Présidentielle ivoirienne de 2020 : Le candidat de la Raison et du Coeur est attendu

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Les compétitions tactiques sont en cours au sein de chaque groupement politique ivoirien, essentiellement trois: le temps des bisbilles, sémantiques et interprétations équivoques ou univoques au sein du RHDP laissent pointer des déchirures et scissions autour de de la présidentielle de 2020. Le Rhdp reconfigure sera -sera-t-il encore le Mainstream ? Cette reconfiguration si elle n’est pas dosée sur les porteurs de stabilité et d’espérance signifiera -t-elle la déconfiture programmée? Le choix du ticket présidentiel optimal de raison sera la raison du succès. Ce choix gagnant rappelle le destin du Parti Révolutionnaire Institutionnel du Mexique, excepté que la Constitution de ce pays n’autorise qu’un unique mandat présidentiel de 6 ans permettant l’entente gagnante au sein des candidats à la candidature. Et dans les rangs de l’ ancienne majorité, les raccordements au plus stratégique sont improbables. Il y a enfin, le peuple vibrant des forces montantes, citoyennes que les indépendants de tous bords tentent de séduire pour l’échéance cruciale de 2020. Cruciale parce qu’elle jure la relève générationnelle tout comme le lancement du processus du pardon, de la réconciliation entre les filles et les fils de la Côte d’Ivoire et partant de la consolidation de la paix pour la construction solidaire de la nouvelle société de prospérité partagée. Le destin national semble ainsi scellé : le progrès de l’homme ivoirien est le fait des mains fraternelles jointes autour des enjeux de développement endogène par les très petites et moyennes entreprises, les petites et moyennes industries aux mains des nationaux et des africains. Seule cette dynamique non extravertie régente ce destin national comme pôle de stabilité et de progrès pour tous. Pour être un progrès, le changement doit être apporté par les forces montantes, les apporteurs d’innovations sociales, la vision en phase avec les attentes populaires, avec le rassemblement citoyen ivoirien et de ce fait, le moment des droits, des devoirs et des libertés. Voici donc le moment et le destin qui construira un momentum autour de ces enjeux. Qui sont les impétrants et les trajectoires en embuscades ? Deux constats et une exigence sectorielle du moment d’attente.

1. Il se trouve que les anciens collaborateurs du Père fondateur de la République, le Président Houphouët-Boigny, qui sont aux responsabilités, ont exprimé leur vœu ardent de prendre leur retraite en 2020. Cet engagement au nom de la génération sortante a été pris par le Président de la République, le Président Alassane Ouattara. Certes les velléités de troisième mandat titillent les esprits (les partisans de Saint Thomas sont nombreux ces temps-ci, Dieu soit loué !) tandis que le Sphinx de Daoukro, le Président Konan Bédié est encouragé à redescendre dans l’arène de la présidentielle de 2020 pour une sortie honorable en 2025 d’autant plus qu’un coup d’Etat avait mis fin à son mandat légal et légitime en 1999. Le reniement de cet engagement de sortie de la vieille garde houphouëtiste engendrera, assurément, une rivalité entre les deux porte-étendards de l’Houphouëtisme libéral. Auquel cas, il leur reste de mettre en place une commission houphouëtiste des conflits. Et puis, il y a ceux-là, ces Houphouëtistes de gauche qui n’ont jamais exercé le pouvoir d’Etat. Qu’en est-il de l’Houphouëtisme de gauche et centre gauche, estampillés à tort ou à raison, de tenants de la promesse unitaire africaine rationalisée dite voie et voix RDA de 1946? Leur temps est passé et leurs héritiers sont les plus nombreux pour la redistribution de la richesse. Somme toute, aucun élément ou indice constant et stable ne permet de douter que les sortants resteront et que les convaincus du retour de l’histoire comme moment RDA aient besoin de commission des conflits pour trancher. En l’absence d:accord, tranche le Président Bédié, on appliquera la démocratie. Un retour à la formule initiale Rhdp à sa création en 2005. Le rassemblement est aisé face à un adversaire coriace comme le Président Laurent Gbagbo en 2010. Mais la compétition conviviale et fraternelle, est une autre rentrée dans l’histoire émancipatoire.

Somme toute, il n’ y a point de croyance stable populaire que les deux frères et présidents de l’Houphouëtisme libéral, Ouattara et Bédié, chacun des deux dispose d’une pre-écurie présidentielle frémissant d’ardeur. S’affronteront-ils en 2020? Improbable ! La Côte d’Ivoire en a souffert au sortir de la décennie 90. Il ne faudrait donc pas ressusciter cette ritournelle des mensonges et exclusions vécue encore, hélas, comme enracinement de l’obsession identitaire frelatée et donc démentielle. Et puis, chaque moment a son motif de luttes et sa génération soudée par des luttes et attentes populaires (la Fesci l’a rappelé, de bon ton). Ce moment-ci est celui de la réconciliation et du rassemblement citoyen pour annuler toutes les vieilles dettes de rancune et de rancœur. Au nom de la république, de sa sauvegarde et de la concorde nationale.

2. La Côte d’Ivoire est convalescente comme le Rwanda du Président Paul Kagamé. Elle a connu les déchirures politiciennes, les exclusions scélérates et les enflures autocratiques démentielles qui ont abîmé le jugement national et sédimenté les a priori des populations et impostures intellectuelles et judiciaires. Elle en sort. Il urge de consolider, d’accompagner ce destin de renaissance de la république. Il faut donc, raisonnablement, aller à l’exigence historique du moment : construire les émotions citoyennes autour du pardon, de la réconciliation et donc, de la libération du génie créateur national parce que les cœurs se seraient apaisés au profit du destin de paix et de prospérité partagée. C’est ce discours et cette parole publique crédible et audible que le Président Guillaume Soro a donné à Diawala à l’occasion de l’inauguration de la Mosquée, terre de son enfance et lieu de retrouvailles fraternelles, dont le regretté Lamine Sanogo, son cousin fut le brillant bourgmestre. « Nous pouvons nous réconcilier et nous devons nous réconcilier » dira le Président Soro comme le Rwanda du Président Paul Kagamé l’a réussi pour honorer le continent africain, la souveraineté judiciaire et les ancêtres qui ont pensé et appliqué la judiciarisation Gacaca. Notre identité judiciaire existe et elle conforte les normes internationales de justice, d’équité et de crédibilité!

2020 est un horizon d’attentes pour la Génération Soro qui a toujours cru en la République, cultivé le processus démocratique et assurément, mis l’accent sur les valeurs de solidarité et de partage. Dans ces circonstances, le raccommodement des émotions citoyennes au pardon et à la réconciliation sont le catalyseur de l’envol de l’espoir que demain sera meilleur. Il est donc raisonnable qu’à l’approche de cet horizon de relève générationnelle, plusieurs personnalités se bousculent pour mieux figurer la photofinish. Les Soroïstes ont foi en la saine compétition. Chacun croit que son tour est arrivé : Ses états de service, ses traits de caractère, son carnet d’adresses sont des preuves exhibées etc. Les impétrants rivalisent de générosité et parfois d’improvisation orale pour administrer la preuve qu’ils maîtrisent l’art oratoire, la grandiloquence, les tacles assassins puisque l’arbitre n’est pas encore installé, et tous ces egoportraits ou selfies, par-ci par- là. Seul le retrait des sortants de l’ancienne génération pour la nouvelle génération qui a toujours servi les uns et les autres et qui est aujourd’hui la majorité sociologique, ce moment dispose du leader Guillaume Soro Kigbafori comme la jonction personnalisée de l’entremêlement des deux générations. Il est le passeur accepté des générations, ce moment inaugural.

En prendre conscience, c’est de belle augure que le jeu sera démocratique, intergénérationnel et solidaire tandis qu’aucun grand électeur ne viendra perturber les données du terrain. D’une part, incarner l’espoir comme Guillaume Soro, c’est assurément, être le leader transversal pour les nouvelles vagues de nouveaux électeurs, la génération consciente puisque la conscience est une trace et une attente pour le présent, la résistance au néolibéralisme triomphant qui laisse les pauvres à leur effroyable sort (sous-emploi, précarité des travailleurs, panne de revenus et contrats à zéro heure, école publique démunie, hôpital fait peur, les ordonnances sont longues comme des bras, une incurie des médecins qui ne sont pas recyclés, etc.). Et de l’autre, les Happy few qui exigent que l’on leur dresse un Manifeste de la réussite, de l’optimisation fiscale et du rétrécissement de l’Etat souverain. Le Manifeste des parvenus, pensent les couches populaires. Le seul manifeste qui vaille est bien celui du rassemblement citoyen pour pardonner les crimes, les fautes et offenses, se réconcilier avec eux-mêmes et avec la politique, de la renaissance de la république et du capitalisme de redistribution. Servir est patriotique !

3. Le moment des innovations est le moment des changements et donc du progrès social. Par exemple, la nouvelle génération devra apporter de nouvelles idées dans le financement de l’agriculture. Le déplacement du Président Guillaume Soro le dimanche 15 avril 2018 à Sangopari et aussi dans sa ferme acquise depuis 2003 montre son attachement à l’agriculture et à la vitalité des terroirs niarafolo. Ce voyage rappelle aux vrais houphouëtistes de bons souvenirs. Le succès de ce pays repose sur l’agriculture. Comme planteur, il sait les contraintes du milieu et les innovations idoines pour accompagner les siens. Ainsi, les cultures de rentes comme celle du coton, de l’anacarde, du café-cacao, des vergers de manguiers, avocatiers, demandent, bref, un ensemble de nouvelles politiques publiques adaptées qui s’appuient sur les familles d’agro-entrepreneurs, ni industriels, ni traders. Les femmes battantes et les jeunes ont besoin d’investissements massifs dans le micro-financement et l’économie coopérative. Il s’agit d’un domaine hautement rentable qui protège l’environnement mais aussi, paradoxe, qui évolue dans l’imprévisibilité vu la structure du pouvoir au sein des familles. C’est pourquoi la puissance publique doit être l’instance de règlements et stabilisation, normalisations des pratiques et usages. Pour ce faire, il urge qu’en amont, il s’attache à réguler les soucis, les problèmes des titres fonciers de la ruralité (garanties financières). Ceci n’est possible, durable et responsable qu’en respectant et en sanctuarisant les droits des femmes à la terre (force endogène productive). Il le faut en raison même des impératifs de souveraineté alimentaire, de la mise en valeur des terroirs et de la compression de l’exode rural mais aussi et surtout de la nécessité de la prévention de l’accaparement des terres par les multinationales. Seules les femmes battantes africaines sont l’antidote idoine à ces maux. Il faut donc réorienter le secteur public coopératif (par exemple l’AFD, GTZ, MCC et l’ACDI) et les accepter comme membres de plein droit dans les conseils d’administration des coopératives. Il y aura une meilleure maîtrise des techniques de gestions, de la culture entrepreneuriale et des transferts de compétences tous azimuts. Je ne vois pas comment les mouvements migratoires vers l’Occident seraient contenus ou les taux de croissance démographique contenus si les femmes et les jeunes ne sont pas ceux-là qui dictent les politiques publiques. Les démembrements de l’Etat y siégeraient, le privé national et le mouvement coopératif de façon égale et équilibrée.

Ce n’est pas un crime de lèse-majesté que de le dire. Le candidat de la raison et la rationalité du choix (théorie des choix oblige), c’est de toute évidence, celui dont le nom est murmuré et clamé sur des millions de lèvres en Côte d’Ivoire: Guillaume Kigbafori Soro. Qui plus est, il est aussi celui du coeur des siens. Le Peuple le veut et le désire de mille manières, car il est manifestement le choix du consensus que dessinent les courants du futur. Un vrai chef transversal pour Une vraie décentralisation autour d’une belle culture raccordée sur les principes de subsidiarité et de péréquation, de résultats et de redevabilité sociale. Et plus jamais, ces désinvoltures bureaucratiques, intrusives et qui nomment des profils inappropriés des clientélismes exubérants pour servir et s’enticher des statistiques. Puisque « The business of China is business » then, the main focus of this New African Generation is accountability.

L’éditorial de Mamadou Djibo, PhD

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