RCA : comment Wagner fabrique ses ennemis

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Arrêté en mai 2024 en République centrafricaine, Joseph Figueira Martin, consultant belgo-portugais de l’ONG FHI 360, est devenu le symbole d’une campagne de propagande attribuée aux réseaux russes liés à Wagner. Son dossier éclaire les risques de désinformation en Afrique de l’Ouest et au-delà.

Un homme, un prétexte
Joseph Figueira, consultant pour l’ONG américaine FHI 360, est interpellé en mai 2024 par des mercenaires Wagner et un gendarme centrafricain. Il sera détenu dix-sept mois, torturé dans un site noir contrôlé par Wagner, puis jugé lors d’un procès en novembre 2025 que des observateurs qualifient de truqué. Les accusations — espionnage, complot, contacts avec des groupes armés — sont diffusées sans preuve tangible, selon les informations documentées par le site All Eyes on Wagner.

La machine à récit
Derrière l’opération, une structure méconnue : Africa Politology, directement liée à Wagner et soutenue par le SVR, le renseignement extérieur russe. Entre juin et octobre 2024, elle produit 39 articles dans des médias locaux centrafricains, pour un investissement de 22 750 dollars. Tous véhiculent le même message : Figueira, et par extension l’Occident, cherche à déstabiliser la RCA. Les données extraites de son téléphone sont sorties de leur contexte pour alimenter ces accusations.

Un signal d’alerte pour la Côte d’Ivoire
Pour la Côte d’Ivoire, pays exposé aux campagnes de manipulation informationnelle venues du Sahel, l’affaire Figueira rappelle une réalité : la désinformation n’accompagne pas seulement les crises, elle les fabrique. En RCA, elle sert à délégitimer les ONG, la CPI, l’ONU et les partenaires occidentaux, tout en consolidant l’emprise russe.
Libéré en avril 2026 après près de deux ans de détention, Joseph Figueira reste au cœur d’un cas d’école sur la guerre informationnelle en Afrique.

F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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