Burkina Faso: rupture avec plusieurs mécanismes internationaux

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Le Burkina Faso a rompu, en l’espace de quelques jours, avec plusieurs mécanismes internationaux censés protéger les populations civiles. Ouagadougou a notifié son retrait de la Cour pénale internationale (CPI) aux côtés du Mali et du Niger, tandis que l’ONU a annoncé la fermeture de son bureau des droits de l’homme dans la capitale burkinabè. Un nouveau décret encadre également l’action des ONG humanitaires. Ces décisions interviennent début juillet 2026, alors que les groupes jihadistes continuent de mener des attaques meurtrières sur le territoire.

Retrait commun de la CPI avec le Mali et le Niger
Le Burkina Faso et le Mali ont officiellement notifié leur retrait de la Cour pénale internationale, rejoignant le Niger. Les notifications ont été déposées entre le 18 et le 24 juin 2026 ; le retrait effectif interviendra en juin 2027. Ouagadougou juge la Cour « sélective et politisée ». Amnesty International estime que cette sortie « menace de priver des milliers de victimes de la possibilité d’obtenir vérité, justice et réparations ».

Fermeture du bureau des droits de l’homme de l’ONU : quelles conséquences ?
Suspendu depuis avril par les autorités, après une déclaration du Haut-Commissaire Volker Türk accusant l’État de restreindre l’espace civique, le bureau onusien de Ouagadougou fermera d’ici le 30 novembre, au terme d’un processus de six mois. Concrètement, le pays perd la présence d’un organe indépendant chargé de documenter les atteintes aux droits humains, à un moment où les civils restent exposés aux violences jihadistes.

Un encadrement renforcé des ONG humanitaires
Le 2 juillet, un décret burkinabè impose une accréditation aux organisations humanitaires. Il fixe des quotas de financement (60 % pour le relèvement précoce, 80 % pour les besoins directs des bénéficiaires) et impose l’achat local des dons alimentaires. Selon la ministre Pélagie Kaboré, l’objectif serait de mieux coordonner les interventions. Cependant, cette accréditation supplémentaire pourrait avoir l’effet inverse et ralentir le déploiement de l’aide sur le terrain, dans un pays déjà confronté à une crise humanitaire majeure.

Des civils déjà victimes de la junte et de ses milices
Un rapport de Human Rights Watch (HRW) publié en avril 2026 documente que l’armée burkinabè et ses milices supplétives, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), ont tué plus de 1 800 civils depuis 2023, aux côtés des exactions du groupe jihadiste JNIM. En décembre 2023, l’opération « Tchéfari 2 » menée par l’armée burkinabè a fait plus de 400 morts civils près de Djibo. En novembre 2023, des milices ont tué 13 civils peuls à Bassé. HRW pointe également un verrouillage de l’information sur ces exactions. Dans ce contexte, le retrait de la CPI et la fermeture du bureau onusien privent les victimes de recours judiciaires, tandis que le contrôle accru des ONG limite les témoignages indépendants sur le terrain.
Ces décisions protègent-elles réellement la population burkinabè, ou avant tout la junte au pouvoir et ses alliés ?
F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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