Une réalité triste, malheureuse révoltante et d’une répugnance qui donne la nausée.

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UNE DECISION QUI AFFLIGE: CYNISME EHONTE, CONDESCENDANCE MALSAINE ET INIQUITÉ NOCIVE

Laurent GBAGBO est maintenu en prison. Oui, le Président Gbagbo est maintenu en prison. Telle est la réalité de la chose. Une réalité triste, malheureuse révoltante et d’une répugnance qui donne la nausée.
Voilà ce que déclare le juge commis à l’exécution de la sale besogne et véritable bras séculier d’une logique dont le mérite est d’être constante, conséquente et surtout en phase avec elle-même depuis des siècles et des siècles :
« La chambre d’appel décide d’annuler la décision remise en question et ordonne à la chambre de première instance de mener un nouvel examen quant à savoir si M. Gbagbo devrait continuer à être détenu ou devrait être libéré avec ou sans conditions »

Une décision inique

Cette décision a été parée d’un habillage qui n’est rien d’autre qu’un adjuvant visant à rendre la potion moins amère et moins douloureuse pour la majorité du peuple ivoirien.
Malgré tout, force est de constater que la douleur est là, plus atroce et plus implacable que jamais. N’en déplaise à ceux qui à la défense du Président ivoirien et qui de fait se nourrissant grassement sur le dos de bête, veulent y voir une avancée significative :
« La chambre de première instance, ces juges qui vont décider de son maintien en détention ou pas, vont désormais devoir tenir compte de critères objectifs… »
Mon œil !
Le plus déroutant dans l’histoire est que certains militants de la libération d’une Côte d’Ivoire sous occupation, contre toute attente mettent leurs pas dans les pas des précédents en s’employant avec empressement à y voir eux aussi une victoire arguant que ceci :
« Les juges de la chambre d’appel ont simplement refusé de corriger (ou d’humilier) leurs collègues du tribunal de première instance en charge du dossier Gbagbo. Les juges d’appel suggèrent à leurs collègues, bien respectueusement, de se ressaisir en prononçant d’eux-mêmes cette mise en liberté provisoire »
Mon Dieu ! Nous nageons décidément en plein cauchemar.
Une lecture qui en vaut une autre : il n’y a pas pire aveugle que celui qui refuse de voir

C’est là, selon nous, une lecture qui en vaut une autre et pourquoi pas d’autres. Et cela donne son plein sens au dicton populaire qui dit qu’ « il n’y a pas pire aveugle que celui qui refuse de voir ».
On ne connaît que trop la ruse et la perfidie dont « ces gens-là » ont toujours fait preuve pour arriver à leurs fins.
A la décharge des personnes qui ont cette lecture à « optimisme surdosé » et dont pour certains l’engagement dans la défense des libertés semble sincère qu’il y a incontestablement besoin d’insuffler un brin d’espoir au peuple en attente du retour de son Président de l’Enfer.
Dans le fond, force est d’avoir conscience que « ces gens-là » sont en train de tuer à petits feux un homme. Cette machine infernale, broyeuse d’élans de perspectives négro-africaines depuis des temps immémoriaux sont en train de tuer Laurent Gbagbo à doses homéopathiques.

Une constance dans la ruse, le cynisme et la perfidie : il faut appeler un chat un chat.

N’est-ce pas, par cette même logique de ruse et par leur capacité à en donner une lecture « optimiste » à coups d’intellectualisation poussée à l’extrême, que certains se sont employés à faire que la Côte d’Ivoire en est arrivée à aller à des élections alors même que toutes les conditions d’un désastre sans précédent étaient là, patentes sous nos yeux. Nous pourrions multiplier les exemples qui, pour le moins, dans le genre abondent.
Aussi, convient-il à un moment donné d’appeler un chat un chat. Laurent Gbagbo est en train d’être exécuté purement et simplement à petit feu par la Cour Pénale Internationale sur la base d’un dossier vide.
En mettant de façon insidieuse en avant la question de son âge et de sa santé relatives à des « maladies qui l’affectent tant physiquement que psychologiquement »., ces «gens-là » préparent en toute conscience, les esprits à recevoir la mort programmée du Président Laurent Gbagbo comme normale car naturelle.

Que dire d’autre de cette détention abusivement préventive qui dure depuis six années si ce n’est une condamnation ? Puisqu’il est toujours privé de liberté .

De l’art de faire de l’anormalité la norme à admettre

La Cour pénal internationale reconnaissant que les décisions antérieures sont émaillées d’erreurs et que le temps passé en prison par le Président Laurent Gbagbo n’est pas normal au regard du fonctionnement normal d’une justice qui se présente comme normale, il serait normal de lui faire recouvrer une liberté normale pour qu’il regagne tranquillement et de façon normale son pays et retrouver sa famille et son peuple normalement.
Mais contre tout entendement elle a décidé de le maintenir en prison empruntant de fait le chemin de la fuite et de la déraison. Au-delà, de ce qui n’est rien d’autre qu’un habillage juridique qui dissimule avec beaucoup de peines son caractère hypocrite et pervers, la réalité est là.
Il n’est pas normal de ne pas la voir.
Cette réalité s’appelle : Injustice. Injustice faite à un homme, Laurent Gbagbo. Injustice faite à un peuple, le peuple de Côte d’Ivoire.
Il y a maintenant plus décennie les ivoiriens étaient confrontés à cette même horreur, à cette même injustice. Certains pays après s’être autoproclamés « Communauté Internationale » versaient à grands flots, le sang de milliers d’ivoiriens en s’empressant de maquiller ses crimes de tous les artifices espérant ainsi inverser les responsabilités devant l’histoire.

Une épuration qui ne dit pas son nom et accompagnée d’une misère sociale
Face à cela, le peuple de Côte d’Ivoire a refusé de plier l’échine. Il ne s’est pas laissé aller à la résignation. Et il a eu raison. Il s’est mis tant bien que mal au travail pour mener le combat de la résistance. Cette résistance se conduit aujourd’hui de façon pacifique mais déterminée. Elle a, à travers le monde selon les lieux, des multiples visages, de multiples formes, dépouillée de tout acte de violence. C’est dire que la réserve de courage et d’énergie qui habite les ivoiriens est à la dimension de l’injustice qui leur est faite. Chaque jour le peuple de Côte d’Ivoire paye au prix fort les turpitudes d’un régime. Ces ignominies sont faites: d’assassinats d’opposants vite maquillés en brigandages, de discriminations ethniques et d’apartheid administratifs déclinés sous la douce appellation de rattrapage, d’inflation galopante, de chômage culminant, d’inégalités croissantes, de dirigisme politique et administratif, de serviles soumissions aux intérêts de sociétés étrangères. Les médias nationaux sont aux mains et aux ordres du pouvoir absolu d’une clique. L’armée ethno-tribale règne en maîtresse et de façon arrogante.

Malgré ce décors tout en tragédie, qui sous d’autres cieux auraient poussé certains à des actes extrêmes la résistance ivoirienne reste raisonnable. Elle reste raisonnable car elle reste persuadée que ce n’est que par la raison qu’on peut porter l’idée de l’espérance. Cette espérance incarnée dans le principe de la refondation de notre pays. Oui, vous avez bien lu, La refondation !
Une refondation qui dans notre entendement est loin d’être celle de ces « opportunistes » et autres vautours que les ivoiriens ont vu à l’oeuvre et qui les ont littéralement livrés en pâture en espérant sauver leurs fortunes rapidement amassées.
La Refondation, car la Côte d’Ivoire reste un pays à refonder dans ses bases fondamentales : économiques, culturelles, morales, sociales, etc.
C’est pour cela, que cette nouvelle condamnation d’un peuple – car c’est bien de çà qu’il s’agit – maquillée sous des artifices faits de juridisme vaseux et d’un verbalisme creux ne doit en aucune manière ébranler la résistance qui doit poursuivre son action sur le travail, d’approche honnête des faits et du dialogue face a ceux qui ont choisi répéter la vacuité la main sur leurs encriers remplis de sang mais aussi de ceux du haut de leurs rutilants buildings qui ont fait de la justice une arme mercenaire pour asservir davantage notre peuple.
Ce qui vient d’être décidé par la cour pénale internationale est pour le moins honteux, indigne, dégoutant, injuste, écœurant, révoltant.
Mais le temps étant l’autre nom de dieu, gardons espoir qu’un jour la Côte d’Ivoire deviendra libre, véritablement libre.
En attendant, ne faut-il pas demander à la défense de se désengager purement et simplement d’un processus qui est tout sauf de justice !

Dr Kock Obhusu
Economiste

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