Accès à la gare routière d’Adjamé : Bain de boue obligatoire

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fratmat.info: Gare d'Adjamé

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La voie principale de la gare routière d’Adjamé, baptisée ”Avenue 13” est devenue totalement impraticable depuis plus de deux ans.
Kevin Fanou, technicien agronome en service à Toumodi se sent dépité. Arrivé depuis quelques jours, à Abidjan pour des courses personnelles, il regagne son poste ce mardi 5 septembre. Il vient d’arriver ce midi, à la gare d’Adjamé.

Il est vêtu d’un polo, assorti d’un Jean et d’une paire de chaussure baladeuse. Il transpire à grosses gouttes. Sa paire de chaussure est totalement couverte de boue. La gêne et la déception se lisent sur son visage.

L’avevue 13

« Voyez-vous mes chaussures ? Elles sont toutes sales. J’ai marché dans la boue jusqu’ici ». Effectivement, se rendre à la gare routière d’Adjamé, en passant par le carrefour ‘’Renault’’ est désormais, un parcours du combattant. L’avenue 13 est en effet, dans un état de dégradation très avancé depuis quelques années. Elle est couverte de boue et d’eau usée, dégageant une odeur nauséabonde.

Elle est aussi parsemée de profonds trous qui s’étendent sur plusieurs mètres, en longueur. Ce qui contraint la plupart des véhicules qui y arrivent pour la première fois, à faire demi-tour. Comme Kevin, ils sont nombreux les hommes et femmes, qui vivent chaque jour, ce calvaire. Que ce soit en véhicule comme à pieds.

Selon Yao Kouamé Honoré, Chef de la gare Utb d’Adjamé, la situation dure depuis 4 ans. « C’est choquant et gênant de voir chaque jour, des citoyens bien habillés patauger dans la boue, pour se rendre dans nos gares. Chaque jour, nos clients sont obligés de se laver les pieds et nettoyer leurs chaussures avant de pouvoir effectuer leur voyage. Cela n’honore pas nos compagnies, encore moins, le pays.

Voie très passante

Cette voie est très passante. On ne doit pas l’abandonner, d’autant plus que plusieurs compagnies de transport y sont installés », lance-t-il.

A en croire le chef de gare, cette situation provoque quotidiennement des accidents de la circulation. Car, il est presqu’impossible pour deux véhicules allant dans les sens opposés, de se dépasser.

« Nos cars neufs ne peuvent pas venir ici. Nous craignons de les abîmer. Nous supplions les autorités de trouver une solution à cette situation », a-t-il poursuivi. Selon lui, les chefs de gares des compagnies Cte, Utb, Avs, Sbta, Utrako, ont entrepris plusieurs démarches auprès des autorités compétentes, en vue d’attirer leur attention sur cette situation.

En vain. « Cette situation nous fait perdre beaucoup de clients. Avant la gare d’Adjamé avait le plus de client au niveau de la compagnie Utb. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. En deux ans, nous avons perdus beaucoup de clients. Sur la ligne de Daloa, nous avons perdu plus de 1000 clients. C’est un manque à gagner énorme ».

Aboubacar Dembélé, chef de gare de la compagnie ETD qui assure la liaison Abidjan Dabou, abonde dans le même sens. Selon lui, du fait de l’état de la voie, il ne se passe plus de jour sans que l’un de ses véhicules se retrouve au garage.

« Nous avons 9 cars. Par jour, la recette oscille entre 150 000 F et 200 000 F. Malheureusement, Nous utilisons la plus grande partie dans la réparation des véhicules. A cause de l’état de la route, nos cars tombent fréquemment en panne. Cela impacte négativement nos chiffres d’affaires. C’est 1,5 million à 2 millions de Fcfa qui sont dépensés chaque mois, dans les réparations. On ne s’en sort pas », confie-t-il.

Baisse d’affluence

Comme son collègue de la compagnie Utb, le chef de gare note également, une baisse de l’affluence. « Avant chaque car faisait 3 à 4 voyages. Mais aujourd’hui, c’est deux voyages au plus par car. Les clients préfèrent se rendre dans d’autres compagnies où il n’y a pas de boue. Je ressens de la frustration. Nous payons toutes les taxes. Mais les clients préfèrent ceux qui garent au bord et qui ne paient pas toutes les taxes, à cause de l’état de la voie », affirme-t-il.

Selon Nioulé Guy Richmond, chef de gare de la compagnie ‘’Massa Courrier Expresse’’, la situation est pire, il y a quelques mois. En effet, indique-t-il, cette voie était carrément coupée. Il a fallu que les chefs de gare s’organisent pour la remblayer avec des gravats. « Pourtant nous payons toutes les taxes », précise-t-il.

Casimir Djezou

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