Sénégal : une cyberattaque géante vise les données biométriques de la DAF

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Dakar 5 février 2026. Un groupe de cybercriminels se présentant comme “The Green Blood Group” affirme avoir subtilisé près de 139 téraoctets de données sensibles appartenant à la Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF).
Identité nationale en péril

Selon les informations relayées par des plateformes spécialisées en cybersécurité, le collectif affirme détenir une masse considérable de fichiers comprenant potentiellement des données biométriques, des informations d’état civil et des éléments liés à l’immigration des citoyens sénégalais. L’étendue de ces données, de l’ordre de 139 TB, soulève des inquiétudes majeures quant à la protection des informations personnelles et à la sécurité des systèmes gouvernementaux.

La DAF, institution clé du ministère de l’Intérieur sénégalais, a temporairement suspendu la production de cartes d’identité nationales et d’autres documents administratifs pendant que ses équipes enquêtent sur l’incident. Aucune confirmation officielle sur l’ampleur exacte de la fuite n’a encore été publiée, mais les captures d’écran diffusées sur le Dark Web par les pirates renforcent la gravité des allégations.

Une série d’attaques qui interroge
Cette cyberattaque contre la Direction de l’Automatisation des Fichiers s’inscrit dans une dynamique plus large de vulnérabilité numérique observée sur le continent. Le Sénégal avait déjà été touché par des incidents visant des services publics stratégiques, notamment la Direction générale des Impôts et Domaines (DGID).
À l’échelle africaine, d’autres précédents majeurs illustrent l’ampleur du risque. En 2022, la société d’évaluation de crédit TransUnion en Afrique du Sud a subi une fuite massive de données après l’intrusion d’un groupe de hackers, avec l’exposition de dizaines de millions de profils de consommateurs et de dossiers d’entreprises.

Enjeux pour la confiance et l’attractivité internationale
Pour un pays comme le Sénégal, souvent perçu comme un modèle de stabilité politique en Afrique de l’Ouest, cette fuite fragilise l’image de fiabilité des systèmes administratifs et peut dissuader les investisseurs étrangers habitués à des cadres réglementaires robustes. Elle met aussi en évidence un besoin urgent d’investissements dans la formation en cybersécurité et la mise en place de mécanismes nationaux de protection des données.
À l’heure où la transformation numérique est un vecteur stratégique de développement économique, ce choc numérique impose une réflexion profonde sur la souveraineté technologique des États africains et sur la capacité des administrations à protéger les droits fondamentaux de leurs citoyens.

F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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