Coup d’État au Mali : retour sur une journée historique

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Les soldats qui ont évincé le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, disent qu’ils prévoient de mettre en place un gouvernement civil de transition et d’organiser de nouvelles élections.

Le porte-parole des soldats, le colonel Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air, déclare qu’ils ont agi pour éviter que le pays ne sombre davantage dans le chaos.

Le président Keïta a démissionné mardi soir en disant qu’il ne voulait pas “que du sang soit versé pour me maintenir au pouvoir”.

L’Union africaine, les dirigeants régionaux et l’ONU ont condamné le coup d’État.

Le Mali, un vaste pays qui s’étend dans le désert du Sahara, est l’un des pays les plus pauvres du monde et a connu plusieurs coups d’Etat.

Il se bat actuellement pour contenir une vague d’attaques djihadistes et de violences ethniques.

Les soldats, se faisant appeler le Comité national pour le salut du peuple, ont déclaré qu’ils ne voulaient pas rester au pouvoir.

“Nous tenons à la stabilité du pays, qui nous permettra d’organiser des élections générales pour permettre au Mali de se doter d’institutions fortes dans un délai raisonnable”, indique le porte-parole du groupe, le colonel Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air.

BBC

Coup d’Etat au Mali: ces cinq points à retenir de la présidence IBK

Ibrahim Boubacar Keïta, 75 ans, est arrivé au pouvoir en 2013, à l’issue d’une élection après l’intervention internationale lancée à l’initiative de la France contre les djihadistes.

Candidat malheureux des présidentielles de 2002 et de 2007 face à Amadou Toumani Touré, celui qu’on surnomme “IBK” tient sa revanche en accédant au palais de Koulouba en 2013.

Il a été réélu, cinq ans plus tard, avec 67,17% des suffrages exprimés contre 32,83% des voix pour son adversaire Soumaïla Cissé, selon les résultats provisoires officiels.

Voici cinq choses à savoir sur la présidence IBK
Le président malien est arrivé au pouvoir dans un contexte sécuritaire peu favorable.

Le putsch de 2012 a précipité la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg et aux groupes djihadistes liés à Al-Qaïda dans le nord du Mali.

Cette vaste région était alors tombée sous la coupe des djihadistes d’abord alliés aux rebelles, qu’ils avaient ensuite évincés.

Les groupes djihadistes ont été dispersés par une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement, mais les violences se sont déplacées vers le centre du pays et ont débordé au Burkina Faso et au Niger.

La situation continue de se dégrader et l’ONU autorise, le 20 décembre 2012, une mission internationale au Mali, mais ne l’envisage pas avant l’automne 2013.

La région de Kidal reste sous le contrôle des ex-rebelles, malgré les les accords d’Alger signés il ya cinq ans.

En 2014, le Mali a perdu le contrôle de ce territoire, situé dans le nord du pays, dont l’indépendance est réclamé les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qui deviendra plus tard la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA).

Déjà théâtre d’affrontements sanglants le week-end dernier, Kidal est plus que jamais un défi pour l’Etat malien : dans ce fief de la CMA, il n’a jamais réussi à complètement reprendre pied, malgré l’offensive de l’armée française en 2013.

Mamadou Dian Barry Barry
Journaliste BBC Afrique

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