Déclaration de l’Union des Réfugiés Ivoiriens en France (URIF) suite au décès de l’ex-député Gilbert Déhé Gnanhou.

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C’est avec beaucoup de tristesse et une grande peine, que nous venons d’apprendre le décès de Gilbert Déhé Gnanhou, ex-député à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, survenu le vendredi 26 mai dernier à Accra au Ghana où il était exilé depuis la chute du Président Laurent Gbagbo en avril 2011.
En cette circonstance douloureuse, nous voulons nous incliner devant la mémoire de ce valeureux fils de notre pays, et adresser nos condoléances les plus attristées à sa famille biologique, à sa famille politique, ainsi qu’aux milliers d’ivoiriens qui vivent encore les affres de l’exil au Ghana.

Cette autre mort d’un ivoirien en exil, est une mort de trop. Hier c’était notre regretté Mamadou Ben Soumahoro décédé le 11 avril 2016, et avant lui l’ex-Maire Jean-Baptiste qui décédait le 17 février 2012, lui aussi à Accra, et la liste est longue avec ces autres ivoiriens anonymes qui ont été contraints à l’exil du seul fait d’être des partisans ou supposés comme tels du Président Laurent GBAGBO.

C’est le lieu d’interpeller Monsieur Alassane Ouattara, sur ses devoirs en tant que Chef de l’Etat de Côte d’Ivoire, notamment ceux d’assurer la protection des citoyens et de tous ceux qui vivent en Côte d’Ivoire, garantir la sécurité, l’unité et la cohésion au sein de la population pour le bien-être duquel il est censé gouverner.
Toutes choses qui sont d’ailleurs bien inscrites dans la nouvelle constitution que Monsieur Ouattara a lui-même fait voter au forceps, et qu’il a promulguée le 08 novembre 2016. En voici trois articles essentiels :

Article 4 : Tous les Ivoiriens naissent et demeurent libres et égaux en droit. Nul ne peut être privilégié ou discriminé en raison de sa race, de son ethnie, de son clan, de sa tribu, de sa couleur de peau, de son sexe, de sa région, de son origine sociale, de sa religion ou croyance, de son opinion, de sa fortune, de sa différence de culture ou de langue, de sa situation sociale ou de son état physique ou mental.

Article 5 : L’esclavage, la traite des êtres humains, le travail forcé, la torture physique ou morale, les traitements inhumains, cruels, dégradants et humiliants, les violences physiques, les mutilations génitales féminines ainsi que toutes les autres formes d’avilissement de l’être humain sont interdits.

Article 22 :Aucun Ivoirien ne peut être contraint à l’exil.

A la lecture de ces articles, nous pouvons affirmer que Monsieur Ouattara travaille contre les ivoiriens, ou tout au moins qu’il ne respecte pas sa propre constitution.
En effet non content d’avoir jeté sur la route de l’exil des milliers d’ivoiriens, le pouvoir d’Abidjan continue de martyriser ceux qui sont restés en Côte d’Ivoire, dans l’indifférence totale des organisations de défense des droits de l’homme. Ainsi plusieurs centaines d’infortunés croupissent sans jugement dans les geôles et autres camps de torture érigés uniquement pour ceux que l’on appelle désormais les « pro-gbagbo », dans des conditions dégradantes, humiliantes, inhumaines, pour des motifs aussi farfelus que cyniques tels que « atteinte à la sûreté de l’état », etc. Plusieurs décès ont été enregistrés ici aussi, dont le dernier en date est celui du Maréchal des Logis (MDL) Assi Jean Kouatchi, arrêté et emprisonné à la MACA depuis le 26 mars 2012 pour accusations de « complicité avec le régime Gbagbo »,survenu le 20 mai dernier en détention, des suites des traitements inhumains qu’il a subis. Selon nos informations c’est le cinquième décès du genre
Jusqu’à quand Monsieur Ouattara et ses partisans vont-ils continuer de torturer ceux qui ne pensent pas comme eux, alors qu’ils clament par ailleurs vouloir réconcilier tous les ivoiriens ; jusqu’à quand vont-ils continuer aggraver la fracture qu’ils ont créée dans la société ivoirienne pour assouvir leur soif de pouvoir. Que Monsieur Ouattara se ressaisisse, avant qu’il ne soit trop tard, car comme le dit l’autre « Toute société qui inflige à des hommes l’humiliation, accumule dans ses propres fondations, l’explosif sous l’effet duquel elle volera un jour en éclats ». Nous devons éviter le chaos à la Côte d’Ivoire.

A l’endroit des organisations de défense des droits de l’homme avec à leur tête l’organisation des nations unies (ONU), ainsi qu’aux différents soutiens de Monsieur Alassane Ouattara, vous ne pouvez pas assister passivement à la destruction de notre pays à la tête duquel vous avez installé par la force des armes votre champion. Incapable d’assumer les charges d’un chef d’Etat il passe le plus clair de son temps plutôt à casser tous ceux qui ne sont pensent comme lui, lorsqu’il n’est pas en train d’obérer les ressources de l’Etat pour récompenser les « mutins » qui l’ont aidé à accéder au pouvoir, alors que pendant ce temps les ivoiriens vivent dans des conditions de plus en plus précaires. Vous aussi vous avez un devoir réparation vis-à-vis de notre pays et de nos populations, car vous avez une lourde responsabilité dans la souffrance des ivoiriens. C’est pourquoi, vous devez obliger Monsieur Ouattara à aller à la réconciliation, la vraie, celle qui doit réunir tous les ivoiriens autour de notre patrie commune. En tout état de cause, l’histoire nous jugera tous, parce que les conséquences de ce qu’on ne fait pas sont les plus graves.

En ce qui nous concerne, l’URIF est prête à contribuer à cette réconciliation que les ivoiriens appellent de tous leurs vœux, et qui devrait avoir comme préalable, la libération de tous les prisonniers politiques et le retour de tous les exilés, pour la reconstruction de notre pays qui ne doit laisser aucun ivoirien sur le bas-côté.

Fait à paris, le 03 juin 2017

Fait à Paris le 03 juin2017
Pour l’URIF
Le président
Michel Baroan

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