Romy K. artiste musicien ivoirien: je traite de l’optimisme et du positivisme dans le titre "Demain"
© () : L’industrie musicale en Afrique est mal en point faute de structures et de promoteurs crédibles

| Interview | Correspondance -24/08/2015

Spirituel, positif et ouvert, ROMY K. est un artiste musicien au grand cœur. Ce chanteur ivoirien qui vit en France, sillonne l’Afrique, à la rencontre des cultures, pour apporter sa modeste contribution au rayonnement de la culture « Rasta ». En visite en Côte d’Ivoire, le « reggaeman », dont les accords de guitare rythment avec ses convictions, a accepté de nous partager sa bonne « vibe ».

Depuis combien de temps vous êtes-vous lancé dans la musique et pourquoi le REGGAE ?

J’ai acheté ma première guitare en 1984 avec ma bourse du lycée. Ensuite, j’ai monté un groupe de reggae à Gagnoa (ville de sud Ouest de la Côte d’Ivoire) qui n’a vécu que le temps des vacances. Disons qu’à cette époque j’étais déjà ami à une des plus grandes spécialistes du reggae dans le monde, Hélène Lee. C’est à travers ses reportages et ses écrits que j’ai mieux appréhender la philosophie et le mouvement rasta. En 1990, une fois installé à Abidjan, nous avons formé le groupe « LES NON-ALIGNÉS », basé à l’époque au terminus du bus 37. Le reggae a toujours fait partie de mon univers. En 2009, j’ai décidé de sortir mon premier album studio baptisé « FREE AFRICA » et distribué par le label « SO MUCH ». 2012 le deuxième album DUST AND TEARS suivit de ALL MINE un featuring avec la jamaicaine Jennifer Barrett.

Quels sont les sujets traités dans votre nouvel album ?

C’est un album de douze (12) titres, chanté en Bété, en Français et en Anglais. Je dénonce le racisme à travers « couleur de sang », l’immigration, la mauvaise gouvernance en Afrique « démons de la vallée » et bien sûr, je traite de l’optimisme et du positivisme dans le titre « Demain ».

Y a-t-il des africains qui interviennent dans l’arrangement ou la production de cet album ?

Le groupe ROMY.K & the TOGWEWA (qui signifie « guerrier » en langue bété) est composé d’Européens, d’Africains et de Caribéens. C’est donc un brassage de sonorités dans la pure tradition reggae roots.

Quand est sorti votre dernier opus et est-il disponible en Côte d’Ivoire ?

Mon dernier album DUST AND TEARS est sorti en 2013 sous le label APHRIKA-BEAT. IL n’est pas encore disponible physiquement en côte d’ivoire mais téléchargeable sur I TUNES. En 2014 toujours sous le label APHRIKA-BEAT, est sorti le single « ALL MINE » avec en featuring Jennifer Barrett .

Comment se passe les collaborations avec les artistes REGGAE ?

Il y a une très bonne « vibe » entre nous. En France, nous avons mis en place UNIVERSAL REGGAE FESTIVAL, qui a lieu chaque année et dont ce sera la 5ème édition cette année. Ce festival a accueilli l’honorable IJAH MAN LEVI, THE BANIANS, PABLO U WA, TAJ WEEKES de la sainte Lucie, ROMY.K, RAS DUMINSANI et pleins d’autres artistes Africains, Européens et Caribéens.

On sait que vous étiez récemment à Dakar. Quel est le motif de votre séjour à Abidjan ?

D’abord des vacances, voir ma famille les amis. Et aussi, pour promouvoir l’album DUST AND TEARS et le single ALL MINE. Enfin, cela va de soi, je suis à Abidjan pour soutenir la communauté RASTA avec laquelle je suis en contact, depuis des années.

On vous sait également engagé dans l’humanitaire. Pouvez-vous nous expliquer ce que vous faites concrètement ?

Nous avons notre association APHRIKA-BEAT, qui est aussi la structure de production, qui a mis en place Universal Reggae festival (URF) pour soutenir les « rastas » d’Afrique et principalement de Côte d’Ivoire, à travers le concept SOS RASTA VILLAGE. En 2010 nous avons signé un partenariat avec LE VILLAGE RASTA, avec pour ambition de les soutenir financièrement à développer leurs activités. En 2011 nous avons lancé SOS RASTA VILLAGE, le 1er festival dédié à la promotion du « RASTAFARI » en côte d’ivoire. En 2012, à notre grand désarroi, le village a été détruit. Il faut donc penser à sa reconstruction.

En 2013, 3ème édition de URF, à l’espace « cabaret sauvage » avec I JAH MAN LEVI. En partenariat avec notre partenaire KOALITICK, nous mobilisons le monde entier sur la cause du village, qui doit être reconstruit. L’ambassade de Côte d’Ivoire à Paris s’est jointe à nous. Ce fut un succès. Malheureusement, les sous récoltés lors du concert n’ont pas suffit à faire démarrer le projet.

Avez-vous le soutien des autorités publiques dans le cadre de vos actions sur le terrain ?

Bien sûr ! Nous avons le soutien des premiers concernés, les « rasta » eux mêmes. Nous les avons aidés à se reconstituer en association : ARAACI qui est notre premier partenaire en Côte d’ivoire. Nous sommes aussi heureux de constater qu’il y a une mobilisation totale et que de nouvelles entités nous ont rejoints. À ce propos, il est prévu d’organiser le 22 Aout, à l’espace « Parker Place » d’Abidjan, une caravane baptisée SOS VILLAGE RASTA, dont l’objectif est de sensibiliser à la construction du nouveau village.

N’avez-vous pas peur que vos projets personnels prennent le dessus sur votre carrière musicale ?

C’est un tout, je ne fais pas de différence entre mes projets et ma carrière musicale. Tout est lié.

Quel est votre regard par rapport à l’industrie de la musique en Afrique et du REGGAE en particulier en Côte d’Ivoire ?

L’industrie musicale en Afrique est mal en point faute de structures et de promoteurs crédibles. Le reggae, en Côte d’Ivoire, se porte bien, au vu de la quantité et la qualité de production.

Vous êtes en Côte d’Ivoire, ce n’est pas forcément le cas pour beaucoup d’artistes en exil. Que pouvez-vous dire à ce sujet ?

Moi je suis un artiste et pas un politicien. Je peux dénoncer les dérives d’un système sans toute fois prendre partie, pour l’un ou l’autre. Il faut faire des choix et les assumer. C’est aussi cela, la liberté.


          




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