Atitoh, la go choc
© () : L'histoire de cette femme, Fabrice Reine Zézé Sokaud (son nom à l’état civil), a commencé au milieu des années 80

| Musique | Top Visages -03/08/2015

Elle s’appelle Fabriss Atitoh. Depuis quelques temps, on parle de plus en plus d’elle dans le milieu musical ivoirien à Paris. Avant son arrivée à Abidjan pour la promotion de son disque, elle s’est confiée à nous.

« Avec sa voix ensoleillée, Frabiss Atitoh redonne à la musique bété toute la saveur originale de son univers chaud et rythmé. Comme l’illustre ‘’Béhi’’, son premier album. «Une généreuse et délicieuse invitation à chanter la vie, à danser la vie, à aimer la vie », comme dit Jean Paul ORO .

L'histoire de cette femme, Fabrice Reine Zézé Sokaud (son nom à l’état civil), a commencé au milieu des années 80. En ce temps-là, elle n’était qu’une petite écolière. La gamine participe à l’émission ‘’Appelez-moi Léo’’ de Tantie Léo sur la RTI (Radiodiffusion Télévision ivoirienne). En tant que représentante du quartier Dar-el-Salam de Bouaké, elle épate les téléspectateurs avec l’interprétation des chansons ‘’Adouma’’ et ‘’Aminata’’, deux classiques de la diva Aïcha Koné. Quelques après, elle s’exerce également aux arts du spectacle chorégraphique à travers l’émission de concours de danse ‘’Variétoscope’’ de la télévision ivoirienne (RTI). Avec le Nassa de Marcory. L’Arrivée de Gadji Céli Saint Joseph avec la chanson ‘’King SOLO’’ va la décider à se lancer dans la chanson. Elle décide de suivre les traces de Saint Jo. Et c’est tout naturellement que Gadji est aujourd’hui son parrain. Dans l’univers du show-biz de la diaspora ivoirienne en France, Fabriss Atitoh est une chanteuse qui monte en puissance. Dans son bel appartement de Vigneux-sur-Seine, au sud-est de Paris, elle a reçu Top Visages. Entretien.

• Bonjour Fabriss Atitoh. Je m’attendais à voir un homme lorsque j’ai entendu ton nom. Ça fait un peu garçon, non ?

- C’est une question d’habitude. Quand j’étais toute petite, on me prenait pour un petit garçon. Fabrice est l’un de mes prénoms à l’état civil. Mon père m’a donné ce prénom qui est celui de son ami français originaire de la Normandie. Et puis, je trainais avec les garçons. Je jouais très bien au football et mon père était fier des trophées que je ramenais à la maison. On ne parlait que de moi : voici la fille qui joue au foot comme un garçon ! Atitoh, c’est le petit nom que mes amis m’ont donné. Lorsque je suis devenue artiste, j’ai préféré garder ce nom en hommage à mes amis d’enfance avec qui j’ai partagé quelques uns des plus beaux moments de mon adolescence. Freddy Assogba a transformé l’orthographe de Fabrice en mettant deux «S» a la place du «CE» ce qui a donné Fabriss.

• Voici deux ans que ton premier album ‘’Béhi’’ est sur le marché du disque. Satisfaite ou déçu ?

- Je suis satisfaite. J’ai la chance d’être bien entourée. J’ai comme parrain Gadji Céli qui m’a beaucoup encadrée. Il y a eu des personnes comme Olives Guédé qui m’ont également bien accueillie dans le milieu. Tout comme la presse afro-caribéenne, avec en tête un certain Robert Brazza qui me surveille comme du lait sur le feu. Toutes ces personnes ont adhéré à mon concept.

• Quels sont les thèmes que tu développes dans ce disque ?

- Je chante les choses de la vie. Par exemple, à travers la chanson Na Lorouwa, je m’adresse aux beaux-parents encombrants qui fourrent leur nez dans les affaires des foyers de leur enfant. Une fois qu’un enfant a grandi et qu’il est en couple, ce ne sont pas ses parents qui vont lui faire à manger ou qui vont lui donner des enfants. J’exhorte les époux à donner des conseills à leurs parents pour ne pas détruire leur ménage. Dans Saime Nani (Occupe-toi de ce que te concerne). C’est l’histoire des personnes qui passent leur temps à parler de la vie d’autrui comme s’ils étaient sans reproche. Tu dis que mon époux découche, toi qui n’est pas mariée, comment sais-tu que mon homme ne dort pas chez nous ? C’est qu’il était chez toi ! Alors, parle un peu de toi. Et puis, je suis très sensible à la cause des enfants. Mon rôle est aussi de sensibiliser les gens sur le phénomène de la maltraitance des enfants. Je le dis dans le titre Youlé. Il faut s’occuper des enfants car ils n’ont pas demandé à naitre. Il y a au total 8 titres sur l’album.

• La vie de tous les jours, rien que ça ? Ce n’est ce que j’ai entendu. Tu sais, j’écoute aux portes.

- (Sourire) Et les portes t’ont dit quoi ?

• Que tu serais une artiste engagée ?

- Ça, c’est vrai, tu écoute bien aux portes. Mais ce n’est pas bien d’écouter aux portes. Cela dit, je milite activement au sein de l’Association de Filles de Gubéroua où, chaque année, nous organisons une soirée à l’issue de laquelle nous utilisons nos recettes pour poser des actes au profit des populations de notre région en offrant des kits scolaires aux élèves, des produits de premières nécessités au dispensaire de Gubéroua. Nos allons construire un préau qui va servir de salle d’attente à ce dispensaire, parce que lorsqu’il pleut, les patients sont sous la pluie. Là où faut mener des actions sociales pour le bien-être de la population, on croisera Fabriss Atitoh. Oui, je suis une artiste très engagée dans les causes sociales.

• Et l’engagement politique ?

- Dis-moi, est-ce que je peux me lever pour dire que je suis journaliste si je n’ai pas appris le métier ? La politique est un métier et je ne l’ai pas appris. Même si mon père, Zézé Félix, était un politicien chevronné de la région de Guibéroua, même s’il a été un compagnon de lutte du président Houphouët au PDCI RDA. Mais la politique n’est pas héréditaire, c’est un métier. Le métier que j’ai appris, depuis toute petite, c’est la danse, la musique. Et j’avance à mon rythme. Je ne suis pas outillée pour faire de la politique. Sinon, je mène ma politique dans l’humanitaire, dans le social pour mes frères et sœurs qui on besoin de moi.

• Tes parents ne voulaient pas que tu fasses de la musique. Pourtant, tu t’es obstinée à la faire.

- J’ai toujours voulu faire de la musique. Bien sûr, ça n’était pas du goût de mes parents. Pour eux, c’étaient les études ou rien. Je n’ai pas écouté parce que la musique, c’était plus fort que moi. Mon père a fini par lâcher prise. C’était un peu comme si j’avais désobéi à la famille, parce que personne n’a accepté mon choix, malgré que je poursuivais mes études. Une fois arrivée en France, je me suis dit qu’il fallait que je répare le tort que j’ai causé à mes parents. J’ai continué mes études. Comme ça, au moment venu, personne ne dira rien si je me remets à nouveau à la musique. J’ai bossé pour asseoir une autonomie et une stabilité familiale. Je me suis occupé de mes parents. Lorsque j’avais toutes les cartes en main, j’ai produit mon album. Toute ma famille était fière de moi le jour de ma dédicace. J’ai réalisé mon rêve avec, cette fois, la bénédiction de mes parents.

• Tu avais une activité avant de te mettre véritablement à la chanson. Depuis que tu es entre deux avions pour les différents spectacles, as-tu mis ton travail au second plan ?

- Non, il faut respecter ce qui t’a donné à manger. Pour moi, ça n’a jamais été un emploi de subsistance. C’est cet emploi qui m’a permis de m’occuper de ma famille et qui m’a permis de produire cet album. Sans ce boulot, avec la crise des producteurs, je n’aurais jamais réalisé mon rêve.

Par Carino DE DIMI à Paris
carino_ad@yahoo.fr

Souce : www.topvisages.net


          




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Les Garagistes à paris le 13 Novembre 2015
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