Côte d’Ivoire: l’ancien Premier ministre Guillaume Soro condamné à la prison à vie

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Guillaume Soro a été condamné à la prison à vie par le tribunal criminel d’Abidjan. L’ex-président de l’Assemblée nationale et 19 de ses proches étaient poursuivis notamment pour tentative d’atteinte à l’autorité de l’État et complot, diffusion de nouvelles fausses et troubles à l’ordre public. Quatorze prévenus étaient dans le box. Les autres, dont Guillaume Soro, étaient jugés par contumace, car en exil en Europe.

Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur : prison à vie pour l’ancien président de l’assemblée nationale Guillaume Soro, 20 ans pour son avocate Affoussy Bamba, exilée également. Vingt ans encore pour son directeur de protocole Soul to Soul et les militaires de sa garde rapprochée, condamnés pour tentative d’atteinte à l’autorité de l’État et complot, et qui eux ont comparu lors de ce procès entamé le 19 mai.

Le régime les accusait d’avoir fomenté une insurrection contre les autorités. Alain Lobognon a été condamné pour avoir tenu une conférence de presse le 23 décembre 2019, au moment où l’avion de Guillaume Soro s’apprêtait à atterrir à Abidjan. L’ancien ministre et ex-député est condamné à 17 mois de prison pour troubles à l’ordre public. Tout comme les deux frères, Simon et Rigobert Soro. Tous trois ont fait 18 mois de détention provisoire. Ils sont donc libres.

Le tribunal ordonne aussi la dissolution de Générations et peuples solidaires (GPS), le mouvement politique de Guillaume Soro. Les 20 prévenus sont également condamnés à payer solidairement 1 milliard de francs CFA de dommages et intérêts à l’État de Côte d’Ivoire. Les avocats de la défense, qui ont dénoncé à la sortie de l’audience un procès politique, ont annoncé leur intention de faire appel.

Satisfaction de la partie civile, une justice « aux ordres » pour la défense
À la sortie de l’audience, Me Abdoulaye Ben Méïté, avocat de l’État ivoirien, partie civile, est satisfait : « Il s’agit d’une très bonne décision, conforme à la profusion de preuves discutées à l’audience. Force reste à la loi. C’est la justice qui a triomphé. Les faits ne sont pas des faits imaginaires. »

La défense va faire appel, promet Me Raoul Gohi Bi. Il dénonce un procès politique : « Il s’agit d’une justice qui est aux ordres […]. Si nous faisons appel, c’est parce que nous pensons qu’il faut encore soumettre cette décision à la censure du juge. En appel, ce sont des juges beaucoup plus sages. Donc il faut évidemment qu’ils nous aident à rétablir le droit. »…

RFI – Avec notre correspondant à Abidjan, Pierre Pinto

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