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L’ancien Président de la Transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba a été extradé au Burkina Faso, par les autorités togolaises à la demande de celles du Burkina Faso. Retour sur des projets de déstabilisation déjoués depuis 2023.
Ce qui semblait être une rumeur folle, sur les réseaux sociaux, est devenu une réalité. En effet, l’ancien président de la Transition, soupçonné de multiples tentatives de déstabilisation des institutions burkinabè a été extradé au Burkina Faso du Togo où, il avait trouvé exil après son renversement le 30 septembre 2022. Cette extradition a été confirmée, selon un communiqué du ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, publié hier mercredi 21 janvier 2026.
« A la suite de la dénonciation faite le 5 janvier 2026 au parquet près le Tribunal de grande instance Ouaga I faisant état de l’implication d’un certain nombre de personnes, civiles et militaires dont le nommé Paul Henri Sandaogo Damiba dans l’accomplissement d’actes préparatoires d’une atteinte à la sûreté et à la sécurité de l’Etat, de détournement de deniers publics, d’incitation à la commission d’infractions, de blanchiment
de capitaux, le Procureur du Faso a requis du juge d’instruction d’ouvrir une information
judiciaire, de décerner un mandat d’arrêt international contre Paul Henri Sandaogo Damiba, de recourir à la coopération pénale internationale avec la République du Togo en vue d’obtenir l’extradition du susnommé vers le Burkina Faso », indique le communiqué.
C’est ainsi que le 6 janvier 2026, poursuit la note, le juge d’instruction a ouvert une information judiciaire pour des faits de détournement criminel de deniers publics, d’enrichissement illicite criminel, de corruption, d’incitation à la commission
de délits et crimes, de recel aggravé et de blanchiment de capitaux.
En conséquence, un mandat d’arrêt international contre lui et soumis aux autorités
togolaises une demande d’extradition.
« Donnant suite à cette demande, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Lomé
a rendu le 16 Janvier 2026, l’arrêt n°013/2026 qui a permis l’extradition effective de Paul
Henri Sandaogo Damiba vers le Burkina Faso où il est parvenu le 17 janvier 2026, pour répondre des faits qui lui sont reprochés », poursuit le communiqué du ministre Edasso
Rodrigue Bayala qui, au nom du gouvernement du Burkina Faso, a traduit sa reconnaissance aux autorités de la République soeur du Togo pour cette parfaite
coopération judiciaire qui illustre les bonnes relations entre nos deux Etats.
Exécuter le mandat d’arrêt
Bien avant, un communiqué du gouvernement togolais, en date du 19 janvier 2026,
donnait des précisions sur cette extradition. « Les autorités compétentes
togolaises, après examen de la régularité de la requête susdite, y ont donné telles suites que de droit. Conformément à la procédure en matière d’extradition au Togo, Monsieur Damiba Paul-Henri Sandaogo a été interpellé le 16 janvier 2026, en exécution du mandat d’arrêt qui faisait corps avec la demande d’extradition reçue, puis écroué », indique le communiqué du ministre de la Justice togolais.
On se rappelle que les autorités burkinabè ont annoncé avoir déjoué de nombreux
coups d’Etat où le nom de Damiba a été cité. En effet, le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, a livré ses premiers éléments de preuves de la tentative
de déstabilisation révélée le 23 septembre 2024. Dans un élément vidéo diffusé, le 29
septembre 2024 sur la télévision nationale, l’ex- commandant des forces spéciales, Ahmed
Kinda, un des acteurs clés de la tentative de déstabilisation, donnait les précisions
de son arrestation, les armes demandées, et les mercenaires qui devaient intervenir.
Dans cette vidéo, Ahmad Kinda, en compagnie de deux autres personnes a reconnu
avoir travaillé avec des « complices » dont le journaliste, Abdoulaye Barry au recrutement
d’au moins 150 mercenaires centrafricains et l’acquisition d’armes individuelles et collectives. Le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba et un certain colonel dénommé Ouoba avait été cités dans cette tentative.
Enfin, un individu a été présenté sur la RTB, samedi 9 novembre 2024 à Ouagadougou,
alors qu’il remettait cinq milliards F CFA en liquide à des soldats qui avaient feint d’accepter
son projet de coup d’Etat. Pour ces nombreuses tentatives de déstabilisation des
institutions, Paul Henri Sandaogo Damiba a été radié des forces armées burkinabè, depuis
novembre 2024, aux côtés de 15 autres officiers. Pour mémoire, le 24 janvier
2022, à la tête du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), il a conduit un coup d’Etat contre le Président, Roch Marc Christian Kaboré devenant ainsi le Président du Faso.
Soumaïla BONKOUNGOU
JK. Sidwaya
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