Côte d’Ivoire: Condamnation avec sursis de deux artistes: Le communiqué de la Fidhop

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Côte d’Ivoire/ CONDAMNATION AVEC SURSIS DE DEUX ARTISTES :

LA FIDHOP CRIE AU SCANDALE !

COMMUNIQUE DE LA FIDHOP :

A l’occasion d’une prestation artistique à Abidjan, le weekend dernier, les célèbres artistes ivoiriens du Zouglou (genre de musique typique à la jeunesse ivoirienne pour dénoncer leurs conditions misérables de vie et les tares de la société), qui sont connus sous les sobriquets YODE et SIRO (YES), ont dénoncé la justice à deux vitesses ayant cours en Côte d’Ivoire ces derniers jours.

Ces artistes, dont l’engagement est nationalement connu et irréprochable depuis des décennies, ont précisément déploré le fait que le Procureur de la République du Tribunal d’Abidjan-Plateau, Richard ADOU, très alerte lorsqu’il s’agit des faits touchant le pouvoir d’Abidjan ou le parti du Chef de l’Etat Alassane OUATTARA, est resté jusqu’à ce jour silencieux quant aux crimes horribles et odieux commis contre les manifestants contre le 3ème mandat illégal de M. OUATTARA ; notamment la décapitation du jeune N’GUESSAN Koffi Toussaint, depuis le lundi 9 Novembre 2020 à Daoukro.

Une situation choquante qui est dénoncée partout, notamment par les organisations des Droits de l’Homme : la FIDHOP, ainsi qu’Amnesty International et Human Rights Watch…

Le mardi 1er Décembre, YODE et SIRO ont reçu chacun une convocation pour se rendre à la Gendarmerie le 2 Décembre à 09H, pour dit-on : « enquête judiciaire ».

Une fois au rendez-vous, les artistes seront simplement gardés à vue jusqu’au lendemain, pour être présentés à un juge.

A l’issue d’une audience improvisée et lapidaire qui s’est tenue au palais de justice du plateau le 2 Décembre, au cours de laquelle le juge s’est même autorisé à demander aux deux talentueux de lui chanter l’une de leurs chansons (un « acapela »), YODE et SORO seront condamnés à douze (12) mois de prison avec sursis et à payer cinq millions de Francs CFA.

Entretemps, un collectif d’artistes Zouglou plaidant pour leurs amis ont dû produire un communiqué pour « implorer le pardon de Monsieur et de Madame OUATTARA, et du (fameux et redoutable) Procureur de la République ADOU Richard ».

La FIDHOP (la Fondation Ivoirienne pour l’observation et la surveillance des Droits de l’Homme et de la vie politique) s’indigne vigoureusement et crie au SCANDALE !

La FIDHOP persiste et signe à soutenir que les deux Artistes n’ont commis aucun délit ! Ils n’ont joui que de la Liberté d’Expression, qui est un Droit de l’Homme garanti par la Constitution ivoirienne. De plus, YODE et SIRO sont dans leur rôle d’artistes Zouglous éveilleurs des consciences.

La FIDHOP note simplement que cette interpellation et cette condamnation des artistes ne visent que deux objectifs : humilier ces deux célébrités nationales et envoyer au peuple ivoirien un message d’un régime de terreur et sans pitié, pour quiconque s’oppose au 3ème mandat anticonstitutionnel.

La FIDHOP éprouve plutôt une profonde tristesse pour la Côte d’Ivoire et ses populations, si celles-ci devraient avoir à subir une telle dictature jusqu’en 2025.

Fait à Paris, le 04 Décembre 2020

Dr BOGA SAKO GERVAIS

Président de la FIDHOP

Ecrivain-Politique.

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