Soum Bill: Pourquoi maintenir 3100 personnes en prison et les gracier quand ils n’ont rien à y faire ?
© (City Hair Extension & Soum Bill) :Il s’agit de délits mineurs. Alors que quand on écoute des journalistes l’on peut faire un amalgame parce-que beaucoup donnent l’information comme si les 3100 prisonniers étaient tous des politiques

| Interview | Connection Iv - 04/01/2016

Côte d’Ivoire: En attendant l’album Zougloumanity Soum Bill se demande «Pourquoi emprisonner sans jugements?»

Bonjour Soum Bill à Paris. Vous faites subitement le Buzz sur le Net ivoirien et même africain en ce début d’année. Nous allons y revenir tout à l’heure. Parlez-nous de vos projets musicaux en 2016. Musicalement, artistiquement, que prévoit Soum Bill pour ses nombreux fans ?


oum Bill: Merci. Je voudrais commencer par présenter mes vœux les plus forts à tous mes fans qui me soutiennent en Côte-d’Ivoire et partout dans le monde. Musicalement, pour en venir à votre question, l’actualité pour nous c’est la sortie du nouvel album de 14 titres. Un album prévu pour décembre, mais qui sortira finalement en février 2016.

Qu’est ce qui explique ce retard ?

On va parler de retard technique. C’est juste du au fait que nous avions souhaité faire un travail propre et donc n’avons pas voulu faire les choses en petit en «bâclant» les travaux en studio pour une sortie en décembre. Nous avons compris qu’il fallait accorder suffisamment de temps à tous ceux qui participent à la confection de l’album. Les fêtes étant passées nous allons reprendre les travaux sur l’album avec les musiciens et les requins de studio.

A quels sons peut-on s’attendre ? Toujours du Zouglou, avec de nouvelles sonorités ?

C’est un album zouglou qui sera très coloré. L’album s’appellera Zougloumanity, c’est le Zouglou qui part à la rencontre de l’humanité. A la rencontre aussi de tous ceux qui n’ont peut-être jamais écouté du Zouglou. On a fait beaucoup de fusions dans les styles.

Et vos textes ? Ils sont toujours engagés politiquement, socialement ou allez-vous aussi aborder d’autres thèmes tels que l’Amour … ? Pour moi tout est engagement. Parler d’Amour ou de politique ou de faits de société, tout est engagement. L’album comportera effectivement des textes qui posent des questions sur le devenir de nos États africains, les questions d’injustice etc. Ça sera du Soum Bill en Zouglou tel que vous le connaissez depuis toutes ces années.

Vous avez un programme de promotion pour appuyer la sortie ?

Oui bien évidemment. En terme de lancement, l’album sera présenté ici en France, en Côte-d’Ivoire, au Cameroun, au Tchad, et dans d’autres pays qui ont toujours su donner une place au Zouglou. Des pays dans lesquels nous avons une grande audience. Ensuite, une tournée de promotion suivra à travers des spectacles en Afrique, en Europe et en Amérique. Au niveau du staff on réfléchit encore sur un calendrier qui sera communiqué en temps opportun.

Revenons à l’actualité évoquée en introduction à cette interview. Le samedi 2 janvier 2016 au matin les Internautes ont vu Soum Bill positionner un texte sur sa page Facebook. Soum Bill peut-il expliquer ce qu’il attend par «Pourquoi maintenir 3100 personnes en prison et les grâcier quand ils n’ont rien à y faire??? »

(Le ton devient plus sérieux) Ecoutez-moi mes motivations d’artiste restent toujours les mêmes. J’estime que pour un début de nouvel an il faut savoir se poser certaines questions et espérer avoir des réponses. D’après les échanges que j’ai eus après mon texte dont certains sont très politiques, je constate que bien des cas, les délits reprochés à certaines personnes qui bénéficient de la grâce ne sont pas forcement politiques. Il s’agit de délits mineurs. Alors que quand on écoute des journalistes l’on peut faire un amalgame parce-que beaucoup donnent l’information comme si les 3100 prisonniers étaient tous des politiques.

Zoum Bill n’a-t-il pas peur de fâcher des fans vu que le débat politique en Côte-d’Ivoire reste très polarisé ?

Moi, j’estime que toute envie de savoir est légitime. Accepter des faits qui ne sont pas toujours justes c’est accepter de continuer dans ce qui fâche. Et c’est ce qui pourrait poser le vrai problème. J’estime que tout débat mérite d’être posé et chacun à son niveau mérite de s’exprimer là-dessus, parce-que une Nation se construit par la contradiction. J’ai réfléchi à toutes les conséquences de mon poste sur Facebook. Je crois que l’artiste est d’abord un citoyen comme tout autre citoyen ivoirien. Je cherche à savoir. On parle de la réconciliation, mais est ce qu’il ne faudrait pas aussi reconnaitre qu’il y a eu des manquements, des erreurs ? Comment maintenir des gens aussi longtemps sans jugement en prison ? Je pense qu’il est donc nécessaire de pointer ces erreurs du doigt et espérer que cela soit corrigé. Juridiquement un vice de forme est une injustice. L’Etat de droit auquel nous aspirons tous passe par le débat afin d’éclairer les lanternes des uns et des autres.

Les deux dernières questions sont de Vladimir, une vieille connaissance à l’artiste qui assiste à l’interview.

(Vladimir) Que penses-tu de tous les messages d’encouragement, depuis le Ghana, depuis tous ces pays ? Des gens dont certains veulent à partir de ton message de ce jour, acheter tous les albums de Zoum Bill. C’est juste une exemple parmi tant d’autres.

(Rire) Sans avoir la science infuse, ma page Facebook est une tribune de réflexions. C’est pour permettre aux uns et autres de participer au débats. De se parler. Personnellement, j’apprends aussi beaucoup des écrits des uns et des autres. Je vous informe que tous les commentateurs de ce jour ont participé à l’écriture de la 14e chanson de mon prochain album.

(Vladimir) Et quel est ce titre ?

Tu veux que je te le dise vraiment ? (Rire) Ça s’appelle « Parle à mon Q… »!

Merci Zoum Bill pour l’exclusivité et à très bientôt !


          
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