INJS : un poteau de handball mal fixé tue un étudiant, ses camarades bloquent le 3è pont

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Côte d’Ivoire INJS : un poteau de handball mal fixé tue un étudiant, ses camarades bloquent le 3è pont

Les étudiants de l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS) ont décidé de bloquer le 3eme pont et les autres artères faisant accès. Et cela suite au mépris des responsables de cet établissement qui s’est soldé par le décès accidentel d’un des leurs ce matin. Ivoiresoir.net avait pourtant donné l’alerte. Ci-dessous l’interview de Oumar Coulibaly, qui a livré son témoignage à Pôle Afrique. Manifestation étudiants INFS.

Vous êtes si nombreux dans les rues ce matin. Que se passe t il ? Vous avez bloqué les artères et les axes empêchant les mouvements. Qu’est ce qui se passe ?

Je suis Oumar Coulibaly étudiant en licence 3. En effet, ce matin il y a eu un accident au sein de l’INJS Il s’agit de l’étudiant Eric Privat Dié en licence 3 d’EPS. Il est venu au cours ce matin à 7h30 comme tous les autres étudiants et le professeur étant absent, il s’est rendu à la salle multi sport pour participer à une partie de maracana avec ses camarades. Et tout d’un coup le poteau de handball qui n’était pas fixé est tombé sur sa nuque. Et les étudiants se sont rendus à la clinique qui se trouve au sein de l’établissement pour les premiers soins. Mais à notre arrivée il n’y avait aucun médecin présent comme d’habitude. Il y avait une ambulance qui était en place et nous avons demandé l’évacuation du blessé.

Il y a en principe une infirmerie à la disposition des étudiants mais celle-ci n’existe que de nom. Nous n’avons jamais été pris en compte par cette infirmerie. Ce n’est pas le premier cas auquel nous assistons. En 2016 il y’a une de nos camarades qui a eu son fémur fracturé nous sommes venus les voir pour qu’on l’évacue à la clinique on nous a dit qu’il n’y avait pas d’ambulance. Nous avons beaucoup de problèmes.

Avez-vous rencontré les autorités ?

Nous avons décidé d’exprimer notre ras le bol. Nous sommes 4 000 étudiants qui n’avons pas accès à la cité, certains n’ont pas de parents à Abidjan. Après admission on était en principe logé dans l’ancienne cité qui sert maintenant de bureau à la Société nationale d’édition de documents administratifs et d’identité (Snedai d’Adama Bictogo) qui était chargé de l’exécution des travaux de réhabilitation de l’Injs avant les jeux de la francophonie. En son temps, les étudiants de l’université Alassane Ouattara avaient refusé de céder leur cité et c’est ainsi que le Ministre François Amichia Albert est venu nous voir en nous demandant de faire preuve de civisme et que la cité nous reviendrait dès la fin des jeux. Et nous avons accepté de faire ce sacrifice. Mais depuis un an, nous n’avons pas encore été logés.

Que disent les autorités face à cette situation ?

Elles disent que les canalisations sont pourries ; qu’elles ne sont pas faites dans les normes. Pourtant des entreprises viennent louer ces mêmes bâtiments. Par exemple Q.Net qui était logé ici pendant une semaine en septembre 2017. Lorsqu’on se plaint il y’a des sanctions.

Autre point, la bourse n’est pas payée jusqu’à présent. Les années antérieures on payait le ticket de bourse avant de s’inscrire mais cette année c’est le contraire. Ce qui a fait que certains étudiants se sont vus rayés de la liste des boursiers parce que n’ayant pas pu obtenir l’argent de tickets en question. Ils sont au nombre de 50 personnes. Les responsables disent que cette décision vient de la direction des bourses.

Mais pourquoi avez bloqué les artères et les axes empêchant les mouvements des citoyens ?

Nos différentes démarches auprès des responsables de l’Injs sont restées veines. Le décès de notre camarade nous choqués. C’est en cela que nous avons bloqué le pont Henri Konan Bédié pour nous faire entendre. Nous demandons au Ministre François Amichia Albert de mettre tout en œuvre afin que nous regagnions notre cité et que nos bourses soient payées.

NDLR : Notons, que le 1er juin 2018, il y a donc moins d’une semaine, IvoireSoir.net lançait une alerte sur les conditions de travail et de logement dans cette école. Rien n’a été fait, à la suite de cette alerte.

Propos retranscris par Karina Fofana

Ivoire Soir

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