Editorial du Prof Franklin Nyamsi: Soro est en chemin vers son pays

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Le leader générationnel Guillaume Soro est en chemin vers son pays

L’Editorial du Professeur Franklin Nyamsi Wa Kamerun

Ce sera le 22 décembre 2019. Le mouvement Générations et Peuples Solidaires, au cœur du peuple ivoirien accueillera son leader. L’annonce est faite. Banal événement, ne manqueront pas de nous dire les forts-en-thème du RHDP ! Soit ! Chacun balaie midi à sa porte. L’habitude du pouvoir crée des certitudes que la réalité seule crève comme des ballons de baudruche. Dans certaines chaumières enfiévrées, on élabore bien sûr actuellement des scenarios-catastrophes : que va-t-il se passer ? Viendra-t-il vraiment, malgré toutes les menaces ambiantes ? Mettra-t-il réellement fin à cet exil volontaire ou involontaire qui aura fini par attirer, bon mal an, l’attention et la curiosité de tous les Ivoiriens et de tous les observateurs avertis du pays de Félix Houphouët-Boigny ? Les événements répondront à ces supputations fiévreuses. Car avec Guillaume Soro, faire c’est dire et dire c’est faire. Reconnaissons donc en toute sportivité à toutes ces interrogations leur légitimité, mais n’hésitons pas non plus à séparer le bon grain de l’ivraie, l’essentiel de l’accessoire, la quintessence des scories et lubies de quelques excités éphémères.

Et voilà pourquoi je voudrais répondre le plus clairement possible dans cet éditorial à deux questions, qui me paraissent autrement plus fondamentales : 1) Pourquoi Guillaume Kigbafori Soro s’est-il absenté pendant près de 6 mois de son pays natal ? 2) Quelle est la portée de son retour et que va-t-il donc se passer après le 22 décembre 2019 en Côte d’Ivoire ?

Le sens d’une absence de mai à décembre 2019

Ceux qui connaissent le leader Guillaume Soro ne me démentiront point quand je dis que c’est un homme de conviction, de lucidité, d’engagement et de décision. Dès après sa démission du 8 février 2019 du perchoir de l’Assemblée Nationale, Guillaume Soro avait prévenu qu’il se préparait désormais à s’engager dans la sollicitation des charges suprêmes de l’Etat auprès du Peuple de Côte d’Ivoire. Un tel projet peut-il s’esquisser sans la nécessaire imprégnation des réalités du peuple et sans un retrait méditatif pour penser en profondeur les enjeux de la situation nationale ? C’est pour prendre toute la mesure de cet engagement historique que Guillaume Soro a pris son bâton du pèlerin, d’abord pour aller recueillir les bénédictions initiales de ses parents, dans ses terres ancestrales du Nord, et ensuite pour faire le tour des places les plus importantes du monde, où se forge l’opinion au sujet de la Côte d’Ivoire : Kinshasa et Brazzaville aux Congos, Rabat au Maroc, Paris, Londres, Bruxelles, Barcelone , Valence, Milan en Europe, entre autres destinations intermédiaires, auront été pendant ces 6 mois les terres d’imprégnation cosmopolitique du leader de Générations et Peuples Solidaires. Partout où il est passé, il a vu, écouté, compris, expliqué et argumenté pour l’avenir de la Côte d’Ivoire. Je ne citerai, à titre d’illustration de ces mois de sensibilisation à la cause du Peuple ivoirien, qu’un extrait de l’allocution célèbre de Guillaume Kigbafori Soro à la Chatham House, qui résume toute la dimension mobilisatrice de ce long séjour:

« La démocratie est en danger en Côte d’Ivoire.

Il y a un story-telling répandu par le régime de M. Alassane Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire, selon lequel notre pays se porterait comme un charme. C’est tout simplement un fake !

Il est temps de sortir du voile de cette propagande. Cette vitrine flatteuse entretenue par les agences de communications financées dans les médias internationaux par le gouvernement de M. Ouattara se heurte en effet à la dure réalité de l’échec indiscutable de sa politique socioéconomique : Lisons ce que disent la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International: la croissance ivoirienne est en baisse continue depuis 2016, elle est ainsi passée de 9% en 2016 à bientôt 6% en 2020 ; le taux de pauvreté des Ivoiriens est de plus de 48%, selon les mêmes institutions, soit près de la moitié des 25 millions 823 mille Ivoiriens recensés en 2019 ; le PNUD classe mon pays, selon l’IDH, à la 170è place, parmi les plus faibles sur 189 pays, en matière de développement humain ; la Banque Africaine de Développement (BAD) basée en Côte d’Ivoire, a estimé en 2018 le taux de chômage des Ivoiriens entre 70 et 90% de la population en âge de travailler ; la perception de la corruption a gravement augmenté dans le pays, selon le rapport 2019 de Transparency International ; la Cour des Comptes, institution officielle de Côte d’Ivoire, vient d’épingler courageusement la mauvaise gouvernance du régime Ouattara, en dévoilant un déficit budgétaire injustifié de plus de 103 milliards de Francs CFA, etc. Voilà quelques chiffres qui prouvent à suffisance que mon pays bien-aimé, la Côte d’Ivoire, va mal, et même très mal, n’en déplaise aux agences de lobbying et de communication. »[1]

Qui peut encore douter que le travail de sape accompli par Guillaume Kigbafori Soro en Afrique et en Europe contre la propagande mensongère du régime du RHDP n’ait pas ouvert les yeux aux esprits qui dormaient jusque-là d’un sommeil dogmatique sous les flatteries des agences de communication stipendiées ?

Ce travail de défrichage médiatique et diplomatique étant fait, et même très bien fait, le portrait du régime autocratique ivoirien a été établi avec force et vigueur. Guillaume Soro peut donc à juste titre reprendre pied sur le terrain national, maintenant que le nuage de fumée voilant la réalité ivoirienne a été dissipé aux yeux du monde

Quelle est la portée de ce retour prévu le 12 décembre 2019 ?

Ce retour revêt à mon sens une triple signification. Premièrement, une signification naturelle. Deuxièmement une signification conjoncturelle. Troisièmement une signification prospective.

Naturellement d’abord, le président Guillaume Kigbafori Soro rentrera tout simplement dans son pays. C’est son droit le plus élémentaire et le plus imprescriptible. IL l’assumera et l’exercera non seulement parce que la loi fondamentale de la Côte d’Ivoire interdit à quiconque d’exiler un ivoirien, mais aussi et parce que si lui, Guillaume Soro, qui s’est battu dans ce pays pour qu’y cesse l’exclusion de l’ivoirien par l’ivoirien, devait renoncer à vivre en Côte d’Ivoire, cela serait un désastre pour des libertés pourtant chèrement acquises à prix de sang, de sueur et de larmes par de nombreuses générations de prédécesseurs résistants. Ce retour naturel du 22 décembre, qui me rappelle celui d’un certain 22 octobre 2017, coupera ainsi court à toutes les conjectures factuelles, fantasmagoriques et délirantes que son absence prolongée de Côte d’Ivoire a pu occasionner.

Conjoncturellement, le retour de Guillaume Soro le 22 décembre 2020 en Côte d’Ivoire marquera un coup d’accélérateur à la pré-campagne du candidat du mouvement Générations et Peuples Solidaires, pour l’élection présidentielle 2020. En effet, alors même que le mouvement lancé en son absence sur le sol national caracole actuellement au-dessus de la barre des 40 000 adhérents enregistrés, le retour de Guillaume Soro en personne sur le sol national dopera les adhésions. L’investiture solennelle qui se prépare sera un moment sacral. IL y a fort à parier que la barre des 100 000 adhérents soit franchie d’ici le premier trimestre 2020, ce qui serait un record pour un mouvement politique dans l’histoire ivoirienne. Notamment quand on sait que l’adhésion au GPS n’a rien à voir avec le suivisme moutonnier et superficiel des foules artificielles du RHDP, conquises à prix de billets de 2000, de riz, d’huile et de chiffons, comme les a si bien décrites le Président Henri Konan Bédié.

Prospectivement, le retour de Guillaume Kigbafori Soro le 22 décembre 2020 marquera l’heure du rassemblement des générations et peuples solidaires de Côte d’Ivoire autour d’un projet de société original, participatif, vivant et proactif, centré autour de l’engagement citoyen, du pardon et de la réconciliation, du développement endocentré et écologique, de la prospérité partagée, sur le fond d’une construction vigoureuse d’une union ivoirienne plus parfaite. Car ce que Guillaume Soro incarne de nouveau, son faire autrement la politique se joue précisément là : il pense la Côte d’Ivoire et il pense Côte d’Ivoire avec les Ivoiriens et pour les Ivoiriens, afin d’apprendre et d’entreprendre avec eux, progressant par essais et erreurs comme cela se fait dans toutes les sociétés civilisées et modernes.

Nous reprochera-t-on de ne pas avoir évoqué ici les scénarios-catastrophes de ceux qui voient tomber sur Guillaume Kigbafori Soro, dès son retour à Abidjan, une avalanche d’accusations, de complots, de voies de faits, de procès et d’accusations plus graves les unes que les autres ? On ne nous fera un tel reproche que si l’on oublie que la véritable justice, nulle part au monde, ne s’est faite du point de vue des coupables, mais toujours du point de vue des victimes. Toute tentative farfelue d’entraver le candidat Guillaume Kigbafori Soro dans sa marche résolue vers l’épreuve suprême de l’élection présidentielle de 2020 ne sera qu’un argument de plus pour renforcer sa détermination, notre détermination au GPS et celle de l’écrasante majorité du peuple ivoirien, pour une transition démocratique, générationnelle et pacifique du pouvoir à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire. Dans cette marche décidée, chaque épreuve sera l’occasion d’une victoire, chaque obstacle sera le signe supplémentaire d’un inexorable et imputrescible destin qui chaque jour affirme son magistère par toutes sortes de signes, de symboles et d’événements-parlants.

Professeur Franklin Nyamsi Wa Kamerun

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