Festival de la Rochelle: Invisibles, l’inédite série ivoirienne décroche son premier prix

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Alors qu’il ne sera diffusé seulement que le 29 octobre prochain sur Canal+, le téléfilm produit par Tsk studios est primé en France.

« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre d’années », a dit dès décembre 1636, Pierre Corneille dans Le Cid. Le propos du dramaturge français s’adapte à Invisibles qui à peine proposé par Canal+ qui en assure la Coproduction, a raflé, le week-end dernier lors de la cérémonie de clôture de la 20e édition du festival de la Fiction télé, le prix de la meilleure fiction francophone étrangère au festival de la Rochelle, ville portuaire de France.

Outre le coproducteur, le producteur lui aussi est jeune mais chargé de promesses. Tsk Studios, producteur ivoirien qui s’était déjà essayé avec Le mec Idéal, avait été primé au Fespaco. Alex Ogou, le réalisateur est lui aussi primé dès sa deuxième série, après Top Radio, produit lui aussi par Tsk Studios. Que dire des acteurs principaux du film, tous des non professionnels et des jouvenceaux. Mieux depuis 20 ans, c’est le Québec qui faisait la course en tête dans cette catégorie.

La Côte d’Ivoire vient de mettre fin à ce règne. Invisibles devance aussi des films africains. D’abord « River Hôtel » (Rdc) qui raconte l’histoire de Marco Mfalme, un riche homme d’affaires congolais, prospère dans l’hôtellerie de luxe, diffusé actuellement par TV5 Monde. Devance également « Oasis » (Togo) produit par la battante Angela Aquereburu, soutenu lui aussi, par le Fonds Image de la Francophonie et dont l’histoire se passe dans un complexe immobilier, témoin du quotidien de gestionnaires de résidence et de leur manager à travers leurs interactions avec leurs locataires excentriques. Ce complexe est en péril quand une nouvelle gestionnaire intègre l’équipe sous de faux prétextes.

Des thèmes intéressants mais qui ont certainement eu du mal devant Invisibles une série audacieuse et puissante qui aborde la question des « microbes », ces enfants de la rue ultra-violents en suivant la descente aux enfers de Chaka, un enfant issu d’une famille de la classe trop modeste dont les parents paniquent face au chômage et aux difficultés économiques. Si l’on ajoute au thème, la qualité de la musique signée Arnaud de Buchy et les moyens importants déboursés pour crédibiliser les scènes, l’on ne peut être surpris du succès qui pourrait n’être qu’un début d’une longue série.

La sortie officielle est prévue pour le 29 octobre sur Canal+ qui a, dès le début, cru en ce projet.

ALEX KIPRE
fratmat.info

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