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Ils sont diplômés, parfois brillants, souvent pleins d’espoir. Pourtant, pour de nombreux jeunes Ivoiriens, l’obtention du diplôme marque moins le début d’une carrière que l’entrée dans une longue zone d’incertitude. En Côte d’Ivoire, le chômage et surtout le sous-emploi des jeunes diplômés constituent une réalité sociale largement sous-estimée.
À Abidjan, Bouaké ou Daloa, le parcours se ressemble. Après plusieurs années d’études universitaires, les candidatures s’enchaînent, sans réponse. « On nous demande de l’expérience, mais comment en avoir sans première chance ? », s’interroge Mariam, titulaire d’un master en gestion des ressources humaines, aujourd’hui vendeuse dans une boutique de téléphonie.
Les statistiques officielles évoquent un faible taux de chômage des jeunes. Mais ces chiffres masquent une réalité plus brutale: le déclassement. Beaucoup de diplômés acceptent des emplois sans lien avec leur formation, souvent dans l’informel, faute d’alternative. Le diplôme devient alors un capital symbolique peu valorisé sur le marché du travail.
Cette situation nourrit un profond sentiment de frustration. Certains jeunes parlent de « génération sacrifiée », d’autres d’un système éducatif déconnecté des besoins réels de l’économie. Les formations théoriques dominent encore, tandis que les compétences pratiques et l’apprentissage en entreprise restent insuffisants.
Face à cela, l’État et ses partenaires ont multiplié les programmes d’insertion et de formation professionnelle. Mais sur le terrain, beaucoup de diplômés dénoncent des dispositifs difficiles d’accès, mal connus ou peu adaptés à leur profil.
Au-delà des politiques publiques, c’est tout le lien entre formation et emploi qui doit être repensé. Sans cela, la Côte d’Ivoire risque de voir une partie de sa jeunesse instruite glisser durablement vers la précarité, avec des conséquences sociales et économiques majeures.
F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info












