Pâques 2018/Bangolo: un directeur d’école primaire tué, la population se réfugie dans la forêt

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Avant les congés de la Pâques, la quasi-totalité des instituteurs de la sous-préfecture de Beoué et des villages environnants avaient déserté leurs postes. Toutes les boutiques ont été visitées par les malfrats.

Pâques 2018/Bangolo: Situation sécuritaire alarmante, un directeur d’école primaire tué, la population se réfugie dans la forêt

Des bandits tuent un directeur d’école et blesse grièvement sa femme. Les enseignants désertent les villages. La veille de la fête de la Pâques 2018 a particulièrement été dramatique pour la famille Coulibaly dans le village de Guehouo dans la commune de Bangolo. En effet, des hommes armés qui s’y sont invités ont tué le directeur de l’école primaire publique 2, Coulibaly Yacouba 33 ans et blessé grièvement son épouse.

Cette nuit-là en effet, aux environs de 22 heures, alors qu’il s’apprêtait à prendre son repas après un long voyage, des hommes armés ont fait irruption au domicile de cet enseignant connu et sans histoire dans le village. Ils y ont ouvert le feu en le tuant sur place. Les mêmes sanguinaires ont également tiré sur son épouse qui tentait de leur échapper et l’ont blessé grièvement.

Des villageois apeurés et témoins de la scène d’horreur profitent de l’obscurité pour alerter les militaires et la gendarmerie à Bangolo. La promptitude des forces de l’ordre permet d’évacuer la blessée à l’hôpital de la ville. Mais selon des témoins, une fois les militaires retournés à leur base, les malfaiteurs retournent sur les lieux du crime pour mettre sens dessus dessous la maison de la victime et terroriser les villageois. La population effrayée a trouvé refuge dans la forêt pour échapper à la horde de malfaiteurs.

Il faut rappeler qu’après l’attaque d’un poste de contrôle des Forces armes de Côte d’Ivoire (Faci) dans le village de Beoué-Zibiao le 12 mars dernier, une délégation des Faci conduite par le Colonel Losseni Fofana, le commandant du Bso (bataillon de sécurisation de l’ouest) s’est rendue sur les lieux pour s’enquérir de la situation mais elle a été éconduite par la chefferie du canton Zibiao. Celle-ci accusant les militaires d’avoir profané leur lieu de culte suite à l’attaque. Elle exigeait des sacrifices avant le retour des militaires à leurs postes. Les bandits et autres criminels profitent de ce vide sécuritaire pour écumer, agresser et tuer de jour comme de nuit.

Avant les congés de la Pâques, la quasi-totalité des instituteurs de la sous-préfecture de Beoué et des villages environnants avaient déserté leurs postes. Toutes les boutiques ont été visitées par les malfrats. Le domicile du sous-préfet, Ballon Bi Léger n’a pas été épargné. Une situation qui préoccupe la population qui ne sait plus à quel saint se vouer.

Avec la mort du directeur de l’EPP 2, les enseignants rencontrés ne comptent plus retourner à leurs postes sans le déploiement de l’armée. Ils ont informé le préfet du département et leur hiérarchie. Depuis le début de l’année, environ dix personnes ont été tuées dans des attaques similaires dans la même zone.

STB

fratmat.info

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