Lucson Padaud : Ce maxi single est ma contribution à la réconciliation nationale

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Le précurseur du ‘’Labalaba’’ parle de son nouveau produit dont la présentation officielle aura lieu le 19 mai.
Vous signez votre retour sur la scène musicale avec le 20e album de votre carrière. Qu’attendez-vous offrir aux mélomanes ?
C’est un album de 10 titres intitulé ‘’Hymne à la Paix’’ dont la sortie se fera en deux étapes. Pour la première phase, nous avons extrait 3 titres à l’idée d’en faire un maxi single dont la présentation officielle aura lieu le 19 mai prochain au Pam’s, au Deux Plateau. La sortie de l’album complet est prévue pour le mois d’octobre.
A quoi répond cette stratégie ?
Mon orchestre, ‘’Les frère Sehia’’, et moi, avons décidé d’apporter notre contribution à la réconciliation nationale. Car, sans paix il n’y a pas de développement. C’est pourquoi, le titre phare de ce maxi single est intitulé ‘’Houphouët’’. Ce grand apôtre de la paix qui est pour moi une boussole comme le général De Gaule l’est pour les Français. Quand on est tourmenté, il faut se tourner vers Houphouët-Boigny, se replonger dans sa pensée et sa philosophie de paix, de dialogue et d’unité, afin que les filles et fils de Côte d’Ivoire se retrouvent. Ensuite, il y a le titre ‘’Dis-moi que tu m’aimes’’, une chanson d’amour dédiée aux femmes qui tiennent une place très importante dans ma vie. Et enfin ‘’Confidence’’ qui appelle au respect de la confidentialité dans les rapports humains. J’invite donc tous mes fans à effectuer nombreux le déplacement au Pam’s pour qu’ensemble nous chantions l’hymne de la paix. Au sortir de ce spectacle, je souhaite que chacun reparte chez lui avec un message de paix pour son voisin.
Votre musique a la particularité de toucher toutes les générations. Quel est votre secret ?
Vous savez, la musique est une question de vision. Moi, je suis auteur, compositeur et musicien. Dans l’écriture de mes chansons et l’élaboration de ma musique, je tiens compte de l’environnement qui est en perpétuel mutation. Chaque fois que les choses évoluent, je m’adapte moi aussi. Dans ma vision, je vois la jeunesse et l’ancienne génération danser au rythme de ma musique. C’est donc cette vision-là qui guide mes compositions. De sorte que jeunes et vieux se retrouvent dans ce que je fais. Je ne m’enferme pas dans une logique régionaliste. Je fais en sorte que l’Agni, le Lobi, l’Attié ou autres ethnies de la Côte d’Ivoire, se retrouvent dans ma musique et chantent mes chansons. Je m’inscris donc dans l’ouverture musicale.
Vous êtes l’un des derniers adeptes de la musique tradi-moderne qui fait encore l’actualité. Après les grandes années de gloire, cette musique est en perte de vitesse. Comment expliquez-vous ce fait ?
La musique tradi-moderne n’est pas soutenue. Pourtant, elle constitue la base des musiques urbaines qui font aujourd’hui la fierté du pays. Je pense qu’il manque une réelle politique nationale de valorisation de nos musiques du terroir. La presse ne nous soutient pas, la télé est inaccessible, car, au-dessus de nos modestes bourses. Il n’y a plus de producteurs, ni de sponsors ni de mécènes. Au point que certains jeunes, qui essayaient tant bien que mal de poursuivre le mouvement, se sont installés en France pour se refaire une nouvelle vie. La flamme musicale est toujours là, mais, il faut bien trouver de quoi vivre. Les temples mythiques de la musique tradi-moderne ont tous disparu. Bref, tous ces facteurs contribuent à cette perte de vitesse. Moi, si je suis encore là, c’est parce que je suis né pour cette musique-là. Je mourrai artiste. Donc, je continue d’avancer.
On peut donc craindre pour la relève ?
Chaque chose en son temps. La relève se fera seule. A preuve, moi, je chante avec mes enfants. D’autres jeunes talentueux existent. Tout est question d’opportunité. Quand le moment du réveil de la musique tradi-moderne sonnera, la relève viendra.
Beaucoup de jeunes artistes, notamment Billy Billy, Espoir 2000, les Leaders…ont repris vos chansons. Quel est votre sentiment ?
C’est une véritable fierté pour moi de savoir que je constitue une source d’inspiration pour la jeunesse. Cela me motive à travailler davantage. A ce propos, je suis tenté d’ailleurs par un partage d’expérience avec eux. Je vais les inviter à contribuer à un maxi single. Chacun viendra avec sa sensibilité et nous allons proposer quelque chose qui plaise à la fois à la jeunesse et à l’ancienne génération. Ce sera une fusion de genres musicaux et je reste convaincu que ce sera une belle expérience musicale.
A quand le grand concert de Luckson Padaud ?
Avec cet album, nous sommes en train de préparer quelque chose. Déjà en France, je vais me frotter au Bataclan. Ensuite, ce sera Abidjan pour le grand show à la salle Anoumabo du Palais de Culture de Treichville. Nous allons donc prendre le temps de bien promouvoir l’album et travailler sereinement sur la préparation de ces concerts. Mais avant, j’invite encore une fois tous mes fans au Pam’s ce vendredi 19 mai, pour la présentation officielle de mon maxi single.
Interview réalisée par SERGES N’GUESSANT

fratmat.info

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