Drames miniers en Afrique de l’Ouest : l’alerte ivoirienne face aux dérives de l’orpaillage étranger

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Drames miniers en Afrique de l’Ouest : l’alerte ivoirienne face aux dérives de l’orpaillage étranger

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Les drames miniers qui endeuillent régulièrement l’Afrique de l’Ouest ne relèvent plus de faits isolés. De la Guinée au Mali, en passant par le Ghana, une réalité inquiétante se dessine : l’exploitation aurifère illégale, souvent impliquant des ressortissants étrangers, notamment chinois, continue de coûter des vies humaines et de détruire durablement l’environnement. Pour la Côte d’Ivoire, engagée depuis plusieurs années dans une réforme de son secteur minier, ces tragédies résonnent comme un avertissement.

En Guinée, le tribunal de première instance de Siguiri a ouvert, le 14 janvier 2026, le procès de quatre ressortissants chinois poursuivis pour exploitation illégale de l’or, atteintes graves à l’environnement et séjour irrégulier. Les faits concernent la zone aurifère de Fadakolon, où des engins lourds ont été utilisés sans autorisation, provoquant pollution des cours d’eau et dégradation irréversible des sols. À l’audience, les prévenus ont reconnu les faits, mettant en lumière l’ampleur du phénomène.

Quelques jours plus tôt, au Mali, l’éboulement d’une ancienne mine abandonnée à Kéniéty a coûté la vie à six femmes. Le site, autrefois exploité par des ressortissants chinois, avait été laissé sans aucune mesure de sécurisation ni de réhabilitation, transformant une ancienne zone d’activité économique en piège mortel pour les populations locales.

Au Ghana, les autorités font face depuis plusieurs années au fléau du « galamsey », l’exploitation minière illégale. L’implication de certaines entreprises chinoises, comme Shaanxi Mining Ghana Limited, citée dans l’explosion meurtrière de 2019 ayant causé la mort de 16 mineurs, illustre les manquements répétés aux règles de sécurité et aux normes environnementales.

Pour la Côte d’Ivoire, ces événements régionaux renforcent la nécessité de vigilance. Le pays a multiplié ces dernières années les opérations de démantèlement de sites illégaux et renforcé son arsenal juridique. Mais la pression transfrontalière reste forte. Sans coopération régionale et contrôle strict des acteurs étrangers, le risque est réel de voir ces pratiques s’étendre.
Au-delà des chiffres et des procès, ces drames rappellent que la question minière n’est pas seulement économique. Elle engage la protection des vies humaines, la souveraineté des États et la préservation des ressources pour les générations futures.

F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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