Entretien sur le foncier rural en Côte d’Ivoire: Gisèle Dutheuil reçoit Ivorian.Net

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Photo: Fernando Zéguiba - ©Ivorian.Net - entretien avec Gisèle Dutheuil sur le foncier rural en Côte d’Ivoire 25 septembre 2018 - Mme Gisèle Dutheuil Directrice de Audace Institut Afrique - responsable des relations avec les médias du projet www.libreafrique.org

Mme Gisèle Dutheuil Directrice Audace Institut Afrique était en exclusivité sur Ivorian.Net pour parler du foncier rural en Côte d’Ivoire. Elle a reçu notre équipe dans le bureau de son institut sis le Plateaux résidence Neuilly. C’est aux environs de 14h30 que l’équipe prend place. L’entretien est mené par Oka Junior de Ivorian.Net

Junior Oka: Bonsoir Mme Gisèle Dutheuil. Merci d’avoir accepté de nous recevoir. Avant de rentrer dans le vif du sujet, que devons nous comprendre par foncier rural ?

Gisele Dutheuil : c’est un domaine qui est défini par exclusion en Côte d’Ivoire. C’est toujours un débat urbain ou il faut réclasser et autres déterminés comme étant le foncier rural.

J.O.: Quel est l’état des lieux qu’on pourra faire en Côte d’Ivoire ?

G.D: L’etat des lieux est simple, il y’a plus de 96 pourcents des terres qui actuellement ne sont pas certifiées en Côte d’Ivoire donc ce sont des terres qui ne sont pas dans le floue absolu, qui sont gérées et régies par le droit coutumier.

J.O: Comment le avez-vous vous ?

G.D: Il y a pas mal de conflits quand même et de problèmes et donc il y’a beaucoup d’initiatives de la part du gouvernement et de différents bailleurs, l’Union européenne et la banque mondiale pour tenter d’améliorer la sécurité foncière dans les villages puisqu’on sait que le foncier et la sécurité alimentaire sont terriblement liés.

J.O: Parlez nous de votre institut, quand et de quel volonté est-il née ?

G.D: Il est née d’un constat simple, c’est que la liberté a du sens, la liberté créé de la richesse, tout le monde défend la liberté mais dès qu’il s’agit d’appliquer des politiques liées à la liberté tout le monde s’enfuie et pourquoi, voilà donc il y’a certains formatages intellectuels, peut-être un manque de connaissance de l’intérêt de la liberté donc l’Institut date de 2010 et vise à démocratiser concrètement la liberté notamment à travers la liberté d’entreprendre, l’environnement des affaires, la création des richesses par le secteur privé, par les individus de manière à ne pas entendre tout le développement des états qui font leurs parts mais qui ne peuvent pas tout faire, voilà donc c’était ça le début de cette réflexion.

J.O: Quand on parle du foncier rural en Côte d’Ivoire, il y’a une loi qui ressort celle de 1998, pourquoi fait-elle polémique et que dit cette loi?

G.D: Cette loi ne fait pas polémique, la loi est bonne mais peut-être pas dans le contexte ivoirien parce qu’elle prône un état ultime au niveau de l’accession du titre foncier la propriété privée individuelle, alors qu’on sait que dans le contexte la propriété est plus familiale et collective. Le seul problème c’est sa mise en oeuvre qui est trop coûteuse et qui fait qu’actuellement les villageois concernés n’ont pas les moyens d’obtenir le certificat foncier. Donc c’est en ce sens que la sécurité foncière a du mal à avancer en Côte d’Ivoire. Alors après Ce que nous pronons à Institut Audace-afrique c’est de faire en sorte que les titres fonciers collectifs et familialiaux puissent être acceptés, que la loi puisse évoluer finalement vers une compréhension plus contextuel de la notion de propriété pour les ivoiriens.

J.O: Es-ce qu’elle ne va pas un peu contre le droit coutumier ?

G.D: la première étape vise à reconnaître le droit coutumier

J.O:Peut-on affirmer qu’il y a un manque de volonté politique ?

G.D: Manque de volonté politique peut-être au niveau du coût, si l’État prenait en charge les certificats fonciers, il y aurait une grande partie du territoire qui pourrait être couverte, donc je pense que s’il y avait la volonté à dégager les fonds pour certifier les terres des villageois, d’autant que la connaissance des terres c’est aussi un attribut de la Souveraineté du pays donc ça aurait du sens si l’État puisse prendre en charge.

J.O: Quelles sont les solutions que vous proposez à votre niveau ?

G.D: Ce que l’on propose, on constate que le Gouvernement n’a pas les moyens pour certifer toutes les terres et les villageois peuvent pas eux mêmes faire le travail, les villageois ont la connaissance traditionnelle de la délimitation du territoire, actuellement le cadastre se sont les Chefs de terres, les Chefs traditionnels ont la connaissance locale, donc l’objectif de notre programme grâce aux nouvelles technologies les moins coûteux possibles, avec les GPS, les smartphones créér les cartes du village qui font qu’enregistrer les connaissances traditionnelles du village. À partir de cette base crédible avec un déménage social, c’est-à-dire un travail sociologique pour discuter entre les propriétaires coutumiers et les acteurs dans le village pour savoir qui a installé qui, qui a créé le village, toutes ces connaissances sont enregistrées et apparaîssent sur une carte de village. Alors c’est cette base là qui va permettre d’accélérer la certification des terres. Et avant même la certification c’est un outil qui va aider la Côte d’Ivoire dans sa phase de transition entre le droit coutumier et le droit moderne et le cadastre national.

J.O: Nous sommes au terme de notre entretien, si on devait retenir quelque chose concernant le problème foncier?

G.D: Dans un premier temps pour aider les villageois, il faut passer au papier et comprendre que le papier n’est pas un manque de confiance.
Rappelons que Mme Gisèle Dutheuil était assistée dans cet entretien par Mr Hermann Hokou, responsable du Comité Scientifique de Audace Institut Afrique.

Entretien réalisé
par Junior Oka,
Fernando Zéguiba Lepregnon,
Mireille Libio
Pour ©Ivorian.Net

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