Côte d’Ivoire: Un développement humain trop faible selon le programme des nations

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PENUD

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Economie – Contribution

COTE D’IVOIRE: UN DEVELOPPEMENT HUMAIN TROP FAIBLE SELON LE PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LE DEVELOPPEMENT

Les autorités ivoiriennes depuis quelques années annoncent à grands cris des taux de croissance faramineux :
« La Côte d’Ivoire a réussi à dégager un taux de croissance de 7,4% en 2021, bien au-dessus de celui de 6,2% en 2019.
En revanche, le taux d’inflation a atteint en moyenne 4,2%, son niveau le plus élevé depuis 10 ans, contre 0,8 % en 2019 et 2,4 % en 2020, principalement dû à la hausse des prix des denrées alimentaires. »
Si les taux qu’ils annoncent étaient vrais, l’indice de développement humain de ce pays publié par le Programme des Nations Unies pour le Développement ne serait pas ce qu’il est :
« L’IDH de la Côte d’Ivoire en 2019, à savoir 0.538, est supérieur à la moyenne des pays du groupe à développement humain faible, établie à 0.513, et inférieur à la moyenne des pays de l’Afrique subsaharienne, établie à 0.547 »
Les conditions de vie de la population connaîtrait un meilleur sort dans le pays. Les autorités ivoiriennes trichent donc incontestablement avec la population et avec la communauté internationale en annonçant des chiffres manifestement fantaisistes. Et çà, il faut dire que ce n’est pas bien. Il ne faut pas tricher sur la réalité économique avec sa population et avec ses partenaires.
Elles sont verrouillées dans une logique économique fondée sur un processus d’endettement extérieur. Or cette logique constitue incontestablement une hypothèque du patrimoine économique locale à bon compte. L’on sait que cette logique a déjà conduit le pays à faire face à des programmes d’ajustement structurels dont les conséquences sont connues. Les déflagrations sociales et politiques successives qu’ont connu le pays ont en partie racine dans les programmes d’ajustements structurels.
Si seulement ce processus d’endettement donnait lieu à des investissements faisant retour mais c’est un endettement qui les enrichit à titre personnel et qui n’impacte aucunement pas le développement du pays. Ils s’attribuent des contrats entre eux. On étale du goudron de basse qualité sur quelques artères grossièrement décapées et quelques routes mal dégrossies pour distraire la population. On fait couler du béton de mauvaise qualité rempli de sable sous quelques rivières et on dit qu’on construit des ponts. Des ponts qui dans cinq vont s’écrouler. Pas une usine digne de ce nom n’est créée dans le pays pour générer des emplois et surtout permettre à la jeunesse de se qualifier et armer ainsi le pays face à la concurrence internationale. Or, il est de notoriété publique que les pays d’Asie, d’Europe ou d’Amérique qui sont sortis de sous-développement sont ceux dont les investissements ont été principalement portés par l’Etat. Aujourd’hui l’évolution économique mondiale demande qu’un pays qui travaille au développement forme sa jeunesse aux technologies non pas en qualité de simples utilisateurs mais en tant que concepteurs, inventeurs. Et il n’y a qu’une politique volontariste de l’Etat qui peut le permettre. La politique économique en direction de la jeunesse ne doit pas consister à jouer les aumôniers à telle ou telle occasion. Donner sept cents millions à un jeune pour couper les cheveux des gens, est-ce vraiment faire œuvre de politique économique en faveur de la jeunesse !

COMMENT LES AUTORITES IVOIRIENNES CALCULENT LEUR TAUX DE CROISSANCE
Tout d’abord interrogeons-nous sur ce qu’est la croissance économique
La croissance économique est l’augmentation durable du produit intérieur brut en volume, le fameux PIB, c’est-à-dire la valeur de la production de biens et services créés en un an dans un pays. Quand on parle de croissance à 9% chaque année, comme le font les autorités ivoiriennes, cela veut dire que d’une année à l’autre on crée 9% de richesses en plus dans le pays. Le calcul se fait sur la base de la monnaie qui est le franc CFA. C’est par cette unité monétaire qu’on calcule cette augmentation des richesses du pays car les prix des biens et services sont libellés en CFA. Les prix qui sont affichés ne sont pas les mêmes d’une année à l’autre. C’est factuel. En économétrie, l’on recommande d’enlever la variation constatée pour éviter de gonfler de façon artificielle l’augmentation du produit intérieur brut, le PIB. Il faut faire le calcul en prix constants.

CE QUE FONT LES AUTORITES IVOIRIENNES ET QUI NOUS EST REVELE EST TOUT SIMPLEMENT UNE ARNAQUE STATISTIQUE
Les statistiques actuelles en Côte d’Ivoire ne sont pas conduites en termes réels. Les variations des prix ne sont pas extraites des statistiques. Et comme on conduit les calculs en prix courants le taux de création de richesse se trouve artificiellement gonflé. On voit donc là que c’est une erreur grossière qui conduit à l’obtention de ces chiffres de forte croissance.

QUELS SONT LES ELEMENTS QUI SONT A LA BASE DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE EN GENERAL ?
Les éléments qui nourrissent la croissance économique d’un pays sont les éléments qui constituent la demande globale au sein de cette économie. Il s’agit principalement de quatre éléments :
– la consommation des ménages et des administrations
– l’investissement global
– la variation des stocks
– les exportations.

QU’EN EST-IL DE LA COTE D’IVOIRE
En Côte d’Ivoire, en dehors des exportations du cacao, du pétrole et de quelques minerais précieux comme l’or, le reste ne bouge pas. La consommation des ménages est bloquée, il n’y a pas d’investissement significatif, les statistiques sur la détermination des stocks sont complètement opaques.
D’où vient-il alors que la croissance dans ce pays connaît un boom si extraordinaire. De plus, il est clairement établi que la résultant inéluctable de la croissance dans une économique c’est l’augmentation conséquente de l’emploi. Or en Côte d’Ivoire, il ne crée pas d’emplois susceptibles de corroborer cette croissance clamée à grand cri.
Tout se passe dans la débrouillardise dans ce pays que sa jeunesse se voit contrainte de fuir en grandes enjambées de plus en plus.

©Dr KOCK OBHUSU , Economiste

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