Burkina Faso: le régime militaire dissout officiellement les partis politiques

178
Le chef du régime burkinabé, le capitaine Ibrahim Traoré - Wikimedia Commons

[ Publié / Modifié il y a

Le parlement du Burkina Faso a adopté, lundi 09 février, un texte abrogeant toutes les lois encadrant les partis et formations politiques. Cette décision met fin à toute activité partisane dans le pays, déjà suspendue depuis le coup d’État de septembre 2022. L’ONU dénonce une atteinte grave aux droits civiques et à l’espace démocratique.

Une décision officialisée par le Parlement de transition
Lundi, les députés de l’Assemblée législative de transition (ALT) ont adopté le projet de loi abrogeant les textes régissant les partis politiques au Burkina Faso, selon un communiqué officiel consulté par l’AFP. Le gouvernement, qui avait annoncé cette initiative il y a deux semaines, justifie la mesure par la volonté de promouvoir « l’unité nationale », estimant que la multiplication des partis a entraîné des dérives, divisé les citoyens et fragilisé le tissu social.

Abrogation des principales lois sur la vie politique
L’ALT a également donné quitus au gouvernement pour l’abrogation de plusieurs lois fondamentales : la loi portant charte des partis et formations politiques, la loi relative au financement des partis et campagnes électorales, la loi portant statut de l’opposition politique.
Ces textes, essentiels au fonctionnement démocratique, sont désormais supprimés, consolidant le contrôle du régime militaire sur la vie politique du pays.

Une atteinte au pluralisme dénoncée par l’ONU
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, avait appelé début février Ouagadougou à revenir sur sa décision. Il a dénoncé une mesure qui n’est « pas un pas dans la bonne direction pour les droits humains » et a souligné : « Un véritable espace civique et démocratique, permettant l’expression de voix pluralistes, et un État de droit renforcé sont essentiels à une paix, une sécurité et une cohésion sociale durables au Burkina Faso ».

Contexte : deux coups d’État en moins d’un an
Le Burkina Faso traverse une période de forte instabilité depuis septembre 2022, date du coup d’État ayant porté le capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir, le second en huit mois après celui mené par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. Depuis le putsch, les partis politiques avaient déjà vu leurs activités suspendues : interdiction de réunions publiques et restrictions sur leurs activités organisationnelles. La nouvelle loi vient formaliser cette suspension et la rendre définitive.

Africa Radio avec AFP
Retrouve l’article sur africaradio.com

PARTAGER