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Le Syndicat Libre des Inspecteurs du Travail de Côte d’Ivoire (SYNLIT-CI) monte au créneau. Dans une déclaration transmise à notre rédaction le vendredi 22 mai 2026, l’organisation syndicale, dirigée par son secrétaire général national, Anzan Yao Mathide, dénonce la non-application de droits acquis, des omissions répétées de paiement d’indemnités ainsi que l’application contestée d’un « délai de carence ».
Le syndicat attire l’attention de l’opinion publique nationale et internationale sur « l’omission persistante des Inspecteurs du travail de la 58e promotion de l’École nationale d’administration (ENA) » sur les listes de paiement des indemnités.
Selon le SYNLIT-CI, malgré les assurances données par le ministère d’État chargé de la Fonction publique dans une correspondance datée du 18 mars 2026, les inspecteurs concernés attendent toujours la régularisation de leur situation administrative et financière.
« Après avoir été privés des indemnités au titre du trimestre échu, les Inspecteurs du travail ont été, une fois de plus, omis des listes de paiement pour ce deuxième trimestre », déplore le syndicat.
Une situation jugée d’autant plus préoccupante que, selon l’organisation syndicale, les fonctionnaires issus de la même promotion et exerçant dans la filière Ressources humaines perçoivent régulièrement leurs primes d’incitation.
Pour le SYNLIT-CI, cette omission répétée accentue la précarité des agents concernés et alimente un profond sentiment d’injustice au sein du corps des inspecteurs du travail.
Un « délai de carence » vivement contesté
Dans sa déclaration, le syndicat s’insurge également contre l’application d’un « délai de carence » instauré par la circulaire n°00732/MFP/DRH/CAB/LS/kv/kke du 08 mai 2019, dont la prorogation à 24 mois serait envisagée.
Selon le SYNLIT-CI, cette mesure est contraire au décret n°2008-251 du 11 septembre 2008, qui prévoit le paiement trimestriel d’indemnités spécifiques aux inspecteurs du travail dès leur prise de fonction effective.
Le syndicat estime qu’« une simple lettre de cabinet ne saurait juridiquement restreindre, suspendre ou modifier les effets d’un décret présidentiel », qualifiant ce délai de carence « d’entorse grave à la hiérarchie des normes ».
Anzan Yao Mathide et ses camarades dénoncent également « la non-observation du droit international, du Code du travail et du décret n°2008-251 du 11 septembre 2008 ».
Le SYNLIT-CI rappelle que les indemnités des inspecteurs du travail reposent sur des bases juridiques solides, notamment la Convention n°81 de l’Organisation internationale du travail (OIT), ratifiée par la Côte d’Ivoire, le Code du travail ivoirien ainsi que le décret instituant les primes et indemnités des agents du ministère de la Fonction publique et de l’Emploi.
Le syndicat juge par ailleurs « incompréhensible » que les indemnités des inspecteurs du travail, relevant pourtant du ministère de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle, demeurent sous la gestion exclusive du ministère de la Fonction publique.
Le SYNLIT-CI exige des mesures urgentes
Face à cette situation, le SYNLIT-CI réclame la réintégration immédiate des inspecteurs du travail omis, notamment ceux de la 58e promotion, sur les états de paiement du trimestre en cours, ainsi que le règlement de leurs arriérés.
L’organisation syndicale exige également la suppression définitive du délai de carence contesté et l’abandon de tout projet visant à le proroger.
Autre revendication majeure : le transfert de la ligne budgétaire des indemnités des inspecteurs du travail vers leur ministère de tutelle.
Le syndicat invite enfin l’État de Côte d’Ivoire à respecter ses engagements nationaux et internationaux afin de garantir l’indépendance et l’efficacité de l’Inspection du travail.
À défaut d’une réaction rapide des autorités compétentes, le SYNLIT-CI prévient qu’il se réserve le droit d’user de « tous les moyens légaux » et d’engager des actions réglementaires d’envergure.
Mamadou Ouattara
L’Intelligent d’Abidjan



















