Affaire audit judiciaire Fif-Fifa : Gianni Infantino et le cabinet PwC ont abusé des sportifs ivoiriens

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La Fifa a écrit une lettre de deux pages à la Fif, le mercredi 15 mai 2018. Elle a essayé de faire des clarifications et des précisons sur l’audit qu’elle comptait mener.

Selon la lettre signée par la commission d’audit et de conformité de la Fifa, la mission en cours est un contrôle de routine pour s’assurer du bon usage des fonds alloués par la Fifa , et non un audit judiciaire. La commission alors demande de ne plus parler d’audit judiciaire, pour éviter tout malentendu. Elle justifie pourquoi l’audit ne peut porter seulement sur les fonds Forwards, et le fait qu’il s’étend à tous les fonds alloués par la Fifa, par la prise en compte des nouveaux règlements applicables. La commission ajoute qu’il s’agit de s’assurer que les fonds de la Fifa sont bien gérés. En guise de mesures conservatoires, elle annonce avoir décidé qu’aucun autre fonds ne sera alloué à la Fif, jusqu’à la fin de l’audit, pour éviter tout éventuel mauvais usage, et tout détournement des fonds de l’instance mondiale.

Alors qu’elle précise clairement qu’il s’agit de protéger les fonds octroyés par la Fifa, la commission d’audit demande à la Fif de mettre à la disposition du cabinet d’audit , les « documents demandés » sans toutefois clarifier à nouveau la liste et la nature de ces documents, par rapport à la précision faite dans le courrier, ou plutôt par rapport au fait qu’il ne s’agit plus d’un audit judiciaire. Les documents qui devaient être fournis pour un audit judiciaire, ( sans précisions de ce qu’il s’agit de vérifier l’usage des seuls fonds alloués par la Fifa ) , peuvent-ils être les mêmes lorsque l’audit n’est plus judiciaire ?
Établir clairement la listing des documents précis que la commission d’audit souhaite voir mis à la disposition de son cabinet d’audit, aurait permis de savoir à quoi s’en tenir, et pourrait permettre d’éviter des soupçons de complot et de cabale, sous fonds de règlement de compte. Car l’intention de nuire n’est toujours loin du côté de la Fifa , puisque dans cette simple lettre de clarification, la commission d’audit et de conformité a cru bon de rappeler à la Fif qu’elle expose à des sanctions, en cas de refus de collaboration, conformément aux règlements.

Comment prétendre sanctionner sur la base des requêtes imprécises formulées par la Fifa elle-même ? Comment brandir des sanctions, alors même que le courrier indiquant la nature exacte de l’audit, reste lui-même rempli de flous, d’imprécisions et de confusions, à l’image même des agissements de l’équipe de Gianni Infantino, depuis le début des dissensions à la Fif ?

Réagissant à ce courrier de « clarification », une source proche de la Fif, a dit qu’elle attend le retour du cabinet PwC, à la lumière des explications données par la commission d’audit de la Fifa. La Fif assure qu’elle mettra à la disposition du cabinet , tous les documents relatifs à tous les fonds Fifa reçus. « Par exemple les fonds CAF, ce qui sert à payer les primes des joueurs, les autres contrats et fonds de l’État ivoirien, ne peuvent faire l’objet d’audit de la Fifa. Nous restons fermes sur la question, pas parce que nous avons fait des malversations, mais pour des questions de principe , et aussi de déontologie en matière de gestion. Seule la justice peut ordonner un audit global et général, ou un audit judiciaire, portant sur l’ensemble de notre gestion», informe une source crédible à la Fif.

Désormais les questions que les ivoiriens et les observateurs critiques se posent, sont les suivantes : comment le terme « audit judiciaire » est-il intervenu dans le processus actuel ? Pourquoi des documents comptables n’ayant rien à avoir avec les fonds Fifa ont-ils été requis ? Pourquoi ce sont les exigences de l’ex G42 qui ont été reprises dans la liste des documents à fournir, par l’Onu du football qui s’est comportée avec une arrogance à nulle autre pareille ? Entre le cabinet PwC et l’administration Fifa ( secrétariat général ) et la commission d’audit , qui a menti, qui a voulu abuser des sportifs ivoiriens, en tentant de récupérer des documents indus sur la base d’un audit judiciaire ?

Une enquête , ou un audit est totalement nécessaire pour s’assurer du sérieux de la gouvernance au sein de la Fifa. Une institution aussi sérieuse en apparence, ne peut se rétracter aussi facilement après avoir employé des termes savants et techniques, dont elle connaît bien la signification : audit judiciaire . Et si elle n’en connaît pas la signification , l’équipe actuelle ne mérite pas de diriger le football mondial. Il est trop facile de se contenter de dire : « on ne parle plus d’audit judiciaire » , sans qu’une enquête administrative, ou même judiciaire soit faite , pour savoir d’où est venue l’erreur , pour voir d’où est venu le complot qui voulait être ourdi contre la Fif.

Les sportifs et amoureux du football en Côte d’Ivoire, peuvent être rassurés, puisqu’il n’y a pas de mauvaise gestion , ni de malversations à la Fif : à en croire une source proche de du Président Sidy Diallo, c’est par principe, et nullement par peur de la découverte de quelconque magouille que ce soit , que la Fif a posé les préalables qui ont conduit à la semi-clarification, du 16 mai. Une vraie fausse clarification qui ne dissipe pas les confusions, les doutes et les soupçons. Ce qui ne permet pas au cabinet de travailler dans les meilleures conditions.

Enfin, il est important de savoir s’il est que pour cet audit illégal , inutile et devtrop après celui d’avril 2028 , la Fifa paiera 500 millions de Fca , au cabinet PwC. Pourquoi tout cet argent pour une malversation qui n’existe pas ? Ce qui est arrivé à l’équipe de Step Blatter à qui on donnait le bon Dieu sans confession , incite à se méfier des chantres autoproclamés de la bonne gouvernance qui rôdent à Zurich. La commission d’audit et de conformité qui écrit à la Fif pour rattraper ses erreurs, n’a pas su empêcher les magouilles dont Gianni Infantino a su profiter , sans parvenir à rassurer sur sa propre compétence.

Il est important de savoir par exemple si tous les membres de cette commission sont nouveaux, et si toute l’équipe précédente a été remerciée pour incompétence. Affaire à suivre de très très près…

Charles Kouassi

L’Intelligent d’Abidjan

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