Lutte contre la vie chère/Micro Trottoir :  » Nous avons le sentiment d’être livrés à nous-mêmes « 

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Mon problème porte sur les loyers. L’État, depuis quelques mois, a pris la décision de réduire le nombre de mois de caution à verser avant d’occuper une maison. Mais la réalité est tout autre.
Djédjé Médard Guy, commercial
« Nous avons le sentiment d’être livrés à nous-mêmes »
Mon problème porte sur les loyers. L’État, depuis quelques mois, a pris la décision de réduire le nombre de mois de caution à verser avant d’occuper une maison. Mais la réalité est tout autre. Lorsque les propriétaires de maisons sont appelés à respecter les dispositions de l’État en la matière, ils nous répondent que ce n’est pas lui qui a construit leurs maisons. Ils fixent donc les cautions, au lieu de deux à trois mois par exemple, à cinq mois. Que fait l’État pour les contraindre à respecter les décisions qu’il prend ? Rien. En vérité, nous avons le sentiment d’être livrés à nous-mêmes. La situation est donc critique. C’est un cri du cœur, un appel que je lance aux autorités pour aider les populations que nous sommes.

Amon Dominique, diéséliste
« Nous ne sentons rien »
Nous sommes informés de la décision du gouvernement visant à plafonner les prix de certains produits de grande consommation. Mais depuis la prise de cette décision, sur le terrain, nous ne sentons rien. Les lignes n’ont pas bougé. Nous qui allons au marché, surtout nos femmes, nous constatons que le prix de l’huile, du riz et bien d’autres produits n’a pas encore changé.
Pour ce qui est du loyer, c’est encore plus grave surtout avec le prix des loyers et le nombre de mois de caution à verser. Nous recommandons à l’État de contraindre les commerces à respecter les prix. C’est difficile pour les Ivoiriens. Il est très important que les décisions du gouvernement s’appliquent.

Konaté Abdoulaye, transitaire
« Déployer des équipes sur le terrain »
L’État prend des mesures qu’il n’arrive pas à faire respecter. Lorsque les produits entrent au pays, ils passent chez les grossistes, ensuite chez les détaillants, puis chez le consommateur final. Tant que les prix avec les grossistes seront toujours élevés, rien ne va changer, malgré les décisions prises. Le vrai travail doit commencer au niveau des grossistes. L’État, en plus d’accompagner ces commerçants, devraient constamment déployer ses équipes sur le terrain pour vérifier à tout moment les prix sur les marchés, dans les petits commerces, les quartiers mais aussi dans les grandes surfaces. Le gaz B6, par exemple, est à 1800 FCfa, mais on le retrouve sur les marchés à au moins 2200. Chacun fixe ses prix. Ce n’est pas bon.

Dia Odette, ménagère
« C’est difficile »
Aucun prix n’a baissé. Quand je vais au marché, je constate que les prix sont identiques, malgré la mesure gouvernementale. Le riz, la tomate, l’huile, ce sont des produits qu’on ne peut plus acheter en raison de leurs prix. C’est difficile. Il est vrai qu’à la télévision, nous avons appris la nouvelle du gouvernement, mais rien n’a changé sur le terrain. Le ministère doit se rendre tous les jours dans nos marchés, si l’on veut vraiment faire respecter les prix. Sinon, il sera difficile pour le gouvernement de faire respecter les décisions qu’il prend. Nous avons besoin de voir les prix diminuer car nos familles doivent manger et se loger dans de bonnes conditions.
Kouakou Akissi, ménagère
« Les décideurs doivent agir efficacement »
Depuis que je vais au marché, les prix n’ont pas baissé. Malgré la nouvelle mesure du gouvernement, c’est le même constat pour le riz, les aubergines, la viande, l’huile et la bouteille de gaz dont le prix a récemment connu une hausse. De 2200 FCfa, la bouteille B6 est passée à 2500. Les décideurs doivent faire quelque chose, ils doivent agir efficacement. C’est pourquoi nos regards sont tournés vers l’État pour nous aider à sortir de cette situation pénible. Du fait des prix élevés, nous avons toujours du mal à faire nos achats. Chaque jour, c’est un peu avec la peur au ventre qu’on se rend au marché, car les prix peuvent à tout moment flamber.
Kouadio Ahou Rosine, commerçante
« Les prix avec les grossistes sont élevés »
Actuellement, je vous avoue que nous ne pouvons même pas nous offrir un sac de riz. Le constat est que rien n’a diminué. Le prix du gaz B6 est aujourd’hui à 2500 FCfa. Nous apprenons que les acteurs du secteur sont en grève, que le gaz manque sur les marchés. Ce n’est pas normal. Pour la tomate, le kilogramme oscille entre 2500 et 3000 FCfa. Tout est cher. Les prix avec les grossistes sont élevés. Conséquence : les prix au détail sont également chers. Le litre d’huile qui était fixé à 800 est passé à 1000 FCfa. La situation est critique. Les prix doivent diminuer pour que nous puissions vivre mieux. L’école des enfants, le loyer, la nourriture, nous sommes appelés à faire face à tout cela. Malheureusement, tout augmente malgré les décisions. Si je vais seule me plaindre du prix du gaz qui a augmenté, rien ne va changer.
Propos recueillis par
ANOH KOUAO
Fratmat.info

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