Côte d’Ivoire: Reportage sur les ruines de Koumassi Campement détruit, flotte un drapeau ivoirien

4463
Un drapeau ivoirien...au milieu des ruines.(Photos : M.Koné)

Plusieurs jours après la démolition d’un quartier de Koumassi Campement, de nombreuses familles vivent toujours dans l’incertitude. Sans logement et sous la pluie, ils sont confrontés à la perte de leurs biens et tentent de récupérer certains objets. Pendant qu’ils pleurent leurs maisons transformées en tas gravats, d’autres ont trouvé sur place une source de revenus.

Ce lundi 8 juin 2026, une pluie s’abat sur les ruines d’un quartier de Koumassi Campement. Là où il y avait des habitations, il ne reste plus que des amas de gravats et de tôles froissées. Cinq jours après la démolition, de nombreux habitants ne savent toujours pas où trouver refuge en dehors des écoles. Malgré ces conditions difficiles, certains continuent de fouiller les décombres dans l’espoir de retrouver leurs effets. « Je cherche encore des affaires que ne retrouve pas », nous confie Fofana Souleymane, visiblement découragé.

« Ils ont tout cassé, sans nous prévenir »

Pour certains habitants, l’intervention rapide de proches a permis de sauver quelques matériels. « Je travaillais. Mon fils m’a sauvé en enlevant nos affaires. Sinon, on allait tout perdre », raconte Paré Mouhamed, un chauffeur. Cependant, le sentiment d’injustice demeure présent parmi les déguerpis. Beaucoup affirment ne pas avoir été informés avant l’opération. C’est le cas de Sangaré Yacoub. « On avait plusieurs cours ici. Ils ont tout cassé, sans nous prévenir. Certaines personnes sont revenues chercher des objets généralement en vain. Mais, un voisin a pu récupérer ses 400 000 francs sous les décombres de sa maison. Ce déguerpissement fait mal. On s’en remet à Dieu », dit-il.

« Nous sommes en saison des pluies et nos enfants sont en examen. C’est méchant »

La période des démolitions rend la situation pénible. « Nous sommes en saison des pluies et nos enfants sont en examen. C’est méchant », déclare Camara Ladji.

Au milieu de cette détresse, certains jeunes trouvent une occasion de profit. Après le passage des pelleteuses, ces garçons récupèrent les fers et les tôles abandonnés afin de les revendre à la ferraille. « On les fait peser. Ça rapporte de l’argent », explique l’un d’entre eux, tout gêné.

Un drapeau ivoirien flotte pour l’espoir

Au milieu des ruines, notre regard est attiré par l’image d’un drapeau ivoirien qui flotte. Pour certains habitants, il symbolise l’espoir d’une reconstruction future…

Mouhamed I. Koné
Retrouvez l’article sur lebanco.net

PARTAGER