Eloy Room, le pionnier devenu héros du rêve national curacien

6017

Le gardien, l’un des premiers à avoir accepté l’invitation à représenter Curaçao, a signé une performance historique lors du match nul contre l’Équateur.

Eloy Room a été l’un des premiers appelés pour constituer la sélection nationale de Curaçao
Le gardien a réalisé une performance spectaculaire lors du match nul contre l’Équateur
Il a joué un rôle essentiel dans l’exploit réalisé par le pays le moins peuplé de l’histoire de la Coupe du Monde
Tout a commencé avec Eloy Room. C’était en 2015, lorsque le projet n’était encore qu’un rêve et que la soirée de Kansas City relevait de l’utopie. Patrick Kluivert, le mythique attaquant néerlandais alors reconverti en sélectionneur de Curaçao, lui avait alors proposé de représenter la petite île de 156 000 habitants. Kluivert lui avait prédit, dans ce qui apparaît aujourd’hui comme une véritable prophétie, que d’autres suivraient son exemple. Porté par le rêve de disputer une Coupe du Monde, Room n’a pas hésité. Devenu la pierre angulaire de ce cycle, il a finalement été rejoint par de nombreux autres joueurs.

Dix ans plus tard, le nom d’Eloy Room résonne aux quatre coins de la planète football. Curaçao vient de décrocher le premier point de son histoire en Coupe du Monde, grâce à un match nul aux allures de miracle face à l’Équateur : le gardien de but de 37 ans a réalisé une performance historique avec 15 arrêts, soit un de moins seulement que le record établi par Tim Howard lors du huitième de finale face à la Belgique à la Coupe du Monde de la FIFA 2014 au Brésil.

“C’est exactement ce dont je rêvais lorsque tout a commencé”, confie Room au micro de la FIFA. “Nous avons lancé ce projet il y a onze ans avec un seul objectif : nous qualifier pour le Mondial. Je suis fier, parce que nous sommes partis de rien. Après le match contre l’Allemagne, nous voulions montrer au monde qui nous sommes et je pense qu’aujourd’hui, nous avons donné un petit aperçu de ce dont nous sommes capables. Nous avons prouvé que nous pouvions nous battre et, face à une très bonne équipe comme l’Équateur, nous avons montré que nous savions aussi jouer. Cela dépasse largement le stade du football.”

La soirée inoubliable de Room a commencé dès les premiers instants de la rencontre. Après seulement deux minutes de jeu, il a repoussé une reprise à bout portant d’Enner Valencia au cœur de la surface. Ce fut le premier exploit de son épopée : “En tant que gardien, ce genre d’arrêt vous met immédiatement en confiance et je pense que ça donne aussi un élan à l’équipe. À partir de là, j’ai su que ce serait un match de ce type, avec beaucoup de tirs à repousser. J’avais d’excellentes sensations et le sentiment qu’aucun ballon ne franchirait ma ligne. Je ne me souviens pas de tous mes arrêts, mais celui-ci a été le plus important, car il a donné le ton de la rencontre. Si ce ballon était entré, le match aurait été très difficile.”

“C’était le meilleur match de ma carrière”, affirme sans hésiter le héros national. “J’avais déjà disputé une très grande rencontre lors de la Gold Cup 2019, ici même aux États-Unis, contre le Honduras. Lors de ce match, j’avais également effectué 15 arrêts, c’était incroyable. Nous nous étions imposés 1-0 grâce à un but de Leandro Bacuna. Mais celui-ci est encore plus grand, parce que c’est la Coupe du Monde, face à l’Équateur.”

“Je suis très heureux pour Eloy. Il le mérite, il méritait de réaliser un grand match”, s’est réjoui le capitaine Leandro Bacuna. “Lors des dernières rencontres, il avait encaissé cinq buts contre l’Australie en mars, puis quatre face à l’Écosse et sept contre l’Allemagne. C’est un gardien exceptionnel, mais les choses ne tournaient pas en sa faveur. Aujourd’hui, il a été magnifique et il nous a énormément aidés en réalisant les arrêts qu’il fallait.”

“Eloy est extraordinaire”, s’est enthousiasmé Tahith Chong, autre grand artisan de la rencontre et seul joueur de l’effectif né à Curaçao. “Il évolue désormais au plus haut niveau, mais il l’avait déjà fait pour nous par le passé. Ce n’est pas une surprise. Le monde le découvre peut-être aujourd’hui, mais nous savons de quoi il est capable. Nous ne serions pas ici sans lui.”…

Retrouvez l’article sur fifa.com

FIFA

PARTAGER