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Le gouvernement ivoirien a annoncé le 4 mars 2026 une forte baisse du prix du cacao payé aux producteurs pour la campagne intermédiaire. Fixé à 1 200 FCFA le kilogramme contre 2 800 FCFA lors de la campagne principale, ce tarif reflète la chute des cours mondiaux. Une décision difficile pour l’exécutif qui cherche à relancer la commercialisation tout en limitant l’impact budgétaire pour l’État.
Une forte baisse du prix bord champ du cacao en Côte d’Ivoire
La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, a fixé le prix bord champ à 1 200 francs CFA le kilogramme pour la campagne intermédiaire de commercialisation. L’annonce a été faite mercredi 4 mars à Abidjan par le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, lors d’une conférence de presse.
Ce nouveau tarif représente une baisse de plus de 57 % par rapport au prix historique de 2 800 FCFA le kilo appliqué lors de la campagne principale.
« Cette décision n’a pas été prise de gaieté de cœur. Nous aurions souhaité un meilleur prix », a déclaré le ministre, soulignant que la chute des cours internationaux du cacao oblige la Côte d’Ivoire à réajuster son prix interne.
La chute des cours mondiaux fragilise la filière cacao
Selon les autorités ivoiriennes, les prix mondiaux du cacao ont reculé d’environ 60 % en un an, ce qui a profondément déséquilibré la filière.
Pour éviter l’accumulation de stocks invendus, l’État a déjà dû intervenir. Le ministre a indiqué que 64 000 tonnes de cacao sur les 100 000 tonnes entreposées ont été rachetées par l’État afin de soutenir la commercialisation.
Le directeur général du Conseil Café-Cacao assure que la baisse du prix doit permettre de relancer progressivement les achats et les exportations.
Une décision difficile mais jugée nécessaire
Pour l’économiste ivoirien Ousmane Diomandé, cette crise rappelle la forte dépendance du pays aux marchés internationaux. « Quand le marché mondial se retourne, compenser totalement la chute par le budget de l’État devient rapidement coûteux et risqué », explique le spécialiste.
L’économiste François Ruf estime pour sa part que cette décision constitue « la moins mauvaise solution » pour débloquer la filière et permettre aux producteurs d’écouler leurs récoltes de 36 000 tonnes.
Une incertitude pour l’avenir de la production
Cette baisse brutale pourrait cependant freiner les investissements et la replantation dans les plantations, alors que le prix record de 2 800 FCFA en 2025 avait suscité un regain d’intérêt pour la culture du cacao.
À moyen terme, cette crise pourrait relancer les débats sur la diversification agricole et la transformation locale, un enjeu stratégique pour la première économie cacaoyère mondiale.
F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info
























