Affaire des «écoutes»: deux ans de prison ferme requis contre Nicolas Sarkozy deux autres avec sursis

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Nicolas Sarkozy quitte le tribunal de Paris le 7 décembre 2020. REUTERS - BENOIT TESSIER

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Le parquet national financier a requis ce mardi 8 décembre quatre ans de prison, dont deux avec sursis, à l’encontre de l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, jugé pour corruption et trafic d’influence, un procès inédit en France.

À l’issue de près de cinq heures d’un réquisitoire méthodique et aride, le procureur financier Jean-Luc Blachon a requis quatre ans de prison, dont deux avec sursis, à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Il a réclamé les mêmes peines pour les deux autres accusés dans ce procès, l’ex-haut magistrat Gilbert Azibert et Thierry Herzog, avocat historique de l’ancien président, demandant pour ce dernier qu’elle soit assortie de cinq ans d’interdiction professionnelle.

« Les faits ne se seraient pas produits si un ancien président, avocat par ailleurs, avait gardé présent à l’esprit la grandeur, la responsabilité, et les devoirs de la charge qui fut la sienne, a lancé le procureur. La République n’oublie pas ses présidents, ne serait-ce que parce qu’ils font l’histoire. À l’inverse, on ne peut pas admettre d’un ancien président qu’il oublie la République et ce qu’elle porte depuis plusieurs décennies : un État de droit. »

Dénonçant les « effets dévastateurs de cette affaire qui vient cogner les valeurs de la République », le magistrat financier a estimé qu’elle avait « abîmé » l’institution judiciaire, la profession d’avocat et l’image présidentielle.

Au lendemain des fermes dénégations de Nicolas Sarkozy à la barre, les deux représentants de l’accusation ont entamé en milieu d’après-midi la démonstration du « pacte de corruption » noué selon eux début 2014 entre les trois hommes.

L’ancien président (2007-2012) est soupçonné d’avoir conclu un tel pacte en obtenant des informations protégées par le secret, via son avocat Thierry Herzog, auprès du haut magistrat Gilbert Azibert, sur un pourvoi à la Cour de cassation. Ce dernier est aussi soupçonné d’avoir tenté d’influer sur la procédure, en échange de la promesse d’un « coup de pouce » pour un poste à Monaco – qu’il n’a finalement jamais eu.
Dossier lacunaire, selon l’avocate de Sarkozy

Ce n’est pas du tout l’avis de la défense de l’ancien chef d’État, rapporte Marine de la Moissonnière, du service France de RFI. Pour l’avocate de Nicolas Sarkozy, Me Jacqueline Laffont, le Parquet national financier « a parlé très fort » lors de ses réquisitions, tout simplement pour masquer la faiblesse, les lacunes du dossier.

Les conversations téléphoniques sur lesquelles repose l’affaire, et notamment les échanges entre l’ancien président et son avocat de toujours, sur une ligne secrète, la fameuse ligne Bismuth. Ces discussions, elles, ne prouvent rien, a expliqué ce lundi avec force Nicolas Sarkozy, lors de son interrogatoire. Là où le PNF voit des preuves irréfutables, lui parle de « bavardages », de « bribes de conversation » entre deux amis…

Me Laffont a promis de démonter les accusations du Parquet national financier lors de sa plaidoirie. Les avocats de la défense auront la parole ce mercredi et jeudi.

Tout le monde a été témoin du fait qu’aujourd’hui finalement on peut dire que les réquisitions sont aussi disproportionnées par rapport à l’absence de ce parquet tout au cours de ces débats.

RFI Avec AFP

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