Commerce intra-africain / Relever l’impact économique dévastateur de la dépendance continue

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Dr Yousrey El-Sharkawi, président de l'Association égyptienne des hommes d'affaires africains

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En marges de la 29e réunion annuelle d’Afreximbank 2022, la table ronde des hommes d’affaires Egypte-Afrique a été l’occasion de discuter des opportunités d’affaires entre deux marchés, à travers un panel intitulé : “Promouvoir le commerce Égypte-Afrique au sein de la Zlecaf”. C’était, le 17 juin 2022, au 3ème jour des Assemblées annuelles d’Afreximbank, au Caire, en Egypte. De façon concrète, l’on a pu s’apercevoir de l’urgence de la mise en œuvre de la Zlecaf avec les crises de la Covid-19 et l’Ukraine.

Lors de cette table ronde des hommes d’affaires Égypte-Afrique, Mme Kanayo Awani, et Dr Yousrey El-Sharkawi, président du conseil d’administration de l’Association des hommes d’affaire Egypte-Afrique (Eaba) ont discuté des opportunités d’affaires entre les deux marchés.

Selon Mme Awani, directrice générale d’Afreximbank de l’Initiative commerciale intra-africaine, la pandémie de Covid-19 et maintenant la crise ukrainienne ont tous deux révélé l’impact économique dévastateur de la dépendance continue de l’Afrique vis-à-vis des marchés extérieurs. Et même concernant les intrants agricoles. Chiffre à l’appui, elle a relevé que l’Afrique importe environ 40 milliards de dollars américains de denrées alimentaires chaque année. « La consommation de blé en Afrique devrait atteindre 77 millions de tonnes par an d’ici 2025 ; Dont 64% sont importés d’Ukraine et de Russie », a ajouté Mme Awani. Et de prévenir que la flambée des prix du blé et du tournesol à la suite de la crise ukrainienne menace la sécurité alimentaire du continent.

Pour elle, la solide base industrielle de l’Égypte crée des opportunités uniques non seulement pour le commerce mais aussi pour l’investissement.

Egalement, elle a indiqué que ce tissu industriel a amené l’Afreximbank à travers un programme appelé « Intra-Champs », à s’associer avec des entreprises égyptiennes pour investir dans les marchés africains. Aussi, Mme Kanayo Awani, a-t-elle exhorté toutes les parties prenantes du continent à s’impliquer dans la concrétisation de l’Accord de libre-échange continental africain (Zlecaf).

Pour Mme Awani, directrice générale d’Afreximbank de l’Initiative commerciale intra-africaine, avant même le début des échanges dans le cadre de la Zlecaf, l’échange Egypte-Afrique a donné des résultats impressionnants. En effet, les exportations de l’Égypte vers l’Afrique sont passées de 214 millions de dollars en 2001 à 4,7 milliards de dollars en 2021. « Cette croissance impressionnante démontre le rôle de plus en plus stratégique que joue l’Afrique dans le profil commercial de l’Égypte », estime Mme Awani.

Dr Yousrey El-Sharkawi, président de l’Association égyptienne des hommes d’affaires africains (Eaba) a salué les initiatives prise par l’Afreximbank dans le cadre de la mise en œuvre du commerce intra-Africain.

A l’heure actuelle, cette association dispose de 18 bureaux à travers le continent. Qui fournissent des informations sur les opportunités d’affaires et d’investissement entre les deux parties. L’Eaba a également des accords avec divers organismes commerciaux à Maurice et au Nigeria.

C’est en 2020 qu’un groupe d’hommes d’affaires égyptiens a porté sur les fonts baptismaux l’Eaba pour soutenir la coopération sud-sud. Ils entendent ainsi créer un modèle nouveau et solide pour les entreprises et les organisations de la société civile dans le domaine de l’investissement.

La table ronde portant sur la promotion du commerce Égypte-Afrique au sein de la Zlecaf a réuni d’importants capitaines du commerce et de l’investissement ainsi que des acteurs de l’industrie et des décideurs politiques.

Salif D. Cheickna
Envoyé spécial au Caire, en Egypte

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