La Côte d’Ivoire suspend la pêche pour préserver ses ressources halieutiques

107
La Côte d’Ivoire suspend la pêche pour préserver ses ressources halieutiques

À compter du 1er juillet 2026, le gouvernement ivoirien met en œuvre le repos biologique annuel, suspendant plusieurs activités de pêche sur les eaux marines, lagunaires et continentales du pays. Annoncée le 29 juin à Abidjan par le ministre Sidi Tiémoko Touré, cette mesure vise à protéger des stocks halieutiques mis sous pression depuis des années par la pêche industrielle étrangère, notamment chinoise.

Un repos biologique pour reconstituer les stocks
Le ministre des Ressources animales et Halieutiques a présenté cette suspension temporaire comme « un impératif écologique, économique et social ». L’objectif : laisser les espèces se reproduire, permettre la croissance des juvéniles et reconstituer les stocks dont dépend la sécurité alimentaire du pays.

Les premiers résultats semblent encourageants. Depuis l’instauration progressive du dispositif en 2023, les captures dans les eaux sous juridiction ivoirienne sont passées de 85 727 tonnes en 2022 à 102 873 tonnes en 2025, soit une hausse d’environ 20 %.

Des restrictions différenciées selon les zones
En mer, la pêche chalutière et celle des petits pélagiques seront totalement suspendues du 1er juillet au 31 août, tandis que la pêche artisanale maritime observera un arrêt complet en juillet. Dans les lagunes (Aby, Ébrié, Grand-Lahou…) et certains lacs, filets maillants et nasses seront interdits jusqu’en août, voire octobre selon les zones.

Une pression étrangère documentée sur les eaux ouest-africaines
Le communiqué gouvernemental évoque la « pression démographique » et le « changement climatique », sans citer nommément d’acteur étranger. Mais des pêcheurs artisanaux venant de Côte d’Ivoire et du Nigeria rapportent que les chalutiers chinois détruisent fréquemment leurs filets et leurs équipements. Ces bateaux industriels capturent sans discrimination de grandes quantités de poissons, recourant parfois à des pratiques illégales, au détriment des communautés côtières qui dépendent de la pêche pour leur subsistance.

F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

PARTAGER