Présidentielle 2020: Le PDCI et le RDR en rangs séparés ? BÉDIÉ souffle le chaud et le froid

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L’année 2020 sera pour la Côte d’Ivoire, une année électorale. Les enjeux sont énormes. Les passions que ce sujet déchaîne en sont une parfaite illustration. Au PDCI comme au RDR, difficile de s’accorder quand il s’agit d’alternance du pouvoir.

Existe-il un malaise entre les principaux membres de la coalition RHDP ? Une question à laquelle chaque observateur pourrait apporter un élément de réponse selon ses constats.
Même s’ils tentent autant que faire se peut à le nier, les faits les trahissent. Si la question du parti unifié demeure un véritable casse-tête chinois, il n’en demeure pas moins pour celle de l’alternance au pouvoir en 2020. Rien qu’à y penser, les esprits s’échauffent. Du plus petit militant de base au plus grand, qu’on soit du côté du PDCI-RDA ou encore du RDR, les
positions restent inchangées. Le PDCI soutient mordicus qu’il doit avoir une alternance en 2020 mais son allié le contraire. Ils vont
même à s’invectiver lorsque la question est abordée. La preuve en a été montrée le 10 mars dernier lorsqu’au cours d’un meeting à Daoukro en hommage au président du PDCIRDA,
Jean-Louis Billon a rappelé « qu’en 2020 le PDCI présentera un candidat ». Un rappel pas du goût de la secrétaire générale du RDR
Kandia Camara qui n’a pas manqué de réagir et de la plus dure des manières. De quoi s’interroger sur l’avenir de ce couple qui a été renforcé par l’appel de Daoukro en 2014. Rien
qu’à entendre les discours des deux camps, tout porte à croire que le divorce est inévitable. Et les supputations vont bon train. Des supputations entretenues par le silence trop
bruyant des deux leaders que sont Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. Chacun se réservant le droit d’intervenir sur cette affaire au motif que le moment était inapproprié. Qu’estce
que cela cacherait ? L’avenir nous situera certes mais déjà les éléments d’une avancée en rangs séparés pour la présidentielle de 2020 se mettent progressivement en place.

BÉDIÉ souffle le chaud et le froid
Tout ce qui a cours en ce moment n’est pas fortuit. C’est la lecture qu’on en fait. Mieux, ça donne l’impression que le président Henri Konan Bédié apprécie bien ce qui se passe. Il ne
réagit certes pas mais n’apporte aucun rectificatif à ce que disent ses lieutenants ou encore aucune sanction n’est prise contre ceux-ci. En effet, ce qui a cours dans la maison verte laisse
croire que Jean-Louis Billon ou encore Maurice Kakou Guikahué ont la caution du chef. L’on se souvient que lors des élections législatives, le conseil de discipline du parti avait suspendu
Yasmina Ouégnin et Kouadio Konan Bertin (KKB) pour la simple raison qu’ils avaient décidé de se présenter à ces joutes sans la caution du parti ou qu’ils soutiendraient des candidats
indépendants. Ce qui naturellement n’a pas été du goût du parti. Quand on sait que la discipline est une valeur très chère au parti
d’Houphouët Boigny, comment comprendre que pour un sujet qu’on dirait d’importance capitale pour la survie de cette coalition, le
grand « manitou » reste bouche cousue. Pis le conseil de discipline du parti ne bouge pas le petit doigt. Aucun communiqué officiel n’a cependant été pondu pour confirmer ou non
qu’il ait mandaté certains de ses membres fussent-ils le porte-parole ou le secrétaire exécutif pour faire une telle sortie. Et de plus en plus
de voix se lèvent au sein du PDCI pour rappeler à l’allié RDR que de gré ou de force, le candidat à adouber serait issu de leurs rangs. Certainement que le président Henri Konan
Bédié se réserve le droit d’intervenir en temps opportun pour trancher. Il aimerait sans doute intervenir en dernière position comme il sait si bien le faire pour rappeler aux uns et aux
autres que c’est lui le chef. Pendant ce temps, c’est à une bagarre rangée que l’on assiste et qui a tout l’air d’être soutenue par lui. Pourvu qu’il n’y ait aucun débordement.

Hermann DJEA
Diasporas-News n°95 d’Avril 2018

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