternité Matin » des grands et arrières grands parents est complètement dépassé. C’est important pour faire retrouver au pays un souffle nouveau. Il faut libérer les prisonniers militaires sans condition, sans restriction de leurs droits de citoyens. Il faut faire de la place aussi aux cadres des tribus de l’ouest et du sud ivoirien qui sont de plus en plus l’objet d’ostracisme dans l’administration et les entreprises d’Etat. Ils vivent aujourd’hui à l’étroit dans leur pays. C’est vraiment triste. Lorsqu’on est bété, dida, adjoukrou, agni, abbey, attié, ou même dioula ivoirien, etc. le présent comme l’avenir est sombre. Et ça, ce n’est pas bon du tout.
Il faut décloisonner socialement ce pays. Il faut donner à chacun l’opportunité d’être au service de ce pays à la hauteur de ses compétences sans discrimination. Mais pour cela il faut convoyer le pays vers ses citoyens. C’est comme çà qu’on construit une nation juste et prospère.

C’est véritablement à ce prix que tout responsable doit envisager la construction d’une Côte d’Ivoire libre, apaisée, indivisible et démocratique !

Dr Kock Obhusu
Economiste

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