Dégradation de la lagune Ebrié : Les riverains dénoncent un remblayage sauvage

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La lagune Ebrié subit, depuis plusieurs mois, des travaux de remblaiement ; plus précisément entre l’hôtel “La Pergola” et vers le boulevard Valéry Giscard D’Estaing. Ces travaux sont actuellement arrivés à la limite de plusieurs concessions dont celle de l’hôtel “Le Marlin Bleu” ; ce qui aujourd’hui ne laisse qu’un étroit passage entre Biétry et Vridi. Excédés par lesdits travaux qui dégradent fortement toute cette partie de Bietry, les riverains, réunis en collectif dénommé “Le Collectif des Riverains de la lagune Ebrié de Biétry” pour lutter contre l’installation de tous les remblais jugés “sauvages”, qui s’effectuent actuellement, aussi bien dans la lagune en zone de Biétry, qui a perdu près de 30% de sa surface initiale, que dans la lagune allant de Songon (Yopougon) Port-Bouët/Quartier Zimbabwé et zone industrielle de Koumassi. « Ces travaux ont été exécutés pendant deux ans, sans aucune autorisation » dénonce le président du collectif, Bernard Derien, entouré de plusieurs autres riverains et d’un conseil d’avocats, qui menace de saisir les juridictions compétentes afin que cessent tous les travaux de remblayage sur ce tronçon lagunaire. « Tous ces remblais sont faits en dépit du bon sens, sans étude du sol, sur des zones vaseuses et sans enquête de commodo et incommodo auprès des riverains, propriétaires du titre foncier » soutiennent-ils. Aujourd’hui, ceux-ci demandent « la remise en l’état de la lagune afin de lui donner son lustre d’antan. » Le collectif a, par ailleurs, fait remarquer que « Le ministère des Affaires maritimes est informé de cette situation depuis le 26 janvier 2021 et avait autorisé des travaux de remblayage dans la baie lagunaire de Biétry, commune de Marcory, d’une contenance 407 778 m² par décret N°096/MAM/CAB en date du 23 décembre 2020. Il a par la suite annulé l’autorisation par décret N° 037/MAM/CAB en date du 28 janvier 2021. » Les ministères techniques ont été saisis. Il faut faire savoir que ces travaux ne sont pas sans conséquences sur l’écosystème – Impact sur la nappe phréatique qui s’en trouve polluée, alors qu’elle constitue une immense réserve naturelle d’eau potable pour les générations futures, terrains inondés, car les remblais sont faits au minimum entre 1 et 2 mètres au-dessus du niveau des terrains actuels des riverains, déstabilisation de tout l’écosystème naturel, qui prive actuellement la lagune de plus d’un 1/3 de sa surface. De nombreux déchets non traités, enfouis par le sable au pied des propriétés des riverains. Véritable péril sur la lagune Ebrié dont la dégradation est sans cesse dénoncée.

JEAN PRISCA

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