Le gouvernement ghanéen rapatrie 327 de ses ressortissants déplacés par le déguerpissement du quartier « Zimbabwé » à Vridi 3, dans la commune de Port-Bouët. Ces migrants se sont retrouvés sans logement ni source de revenus après les démolitions lancées le 2 juin 2026 par le District autonome d’Abidjan. L’information est issue d’un communiqué du ministère ghanéen des Affaires étrangères publié le vendredi 12 juin 2026.
Sur les 327 personnes concernées, 228 ont regagné le Ghana le jeudi 11 juin. Les 99 restants ont quitté la Côte d’Ivoire le vendredi 12 juin. Accra a affrété des bus et des camions pour transporter gratuitement les rapatriés et leurs effets personnels. Le ministère ghanéen des Affaires étrangères, dirigé par Samuel Okudzeto Ablakwa, indique que les autorités ivoiriennes ont exprimé leur intention d’indemniser les personnes affectées. La mission diplomatique ghanéenne à Abidjan continuera de coordonner le suivi du dossier pour s’assurer que les compensations sont effectivement versées.
Le quartier « Zimbabwé » concentrait depuis des décennies une population dense de migrants ouest-africains, établis pour la plupart dans des constructions précaires sur des terrains non titrés. Outre Vridi 3, les démolitions ont également touché, dans la même commune, Vridi-Canal, un secteur occupé depuis plus de soixante ans, selon des médias locaux.
Des démolitions sans concertation
Le District autonome d’Abidjan justifie l’opération de déguerpissement par des impératifs de salubrité et de prévention des risques. Selon l’Agence ivoirienne de presse, les populations avaient été informées plusieurs mois à l’avance, à travers des séances de sensibilisation. Le gouvernement ivoirien a défendu la même position, selon un communiqué gouvernemental relayé par la presse locale, citant la recrudescence de maladies liées à l’insalubrité dans la capitale économique.
La mairie de Port-Bouët, elle, a pris ses distances. Dans un communiqué publié le vendredi 12 juin, le député-maire Emmou Sylvestre dénonce des démolitions conduites sans concertation avec les élus locaux. Les services municipaux se réservent le droit d’engager des poursuites judiciaires et des recours administratifs contre le District autonome d’Abidjan.
Doutchin Diarra
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