Mutineries : Le parti de Ouattara suspecte un complot

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Côte d’Ivoire: «Profondément meurtri», Ouattara n’oubliera jamais ces mutineries de la honte, son parti suspecte un complot

Soutenu depuis l’opposition par la rébellion armée de 2002 évoluant sous plusieurs appellations le long de la crise militaro-politique jusqu’en 2011, Ouattara est à son tour éprouvé par les hommes en armes, amis d’hier.

Seule la durée et l’extraction du fauteuil présidentiel font la différence jusqu’ici.
Sinon psychologiquement autant que ses deux derniers prédécesseurs politiques, le président Ouattara avoue lui même avoir été « profondément meurtri » par les soulèvements des militaires et leurs corollaires de grognes sociales.

A quelques pas d’une éventuelle alternance en 2020, la stabilité du pays est en permanence remise en cause. Les mutineries successives et la montée des violences dans le nord du pays deviennent un camouflet pour l’actuel Président.

Durant les premières mutineries, « Fanta » a préféré l’éteignoir.
Un silence qui en disait long vu la rude bataille pour le positionnement médiatique et diplomatique du pays.
l’opposant d’hier, jouissant du prestige d’une carrière dans plusieurs institutions internationales n’a pas hésité à mettre son carnet d’adresse au service de l’Etat bien avant son accession au pouvoir.
Économiquement, l’admission au programme PPTE et ces avantages liés, sans compter cette croissance distinctive font office de témoignages.
Cependant politiquement, l’histoire n’oublie pas cette greffe puante avec la rébellion de 2002, menée en grande partie par les mêmes instigateurs du putsch de 1999. Les marques et les traces de ce passé deviennent très gênants.

Presque deux décennies après la plus rude bataille des douze chantiers de l’éléphant d’Afrique et l’enlisement de la refondation, horizon de l’émergence ne cesse d’être obstrué par la grande muette.

La Côte d’Ivoire démontre qu’elle a sérieusement besoin de réconciliation, avant de remplir ses caisses.

Le porte-parole du RDR dénonce un plausible complot contre Ouattara

Dans la vague d’indignations exprimées suite à la reprise des mutineries dans plusieurs villes du pays, le Ministre Joël N’guessan par ailleurs porte-parole du RDR soulève plusieurs interrogations sur l’échec de l’accord présidentiel avec les militaires membres des 8400 protestataires.

« Le président Alassane Ouattara n’a-t-il pas été induit en erreur de manière involontaire ou volontaire ?  » brandit en réflexion, le porte-parole du RDR, Joël N’guessan.

Les étonnements au sommet de l’Etat depuis la reprise des mutineries ont été suivis par une réunion d’urgence du CNS (Conseil National de Sécurité) présidé par le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara.
Le chef d’Etat Major a averti de « sanctions disciplinaires sévères ».

Par ailleurs, pour Joël N’guessan « le moment est venu d’identifier clairement les véritables meneurs de cette fronde des hommes en armes ». Et d’ajouter « que les masques tombent enfin sur cette crise interminable des hommes en armes ».

Situer les responsabilités de ce camouflet revient comme une condition sine qua non pour ne plus revivre cette crise selon le porte-parole du RDR.

« Nous restons convaincus que c’est à cette seule et unique condition que nous pourrons trouver des solutions durables à cette crise qui n’a que trop duré. Les ivoiriens, dans leur grande majorité sont fatigués. Nous voulons vaquer à nos occupations sans avoir la peur au ventre » a-t-il soutenu.

Depuis janvier 2017, le pays est apeuré et la sécurité est menacée par des soulèvements de militaires de l’ex rébellion.

Saxum, Abidjan

Koaci

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