Didier Drogba à la tête de la FIF : une chance pour la Côte d’Ivoire. Par Ben Zahoui-Dégbou

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Foto: Ben Zahoui-Dégbou, Journaliste PDG de l’Agence Glouzilet et BZD Médias / Foto: Didier Drogba ex footballeur ivoirien, candidat à la présidence de la président de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) - Goal.com/ Montage Ivorian.Net

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La prochaine élection du président de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) qui aura lieu en septembre prochain, suscite en ce moment beaucoup d’intérêt. Elle fait donc couler beaucoup d’encre et de salive eu égard à l’importance sociale du sport roi dans notre pays et aussi à la personnalité qu’incarne Didier Drogba qui reste l’idole des jeunes et un sésame sûr pour la Côte d’Ivoire dans tous les domaines.

Selon le sociologue Fahiraman Rodrigue Koné : « Didier Drogba représente la figure d’un leadership renouvelé dans une société bien jeune (77,73% est en dessous de 35 ans) mais fortement embrigadée, à tous les niveaux de l’échelle sociale, par une dictature gérontocrate bien décalée des réalités des plus jeunes. Une élite gérontocrate disqualifiée aux yeux des plus jeunes par leurs pratiques corrompues (…) ».

Malheureusement ces jeunes qui soutiennent largement leur idole, l’ex-capitaine des Eléphants, ne voteront pas en septembre. Ce sont au total 76 clubs et 5 groupements d’intérêts qui éliront le président de l’instance dirigeante du football ivoirien.

Il faut signaler que les 14 clubs de la ligue 1 ont chacun trois voix pour le vote. Ceux de la Ligue 2 qui compte 24 clubs, dispose chacun de deux voix. Enfin, la D3 avec 38 équipes qui ont une voix par club. Les cinq groupements d’intérêts professionnels au nombre de cinq, ont également chacun, une voix par association.

Au bout du compte, ce sont 133 personnes qui vont décider de l’avenir du football en Côte d’Ivoire. Les trois candidats déclarés, à savoir Didier Drogba, ex-capitaine des Eléphants, Sory Diabaté, actuel premier vice-président de la FIF, chargé de la Ligue de Football Professionnel et Idriss Diallo, vice-président de cette même institution, chargé du sponsoring sous Jacques Anoma (2002-2011). Ces trois candidats ont chacun un programme bien fourni. Mais celui de l’ancien joueur de Marseille et de Chelsea, est de très loin, le plus riche en projets innovants avec un modèle économique moderne qui pourraient marquer une rupture définitive avec la gestion autocratique et opaque du football ivoirien.

Il n’est pas nécessaire ici de présenter ces trois candidats à la présidence de la FIF. Ils sont suffisamment connus dans le milieu sportif en Côte d’Ivoire. Depuis Coffi Gadeau, premier président de la Fédération Ivoirienne de Football (1960-1963), en passant par François Amani-Golly (1974-1980) jusqu’aujourd’hui à Sidy Diallo, les problèmes de notre sport roi sont bien connus. Le prochain président de la FIF aura donc la lourde tâche de les affronter et les résoudre.

Bien sûr, beaucoup de changements positifs ont été opérés depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Des infrastructures sportives construites, à l’intérieur du pays, avec les fêtes tournantes de l’indépendance, instaurée par le président Houphouët Boigny, sont présentes dans les capitales régionales. Un championnat national de football existe et fonctionne plus ou moins bien. Les équipes tirent le diable par la queue. Les joueurs professionnels ne sont pas toujours payés à leurs justes valeurs. Beaucoup d’entre eux perçoivent en moyenne 60 000 FCFA (environ 92 €) par mois. Evidemment, le chemin à parcourir est encore très long pour hisser le football ivoirien au niveau de l’Afrique du Sud, des pays du Maghreb et des pays développés.

La prochaine élection du président de la FIF est justement l’occasion de rappeler succinctement aux acteurs du football ivoirien, notamment aux trois candidats à sa présidence et aux 133 votants, les principaux problèmes dont souffre le sport roi en Côte d’Ivoire.

Le football ivoirien est miné par des problèmes chroniques de gouvernance et de corruption depuis belle lurette.

Sa gestion et son organisation sont à l’image de la Côte d’Ivoire elle-même, où le clientélisme, le népotisme et la corruption se sont profondément enracinés depuis longtemps. En effet, depuis 1960, dans notre beau et riche pays, « les grilleurs d’arachides », ceux qui généralement sont au Gouvernement, à la tête des Institutions républicaines et sportives, entretiennent des courtisans voraces, disséminés dans tous les secteurs d’activités professionnelles, ici, notamment dans le milieu du football. Ceux-ci profitent d’enveloppes distribuées sous les manteaux. Ils sont naturellement réfractaires au changement et ont tous peurs de perdre leurs privilèges illicites. Autour de la FIF, ces courtisans réfractaires, défendent justement leur Attiéké, avec des arguments plus ou moins farfelus, proportionnellement à leurs postures et « dividendes empochés ».

Certains disent par exemple que Didier Drogba n’a pas rendu visite au président Laurent Gbagbo à La Haye, oubliant que des personnes qui n’y sont jamais allé, ont été souvent discrètement, bien plus actifs dans les milieux diplomatiques que ceux qui y défilaient tous les jours pour leur positionnement personnel.

D’autres chantent à tue-tête que l’ex-capitaine des Eléphants a posé sa candidature à la présidence de la FIF sans les consulter. Ils disent aussi qu’il est sans expérience et distant vis-à-vis d’eux. Dans un article publié sur LeBanco.net, le Docteur Coulibaly Dognima, Historien qui a justement fait sa thèse sur l’histoire du football ivoirien de 1920 à nos jours, identifie par exemple, trois griefs des anciens joueurs, contre Didier Drogba.

Après avoir parcouru les réseaux sociaux, l’historien dit ce qui suit : « Les griefs des anciens footballeurs à l’encontre de Didier Drogba me font dire qu’il est la solution. Pourquoi ? J’ai fait le tour de la toile pour mieux comprendre les pourfendeurs de Didier Drogba. Je leur ai porté un regard attentif pour comprendre leur motivation. Je les ai lu et relu. Je retiens trois griefs fondamentaux:
– le premier, il est reproché à Drogba de ne pas venir les voir afin qu’eux portent sa candidature à la présidence de la FIF.
-le second, il lui est reproché son absence aux réunions de l’association ou amicale des anciens footballeurs alors qu’il en est le président d’honneur, puis son inexpérience à occuper une telle fonction.
-Le troisième, il est reproché à son projet de ne pas faire la place aux anciens footballeurs et d’avoir de nombreuses insuffisances alors que le projet de Sory Diabaté les place au coeur de la fédération ».

Comme vous pouvez le constater vous-même, dans ces griefs, l’intérêt supérieur du football ivoirien passe largement au second plan, derrière les intérêts personnels, dans un vieux système de gestion qui ne peut favoriser le développement du football ivoirien où les pratiques peu orthodoxes ont la peau dure.

Les marchés gré-à-gré, les rétrocommissions, les gains opaques des droits de télévisions, les budgets de sponsoring et les subventions de l’Etat mal gérées, sont les principaux éléments de ce système bien établi. C’est un secret de polichinelle à Treichville, au bord de la lagune Ebrié. Même le balayeur du coin est au courant de toutes les magouilles dans la maison de verre. Bien sûr, entre autres opérations de toilettages des textes qui régissent la FIF, il faut démanteler ce système pour que le football ivoirien puisse véritablement renaître sur des bases saines et durables.

Dans ce sens, Didier Drogba parle justement de renaissance dans son programme qu’on pourrait qualifier de révolutionnaire et ce n’est pas exagérer de le dire. En plus des moyens de transport et des appuis budgétaires conséquents qu’il promet aux clubs, l’ancien butteur de Chelsea envisage de construire une clinique de sport ultra-moderne pour le suivi des sportifs de haut niveau notamment des footballeurs. Une grande première dans notre pays où tous les acteurs du sport roi doivent bénéficier de soins appropriés.

Pourquoi ne pas mettre en place un système pérenne de sécurité sociale et de pension de retraite pour tous les footballeurs de la ligue.

En Europe par exemple en France que l’ex-capitaine des Eléphants connaît très bien pour y avoir évolué, les footballeurs professionnels ont droit à une retraite selon le régime général de Sécurité sociale. Elle concerne également tous les travailleurs dans le milieu du football. Pour rappel, en Hexagone, si le footballeur professionnel a aujourd’hui un statut bien défini, c’est grâce aux actions d’un syndicat : l’Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP) qui a été fondée en novembre 1961 par Maitre Jacques Bertrand, le Camerounais Eugène N’ jo Léa et Just Fontaine.

Il faut signaler que la charte du football professionnel en France a été mise en place en 1973. Le statut défini par la Convention collective nationale des métiers du football (CCNMF) est applicable aux footballeurs professionnels, aux stagiaires, aux espoirs, aux aspirants, aux cadres et aux anciens joueurs. Le milieu du sport roi en Côte d’Ivoire a les ressources nécessaires, humaines et financières pour mettre en place une sécurité sociale digne de ce nom avec l’aide du Gouvernement qui est partie prenante dans la gestion du football à travers le ministère des Sports.

Le Gouvernement décaisse des milliards qui sont gérés dans des procédures sinueuses et obscures.

La Fédération Ivoirienne de Football (FIF) est depuis très longtemps gangrené par des pratiques de gestion peu orthodoxe. A chaque Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football ou Coupe du Monde, le Gouvernement décaisse des milliards qui sont gérés dans des procédures sinueuses et obscures. On se rappelle, comme si c’était hier, le dernier scandale causé par le détournement avéré de fonds publics, après la victoire des Eléphants en finale de la CAN 2015. Environ 720 millions de francs CFA (1,1 million d’Euros) sur un total de 3,5 milliards de FCFA (5,34 millions d’Euros) avaient mystérieusement disparu dans la lagune Ebrié, entre le Trésor Public et le siège de la FIF à Treichville.

Cette somme était destinée à la préparation de l’équipe nationale et en principe au paiement des primes des joueurs. On se rappelle aussi que le ministre des Sports de l’époque, Alain Lobognon avait été limogé du Gouvernement, sans être inquiété par la justice. Aujourd’hui en prison, pour atteinte à la sureté de l’Etat, le député de Fresco, avait accusé les responsables de la Fédération ivoirienne de football d’être à l’origine du détournement. Cette affaire de primes détournées, est restée, comme toujours, dans le flou, pour les amateurs du ballon rond et le grand public, pour ne pas dire les contribuables.

D’après le journal brésilien, Libération qui analysait dans un éditorial, le football africain, lors de la Coupe du Monde en 2014 au pays du Roi Pelé : « L’histoire des primes est symptomatique des relations perpétuellement tendues entre joueurs, Fédérations Africaines et Etats. Les premiers reprochent aux secondes et aux troisièmes de s’enrichir sur leurs dos en détournant des sommes monstrueuses d’argent. Ils n’ont pas toujours tort ».
Tout le monde sait que dans l’entourage des Eléphants, le gouvernement est toujours présent, à travers le Ministère des Sports. L’Etat n’est donc jamais loin et la traçabilité des liasses d’argent qui circulent à chaque compétition internationale est quasiment impossible. Le football fait partie de l’industrie du spectacle qui pourrait s’autofinancer. Le modèle économique que propose Didier Drogba dans « son programme de gouvernement » on pourrait dire, répond largement aux exigences de la gestion moderne du football. Ainsi, dans le contexte nouveau de renaissance, les subventions de l’Etat deviendraient des revenus additionnels dans un environnement purement professionnel et assaini.
Dans le sport de haut niveau, il n’y pas de miracle, seuls la formation et le travail paye sur le long terme.
Le football et la politique se sont toujours mélangés. Créant ainsi un réseau dans lequel le ministère des Sports utilise la puissance financière de l’Etat. Les autorités administratives et politiques interviennent quelquefois même directement dans la sélection et le classement des joueurs de l’équipe nationale de football où l’entraineur ne joue qu’un rôle mineur lors de certains grands rendez-de-vous internationaux.
L’entraineur doit avoir les mains libres pour faire son travail en âme et conscience. Qui plus que l’ex-capitaine des Eléphants peut donner, sur un terme raisonnable, à l’entraineur, la place qu’il mérite véritablement. Notons qu’une fois sur deux, dans notre pays, il a été d’origine étrangère notamment européenne. Depuis 1960, ce sont succédés à la tête des Eléphants : 11 ivoiriens, 11 français, 2 Allemands, 2 Brésiliens, 1 Yougoslave, 1 Polonais, 1 Bosniaque, 1 Suédois, et 1 Belge. La liste est bien longue.
Pour rappel, 4 seulement de tous ces sélectionneurs sont arrivés en finale de la CAN en 60 ans : Yéo Martial (vainqueur 1992), Henri Michel (finaliste 2006), Zahoui François (finaliste 2012) et Hervé Renard (vainqueur 2015).
Six ans après le départ de Zahoui François, Kamara Ibrahim était le 11ème entraineur ivoirien à la tête des Pachydermes qui changent de patron du banc de touche, en moyenne tous les deux depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Dans le sport de haut niveau, il n’y pas de miracle, seul le travail sur le long terme paye et aucune vraie équipe ne peut se construire sur deux ans.
C’est la logique. Un changement d’entraineur va tout naturellement avec un changement de style de jeu. La conséquence est que notre équipe nationale n’a jamais eu le temps d’asseoir un véritable style de jeu sur le long terme. Elle a toujours été une constellation, sans âme, de joueurs de talents et non une vraie Equipe de football. On l’a constaté encore à la CAN 2019 en Egypte, où les Eléphants étaient tout simplement méconnaissables avec une cassure notoire, entre les différents compartiments de jeu, en ¼ de finale avec un Kamara Ibrahim, impuissant qui a été limogé le 21 février dernier et remplacé par le technicien français, Patrice Beaumelle, ancien adjoint d’Hervé Renard.

Dans cette instabilité chronique, on se rappelle, la FIF s’était même payé le luxe d’engager un coach qui sortait directement de l’école. Il s’agit de triste mémoire, de Sabri Lamouchi. Ce dernier avait fait éliminer la Côte d’Ivoire à la Coupe du Monde 2014, au Brésil, en remplaçant contre toute attente, Didier Drogba, l’espoir de tout un peuple et Gervinho, durant son dernier match contre la Grèce.

L’histoire retiendra que la dernière apparition sous le maillot de la Côte d’Ivoire de Didier Drogba a été justement ce match perdu à la dernière seconde face à la Grèce (2-1) à Fortaleza, le 24 juin 2014 lors de la dernière journée de la phase de poule de cette Coupe du monde au Brésil. A trente secondes près, les Éléphants tenaient leur première qualification pour les huitièmes de finale dans un mondial. Pourquoi Sabri Lamouchi avait-il laissé Didier Drogba sur le banc de touche pour le match contre la Colombie ? Pourquoi l’avait-il sorti durant celui contre la Grèce ? On ne le saura jamais. Il est inutile de revenir sur ce passé douloureux mais le futur se construit normalement sur l’expérience vécue précédemment et le prochain président de la FIF doit profondément puiser dans le passé pour construire l’avenir.
Avec Didier Drogba, ce sera un transfert de connaissances et de compétence qui est nécessaire au système de gouvernance de la FIF.
Maintenant, objectivement, parmi les trois prétendants à la présidence de la FIF, qui est le plus prédisposé au changement. Après avoir parcouru leurs programmes qui ont pour base : la construction d’infrastructures, la formation et la valorisation du championnat national, la réorganisation structurelle et sociale du football dans notre pays, il est aisé de faire un choix équitable.
Avec Sory Dibaté ou Idriss Diallo à la tête de la FIF, ce sera à coup sûr, un changement dans la continuité avec des pratiques anciennes, dans un système déjà établi au niveau de la gouvernance, sans remettre en cause leur intégrité morale. Ils côtoient ou appartiennent à la nébuleuse qui entoure depuis au moins trois décennies, la Fédération Ivoirienne de Football. Comparativement aux potentialités énormes de la Côte d’Ivoire, le bilan dans le sport roi est quasiment dérisoire et il faut professionnaliser la gestion de notre football comme c’est la tradition en Europe et en Amérique latine. Dans ce sens, un transfert de connaissances et de compétence est nécessaire pour changer sa gouvernance. La personne qui pourrait faire ce travail est bien sûr Didier Drogba qui en a les capacités intellectuelles, professionnelles et managériales. Il bénéficie en plus d’une popularité nationale et internationale qui fonde sa légitimité. L’ex-joueur de Chelsea constitue en outre un sésame pour notre pays.
Didier Drogba est une chance pour la Côte d’Ivoire. L’ancien capitaine des Eléphants et ex-joueur de Chelsea, peut créer un engouement populaire autour du championnat national. Son manque d’expérience que brandissent ses détracteurs à court d’argument est un faux problème. On ne devient pas manager par décret, ceci pour plagier l’expression du célèbre sociologue français, Michel Crozier (1922-2013) sur le changement à apporter à un système établi. Selon lui, la managérialité, pour parler plus simplement, le processus par lequel une personne devient manager, est un mécanisme de transformation qui débute avant et qui se poursuit après la nomination ou l’élection d’une personne à un poste donné.
Ce processus de transformation exige trois dimensions : culturelle, sociale et psychologique. Didier Drogba est-il imprégné de la culture ivoirienne ? Bien que parti en France à l’âge de cinq ans, il est toujours revenu à Abidjan, notamment à Yopougon, le quartier où vivent ses parents. C’est un enfant de Yopougon, il l’était déjà bien longtemps, avant son apparition en équipe nationale le 8 septembre 2002.
Au plan social, l’ancien capitaine des Eléphants a-t-il un réseau social en Côte d’Ivoire pour mener à bien sa prochaine fonction de président de la FIF ? Ses relations et son carnet d’adresses au plan national peuvent lui permettre de s’entourer de ressources humaines compétentes et expérimentées pour mener à bien son programme d’activités. L’exemple de sa fondation, déjà sur le terrain, et dirigée par une équipe dynamique est un argument de poids.
Occupé un poste de haute responsabilité nécessite aussi des ressources psychologiques personnelles appropriées à l’exercice de la fonction. Il faut avoir l’autorité et le charisme, tout en effaçant son égo, « pour faire faire », en claire, il faut savoir donner les ordres à ses collaborateurs. Didier Drogba est suffisamment humble et bien éduqué pour manager la FIF. Il s’est déjà approprié de l’expérience à partir d’observation diachronique de cas pratiques de gestion de systèmes footballistiques en Afrique et dans le monde.
Il a déjà conscience des problèmes qu’il doit résoudre et a même repéré, des solutions qui ont fait leurs preuves ailleurs. La réflexion sur le contenu de son programme d’activité pour le développement du sport roi en Côte d’Ivoire, contient elle-même déjà, la preuve de son expérience avéré dans son secteur d’activité. Et Didier Drogba veut favoriser l’éclosion de véritables centres de formation, à l’instar de celui de l’Association des Employés de Commerce, l’ASEC Mimosas.
Par exemple, en France et en Angleterre où l’ex-capitaine des Eléphants a fait une grande partie de sa carrière, la formation au football professionnel s’inscrit dans le cadre de la norme du double projet, qui s’applique à l’ensemble des formations au sport de haut niveau et qui repose fondamentalement sur la combinaison des apprentissages sportifs et scolaires.

En Hexagone on compte justement 32 centres de formations, dignes de ce nom. Dans ce sens, ils bénéficient d’un agrément de la convention collective nationale des métiers du football et sont soumis chaque année à des contrôles rigoureux de la part de la Direction Technique Nationale (DTN). Il faut noter que grâce à ces centres de formations, la France reste le deuxième pays, pourvoyeur de talents dans les cinq meilleurs championnats européens de football, avec trois cents joueurs derrière le Brésil.
Le football devrait en principe transcender les barrières ethniques, politiques et les égos personnels démesurés pour ne retenir que l’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire dans le domaine du football et se consacrer à l’essentiel c’est à dire : La mise en place de textes de loi et d’un modèle économique moderne appropriés ; le développement des centres de formations et la valorisation du championnat national de football et celui de l’Office ivoirien des sports scolaires et universitaires (OISSU) ; la construction des infrastructures régionales et de proximité.

Tous les acteurs du sport roi dans notre beau pays notamment les 133 votants (ligues 1 et 2, D3 et Associations d’intérêt) doivent impérieusement trouver sans complexe, un consensus autour de Didier Drogba. Il prouve déjà sa capacité de grand manager, aux Etats-Unis, dans l’État de l’Arizona, à la tête du Phœnix Rising FC, club de ligue 2 dont l’ancien joueur de Chelsea est copropriétaire.
Pour paraphraser le célèbre Pasteur Africain-Américain, Martin Luther King, j’ai fait un rêve dans lequel j’ai vu un trio à la tête de l’instance dirigeante de notre football, avec Didier Drogba, président, Sory Diabaté, premier vice-président, chargé de la ligue de football professionnel, et Idriss Diallo, deuxième vice-président, chargé des finances et du sponsoring. Avec ces trois personnes à la tête de la FIF, le football ivoirien pourra retrouver, dans l’union et la fraternité sportive, son lustre d’antan, loin des querelles inutiles de clocher qui ne font que retarder son développement harmonieux. Dieu protège la Côte d’Ivoire notre riche et beau pays.

Ben Zahoui-Dégbou,
Journaliste
PDG de l’Agence Glouzilet et BZD Médias

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