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Malgré les tensions politiques régionales, le Mali demeure lié à la Côte d’Ivoire pour une partie de son approvisionnement électrique et de ses échanges commerciaux. Pour Abidjan, cette dépendance confirme son rôle de hub économique ouest-africain, mais pose aussi la question des impayés et de la sécurité énergétique régionale.
Côte d’Ivoire-Mali : une interdépendance économique stratégique
Le Mali peut-il réellement se passer de la Côte d’Ivoire ? La question revient avec force alors que Bamako cherche à diversifier ses partenaires. Dans les faits, Abidjan reste un passage majeur pour les flux commerciaux maliens, notamment via le corridor portuaire ivoirien. Côté énergie, la Côte d’Ivoire conserve aussi une place importante dans l’approvisionnement régional.
Selon les données ivoiriennes, le pays a produit 13 919 GWh d’électricité en 2024. Il est resté exportateur net vers plusieurs voisins, dont le Mali, le Burkina Faso et le Ghana. Les exportations ont représenté environ 5,2 % de la production nationale en 2024. Le Mali a reçu 121,14 GWh cette année-là, contre 730 GWh exportés au total par Abidjan.
Électricité ivoirienne : un levier régional, mais pas sans risque
Pour la Côte d’Ivoire, ces chiffres confirment une réalité : son réseau électrique est devenu un outil d’influence économique en Afrique de l’Ouest. L’interconnexion Ferkessédougou-Sikasso-Ségou visait précisément à permettre au Mali d’importer une énergie moins coûteuse depuis la Côte d’Ivoire.
Mais cette relation n’est pas sans fragilité. Le Pacte national énergie de la Côte d’Ivoire rappelle que les impayés à l’exportation pèsent sur l’équilibre financier du secteur. En 2023, les créances impayées à l’export s’élevaient à 130,021 milliards FCFA, dont 106,288 milliards FCFA dus par EDM, l’opérateur malien.
Abidjan face à un enjeu de puissance énergétique
Dans ce dossier, l’enjeu dépasse la fourniture d’électricité. Il touche à la place d’Abidjan comme plateforme commerciale, énergétique et diplomatique. Pour la Côte d’Ivoire, la priorité sera de préserver son rôle régional tout en sécurisant ses recettes et ses infrastructures. Car une puissance énergétique durable se mesure aussi à sa capacité à être payée.
F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info


















