Niger: Laouali Abdou Rafa, expert de la BCEAO, prend les rênes de l’Économie et des Finances

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(Agence Ecofin) – A la tête de ce ministère, l’ancien directeur national pour le Niger de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest devra consolider les performances économiques du pays tout en gérant les contraintes d’un environnement marqué par l’insécurité.

Par décret signé le lundi 26 janvier 2026 par le président nigérien, Abdourahamane Tiani (photo), Maman Laouali Abdou Rafa a été nommé ministre de l’Économie et des Finances. Cette nomination met fin au cumul de ce portefeuille stratégique depuis août 2023 par le Premier ministre, Ali Mahaman Lamine Zeine.

Jusqu’à sa désignation, M. Abdou Rafa occupait la fonction de directeur national pour le Niger de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Un poste clé qui lui a permis d’être au cœur des questions monétaires, financières et macroéconomiques, tant au niveau national que régional.

Formé en sciences économiques à l’Université de Ouagadougou, il a intégré la BCEAO en 2005 comme macroéconomiste. Il a par la suite occupé les postes de chef de section, chef de service des Études et de la Statistique, avant de devenir conseiller du directeur national puis directeur national. Il a ainsi contribué à l’élaboration du cadrage macroéconomique, au suivi des finances publiques, à la production des statistiques monétaires et à l’intégration économique régionale au sein de l’UEMOA et de la CEDEAO.

Une longue expérience au cœur des politiques économiques et financières

Maman Laouali Abdou Rafa connaît bien l’appareil d’État nigérien. Il a occupé plusieurs postes de haut niveau au sein du ministère des Finances, dont ceux de directeur général des opérations financières et des réformes, secrétaire général adjoint, puis secrétaire général du ministère. Entre 2015 et 2021, il a exercé comme secrétaire permanent du Comité interministériel de suivi de la politique d’endettement de l’État et de négociation des aides budgétaires (CISPEENAB), avec rang de conseiller principal du Premier ministre. À ce titre, il a joué un rôle central dans le suivi de la dette publique, la coordination des appuis budgétaires et les relations financières entre le Niger et le FMI, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne et l’Agence française de développement (AFD).

Son parcours académique et professionnel lui a permis de développer une solide maîtrise des concepts de macroéconomie et microéconomie, gestion du développement ainsi que des techniques quantitatives, en statistiques et en économétrie.

À la tête du ministère de l’Economie et des Finances, il aura pour mission de préparer la croissance économique tout en gérant les enjeux actuels, dans un contexte où l’économie nigérienne montre une certaine résilience face à l’instabilité politique, aux conflits et aux phénomènes climatiques extrêmes.

Selon le Fonds monétaire international, le Niger a enregistré une reprise de 10,3 % en 2024, portée par le secteur extractif, et devrait maintenir une croissance de 6,6 % en 2025. L’institution de Bretton Woods appelle les autorités à maintenir une discipline budgétaire rigoureuse, renforcer la mobilisation des recettes, améliorer la qualité des dépenses publiques et mettre en œuvre une gestion transparente des revenus pétroliers. Elle recommande également une politique d’endettement prudente, privilégiant les financements concessionnels afin de limiter les risques de surendettement.

Sandrine Gaingne
Edité par M.F. Vahid Codjia

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