Entre le 17 et le 28 juin 2026, l’État islamique au Sahel et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans ont enchaîné les attaques dans l’ouest du Niger et à Niamey, malgré la présence des paramilitaires russes d’Africa Corps aux côtés de l’armée nigérienne depuis plus de deux ans.
Des pertes que la junte ne détaille pas
Le 17 juin, l’EIS frappe Inatès et Banibangou, revendiquant la mort de quatre-vingts soldats et la capture de vingt-quatre véhicules. Niamey ne publie aucun bilan officiel contredisant ou confirmant ces chiffres. Le 19 juin, cinquante et un soldats sont inhumés à Inatès : sans qu’un lien direct avec l’attaque du 17 juin soit officiellement établi par les autorités.
Le 28 juin, l’EIS annonce la prise du camp de Bani Bangou. Ce silence répété des autorités sur l’ampleur réelle des pertes interroge, deux ans et demi après la promesse de reprise en main sécuritaire formulée par le général Tiani à son arrivée au pouvoir.
Une présence russe qui n’empêche pas les attaques
Le 18 juin, le JNIM frappe à son tour l’aéroport de Niamey, faisant treize morts selon le ministère de la Défense. Cette attaque survient cinq mois seulement après celle du 29 janvier contre le même aéroport et la base 101, après laquelle le président Tiani avait pourtant salué l’efficacité de la riposte russe, revendiquée par Moscou elle-même. La répétition des assauts sur les mêmes cibles stratégiques, à quelques mois d’intervalle, met en doute la portée réelle de cet appui.
Le précédent malien confirme les limites d’Africa Corps
Au Mali, où Africa Corps est déployée depuis plus longtemps qu’au Niger, l’offensive du JNIM et de rebelles touareg a coûté la vie au ministre de la Défense malien et fait tomber Kidal fin avril 2026. Un chercheur de l’Ifri résumait alors que le groupe paramilitaire russe n’était jamais parvenu à résoudre les problèmes de sécurité du pays, malgré un nombre incalculable d’opérations. Un constat que le Niger semble en passe de reproduire.
Face à des groupes jihadistes qui frappent aussi bien les postes isolés que la capitale, combien de temps la junte nigérienne pourra-t-elle présenter son partenariat sécuritaire avec Moscou comme une garantie de protection pour les populations ?
F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info













