Présentation de voeux: Discours du président par intérim du FPI Abou Drahamane Sangaré

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I. LA PRESENTATION DES VŒUX, FETE DE L’ESPERANCE ET DE L’ESPOIR
Comment être heureux en ce jour solennel de présentation des vœux au Président Laurent
Gbagbo, pour l’année 2018, alors que les populations vivent dans l’angoisse des lendemains
incertains et que notre parti, le Front Populaire Ivoirien (FPI), marche les plaies ouvertes ?
Nous avons choisi d’être joyeux et optimistes et nous avons raison.
En venant chanter Gbagbo, en venant danser Gbagbo, nous démontrons à la face du monde
qu’il est quasiment impossible de faire le deuil d’une personne vivante.
En venant chanter Gbagbo, en venant danser Gbagbo, nous démontrons que l’engagement
politique ne conduit pas à la solitude et qu’à la Cour pénale internationale (CPI), il ne sera
jamais seul.
En venant chanter Gbagbo, en venant danser Gbagbo, nous montrons que le Président
Laurent Gbagbo n’est pas là, il est là. Il possède ce don mystérieux qu’on nomme dans le
métier, « la présence ». Toujours et partout il est présent. Il fait la course en tête dans les
sondages d’opinion sur l’indice de popularité des leaders ivoiriens. Il est dans les foyers, dans
les cœurs et dans les esprits. Il est présent dans les débats et les conversations. Il fait vendre
les journaux même ceux qui lui sont hostiles. Le Président Laurent Gbagbo est une banderole
applaudie dans tout un stade.
En venant chanter Gbagbo, en venant danser Gbagbo, nous démontrons que notre travail
militant au service de la Côte d’Ivoire, ce n’est pas seulement un combat, il est aussi une joie
profonde. Restons donc joyeux même quand les évènements ne vont pas dans le sens que
l’on souhaite car l’avenir nous appartient.
Honorables invités, militantes et militants, bienvenue donc à cette fête de l’espérance et de
l’espoir qui permet à de lointaines connaissances de se retrouver, et de renouer le contact
interrompu, qui a pour vocation à créer une cohésion, à souder les énergies pour mieux faire
marcher ensemble les militantes et les militants.
Mes pensées vont immédiatement aux prisonniers politiques, civils et militaires, à commencer
par le plus illustre d’entre tous, le Président Laurent Gbagbo, puis au ministre Charles Blé
Goudé, otage des dominants de ce monde ; la Première Dame, Ehivet Gbagbo Simone ; Assoa
Adou ; Lida Kouassi Moise ; « Samba David » … et tous les autres, connus ou inconnus. Mes
pensées vont ensuite au ministre Emile Guiriéoulou et aux autres ivoiriens contraints à l’exil ;
à ceux qui souffrent d’absence de paix, qui souffrent de persécutions, qui souffrent de
solitude ; nous nous rapprochons d’eux par notre solidarité, notre affection et nos prières. Si
au FPI, nous pouvons prendre la parole aujourd’hui, c’est grâce à lui. C’est le lieu donc de
rendre un vibrant hommage à notre regretté Président Miaka Ouretto Sylvain. Il a fait preuve
d’une vigilance méthodique pour que le FPI ne disparaisse pas. L’esprit de la Nation se nourrit
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de vies exemplaires. La vie de Miaka Ouretto Sylvain fut de celles-ci. Il appartient au meilleur
de notre histoire. Et son nom vivra dans notre gratitude pour toujours.
Comment peut-on oublier Amadou Traoré dit « Le Puissant », l’homme du Serment de
Strasbourg en 1969, avec Gbagbo Laurent, Bernard Zadi Zaourou, Assoa Adou ? Le serment
des 4 dessinait les ambitions des prestataires : « Quoiqu’il arrive à chacun d’entre nous, celui
qui demeure en vie, même s’il est tout seul, doit tout faire pour conquérir le pouvoir et changer
la Côte d’Ivoire ». Amadou Traoré dit « Le Puissant », cet ami de longue date de Laurent Gbagbo
qui fut un grand témoin de la naissance du FPI, un de ses pionniers même, s’est aussi battu
pour la cohésion du parti. Il a également perdu la vie pendant que son ami est en prison. Dans
la tristesse et la dignité, nous avons accompagné le Maire Guédé Zadi Michel et l’Honorable
Député Déhé Gnahou Gilbert à leur dernière demeure. Que les âmes de tous ceux qui sont
tombés à cause de leur aspiration à la démocratie et la liberté reposent en paix. Tous nous
laissent en héritage leur esprit de résistance, de liberté, leur leçon de vie et de courage. Puisse
leur exemple nous inspirer longtemps.
Le FPI va instituer une journée pour commémorer les morts pour la démocratie et la liberté.
Depuis la déportation du Président Laurent Gbagbo, des combattants battent le pavé, sans
mi-temps ni temps mort. Ils vont à la Haye, devant la CPI. Il y en a qui, parallèlement ou
exclusivement donnent de leur temps pour débattre et porter de la voix sur les réseaux
sociaux, dans les journaux. Certains organisent des conférences-débats, des cercles de
réflexion ou animent des forums ; d’autres encore sont actifs dans le cadre de la diplomatie
non gouvernementale ; je salue et encourage tous ces démocrates pour que le noble combat
que nous menons, porte.
Dans une longue et magnifique procession, nous sommes venus présenter les vœux de bonne
et heureuse année 2018 au Président Laurent Gbagbo. Avec dans nos regards, la vénération
que nous lui portons pour l’œuvre inlassable au service de la Côte d’Ivoire, au service de
l’Afrique, au service de l’humanité. Avec, dans nos cœurs, des palpitations au rythme de son
nom. Avec des messages forts, émouvants, frappés du sceau de la fidélité et de la loyauté.
Comme pour dire que ce n’est pas parce qu’on veut nous acheter que nous sommes à vendre.
Comme pour dire que rien ne saurait nous détourner de notre fidélité et de notre loyauté au
Président Laurent Gbagbo.
Des messages venus du cœur et le cœur ne se commande pas.
Je demeure persuadé que de nombreux ivoiriens sont de cœur avec nous et nous
accompagnent de leurs prières en ces moments solennels. Qu’ils en soient remerciés.
A vous, Honorables invités qui avez fait le déplacement en ce lieu chargé d’histoire et de
symbole, en ce lieu majestueux et solennel, où se sont écrites tant de pages de l’histoire de la
Côte d’Ivoire, où tant de grandes femmes et de grands hommes ont discouru, débattu,
bataillé, où tant de partis, mouvements et associations ont pris racine, où tant d’élus ont
porté si haut nos valeurs fondamentales, je vous prie de recevoir l’infinie gratitude du
Président Laurent Gbagbo et du FPI.
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Militantes, militants, vous faites de votre humble serviteur le dépositaire de vos vœux. Soyez
assurés et rassurés : vos vœux seront intégralement transmis à qui de droit. Avec joie et
fierté, honneur et responsabilité. Merci … Merci … Merci …
Mon seul regret, pour l’intérimaire que je suis, -et il est grand- c’est de n’avoir pas pu faire la
passation des charges avec le titulaire de la fonction, le Président Laurent Gbagbo. Oui,
j’aurais tant aimé offrir à l’Afrique, à la Côte d’Ivoire, à EDS, au FPI, à toutes les forces
politiques et sociales démocratiques, le paquet-cadeau de la libération du Président Laurent
Gbagbo, en cette fin d’année 2017, un paquet-cadeau qui serait, à n’en point douter, le fil
d’Ariane de la libération du ministre Charles Blé Goudé, de la Première Dame Ehivet Gbagbo
Simone et de tous les autres prisonniers politiques, civils et militaires, du retour du ministre
Emile Guiriéoulou et de tous les exilés ivoiriens contraints à l’exil. Hélas ! nous vivons une
histoire dramatique avec la déportation du Président Laurent Gbagbo, à la Haye, à la CPI, mais
nous savons aussi que cette histoire se terminera bien, en éternel cadeau de Noël.
Quittons maintenant le monde de la joie pour celui du monde réel.
II. LE MONDE REEL
En Côte d’Ivoire, à EDS et au FPI, le monde réel commence par la CPI, cette juridiction à la
frontière de l’international et du national.
L’amateurisme avec lequel la CPI s’est emparée du dossier du Président Laurent Gbagbo
montre que cette juridiction s’est trompée de moment, s’est trompée de sujet, s’est trompée
de procédure, s’est trompée d’homme. On la comprend aisément : assurée et rassurée par
l’engagement de ceux qui en imposent au monde par la puissance et par la force, qui
voulaient neutraliser le Président Laurent Gbagbo, la CPI a pensé que le dossier ne comptait
que pour du beurre. Les jeux étaient faits, elle pouvait entrer allègrement en voie de
condamnation à une peine infâmante.
Mais l’homme a du ressort. Il est coriace. Il a du charisme. Il a de l’audience. Il a de bons
avocats. Le Président Laurent Gbagbo brouille les cartes, déjoue les pronostics et la montagne
accouche d’une souris. Le drame devient farce. Le dossier est désespérément vide. Le droit
est donc dit. Tout fond comme neige au soleil. Face à la vertu, à la droiture du Président
Laurent Gbagbo, le vice ne peut accomplir son hold-up. Finalement, la CPI qui devrait l’avilir
lui restitue sa véritable stature.
Plus qu’une instance judiciaire, la CPI est d’abord une construction politique. Plus que jamais,
la CPI a du mal à se défaire d’une mauvaise réputation acquise dès ses débuts : elle ne serait
qu’une justice de vainqueurs instrumentalisée par ceux qui en imposent au monde par la
puissance et par la force en fonction de leurs intérêts et de leur zone d’influence.
Des journalistes de bonne foi tombent des nues, se sentent ridiculisés pour avoir été menés
en bateau et, du même coup pour avoir trompé leurs lecteurs. A leur corps défendant, ils
découvrent le degré de technique dans la vilenie auquel les génies de la machination sont
parvenus. Et aujourd’hui, la CPI est la cible de nombreuses critiques avec la prise de
conscience de la situation réelle. La confusion est donc totale à la CPI : la vidéo kenyane que
l’on a voulu imputer au Président Laurent Gbagbo ; la panique, la révolte et la volte-face des
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témoins dits clés ; le refus de faire triompher le doute au bénéfice de l’accusé lors de
l’audience de la confirmation des charges ; la décision importante et historique de la chambre
d’appel, lors de l’audience du 19 juillet 2017, qui a cassé la décision de la chambre de
première instance parce qu’elle estime que les raisons évoquées pour maintenir Laurent
Gbagbo en détention ne sont pas pertinentes et demande à la chambre de première instance
de reconsidérer sa position ; le caractère sélectif du dossier avec la CPI qui fait du deux poids
deux mesures en protégeant le camp de la rébellion et en ne trouvant jamais le temps de faire
comparaître devant elle les responsables de la rébellion ; les ahurissantes révélations de
Médiapart qui ont provoqué un séisme dans le monde et à la CPI avec les différents
changements intervenus dans l’administration et le fonctionnement de la juridiction
internationale, démontrent on ne peut plus nettement que c’est le regard de la communauté
internationale qui trace la marge entre la victime et le bourreau ; d’un côté, ceux qui sont du
bon côté de l’histoire, les victimes, et de l’autre, ceux qui sont du mauvais côté de l’histoire,
les bourreaux. La victime, c’est celui qui se fait l’accompagnateur servile et docile des
puissants intérêts de la communauté internationale ; le bourreau, c’est celui qui a porté
atteinte à de puissants intérêts, c’est le récalcitrant au nouvel ordre mondial bâti sur
l’hégémonie de la communauté internationale, c’est celui qui n’entre pas dans le moule taillé
par les puissants de ce monde ; le débat sur le retrait massif des Etats africains parties au
statut de Rome qui estiment que la CPI ne prend pour cible que les dirigeants africains, suivi
du récent retrait du Burundi ; le silence gardé par le Président Laurent Gbagbo qui a été une
stratégie payante dès lors que ce silence a accru le désir des uns et des autres de l’entendre,
sont autant de péripéties qui ont profondément rongé la crédibilité de la CPI.
Honorables Invités, Militantes, Militants, on juge une histoire à sa fin. La fin va laisser des
traces indélébiles. La fin du film est proche et elle verra le triomphe de la justice, du droit et
de la vérité. Dans les films hollywoodiens, c’est la police qui gagne à la fin. Dans les procès de
l’histoire, c’est la vérité qui triomphe à la fin. Et le Président Laurent Gbagbo et le ministre
Charles Blé Goudé sont dans la vérité. La vérité n’a pas de tombe. Sinon la CPI sera broyée par
l’histoire, qui n’est pas un yo-yo que l’on peut faire aller et venir à volonté.
Oui, le Président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé reviendront parmi nous
plus tôt qu’on ne le pense. C’est vrai : nous ne connaissons ni le jour ni l’heure. Le temps ne
porte pas de montre. Le temps répare tout. Il a ses caprices, ses poussées. Il faut juste avoir la
patience et la sagesse d’attendre.
La complicité avec le Temps qui fait son œuvre est sans doute une forme de sagesse et non un
aveu d’impuissance. Annoncer et attendre le retour du Président Laurent Gbagbo, ce n’est pas
comme si nous attendons Godot. Dans la pièce de théâtre de Samuel Beckett, Godot n’est
jamais venu. Nous ne sommes pas comme ces deux vagabonds, Vladimir et Estragon qui se
retrouvent sur scène à la tombée de la nuit pour attendre Godot, cet homme qui ne viendra
jamais alors qu’il a promis qu’il viendrait au rendez-vous. Godot est un personnage de théâtre,
un personnage de fiction. Le Président Laurent Gbagbo est un personnage réel avec un
parcours, un charisme, une audience, un parti politique ciselé dans et par le combat, une
stratégie, un savoir-faire.
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L’espérance chrétienne, c’est ce qui nous tient. Ce n’est pas l’idée selon laquelle ça ira mieux
demain mais c’est la certitude que, quoiqu’il arrive, Dieu ne vous abandonnera pas et que
vous restez toujours dans sa main. Si, programmé pour être tué, et les révélations de
Médiapart en portent témoignage, le Président Laurent Gbagbo est sorti vivant des
décombres fumants de la résidence officielle, si la confusion a gagné tous les présidents
impliqués dans la tragédie ivoirienne qui aujourd’hui sont hors d’état de nuire, si la confusion
baigne à la CPI, c’est que Dieu n’en a pas fini avec lui et qu’Il a un plan pour lui. Quand Dieu
commence, il termine absolument.
Des tempêtes, Laurent Gbagbo en a bravé des dizaines, sans jamais tomber. Aujourd’hui, avec
l’épreuve de la CPI, il affronte un cataclysme, le pire qui soit pour un homme. Il est en train de
gagner ce nouveau combat et, pour sûr, il nous reviendra.
Soyez donc prêts, apprêtez vos plus beaux habits ou vos différents uniformes des fêtes de la
Liberté, pour la grande marche vers l’aéroport. Nul ne doit se laisser conter l’évènement
historique.
La libération du Président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé est la meilleure
chose qui peut arriver à la CPI et à la Côte d’Ivoire. La cause de la libération du Président
Laurent Gbagbo n’est plus une cause partisane. Elle est devenue une cause nationale et
même internationale si l’on en croit le vent de mobilisation qui souffle sur tous les continents.
En exil depuis 2011, Mme Ohouochi-Yapi Clotilde, ministre de la Solidarité du gouvernement
Aké N’Gbo, vice-présidente du FPI, chargée de la politique de l’Assurance maladie universelle,
appartient à la race des dames intrépides qui, de colloques en colloques, parcourent
inlassablement le monde, pour expliquer la crise qui secoue la société ivoirienne, le combat et
la vision du Président Laurent Gbagbo.
Dans une interview exclusive au quotidien LG Infos du mardi 23 janvier 2018, elle nous confie
ses espoirs dans une prochaine libération du Président Laurent Gbagbo et du ministre Charles
Blé Goudé : « Le procès a dépassé les limites de la Côte d’Ivoire. Les Africains se sont
appropriés la cause de Laurent Gbagbo qui devient du coup, une icône panafricaine. On
signale ces derniers jours, sur les réseaux sociaux qu’un collectif d’avocats et de démocrates
africains demandent l’annulation du procès suite aux révélations scandaleuses de
« Médiapart ». On observe, aussi, un bouillonnement au niveau de l’actualité littéraire et
artistique en l’honneur de Laurent Gbagbo. Livres, œuvres musicales et cinématographiques
sont réalisés dans le but de magnifier l’homme et son combat, pour une Afrique digne et libre.
Le fait le plus remarquable est que les acteurs ne se comptent pas uniquement au sein de ses
compatriotes ivoiriens ou africains, mais proviennent de tous les coins du monde. Ils sont
également issus de tous les milieux sociaux : hommes des médias, leaders politiques,
universitaires, amoureux de la Côte d’Ivoire, simples citoyens du monde, etc. La Haye, siège de
la CPI, qui abrite la prison de Scheveningen, s’est transformée en un lieu de pèlerinage où
convergent, régulièrement, des foules immenses, pour apporter soutien et réconfort à Laurent
Gbagbo et réclamer sa libération. Tout ce lobbying des Panafricains devrait aboutir à la
libération pure et simple de Laurent Gbagbo et, par ricochet, de son co-accusé, Charles Blé
Goudé… »
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Il en va de la paix et de la stabilité en Côte d’Ivoire. Que ceux qui disent du mal de cet homme
qui ne fait que du bien se rassurent : le cœur du Président Laurent Gbagbo est rempli d’amour
et d’humanisme. Il ne viendra ni déverser sa haine ni crier sa vengeance. L’huile étant déjà
jetée sur le feu en son absence, il viendra enlever l’huile sur le feu en trouvant des mots et en
posant des actes de grande noblesse pour soigner les maux de la Côte d’Ivoire. Il est l’homme
de la construction. Homme d’Etat, comme une aiguille, il saura recoudre le tissu social
aujourd’hui en lambeaux. Il viendra faire sonner la trompette de la réconciliation de la Côte
d’Ivoire qui est une République en guerre avec elle-même, des ivoiriens qui ont hâte de
tourner la page, de vivre et de revivre dans la paix des cœurs et des esprits, des générations
présentes et à venir pour éviter un putsch générationnel.
Parce qu’il est de la race des Immortels, le Président Laurent Gbagbo a créé l’Académie des
Sciences, de la Culture d’Afrique et de la Diaspora Africaine, (ASCAD), le 1er septembre 2003,
le monde des savants, le monde des immortels, le monde des innovateurs de l’avenir. Quand
les ténèbres engloutissent une époque ou un pays, mieux vaut se tourner vers ces créateurs,
ces voyants seuls capables d’apercevoir encore et d’exprimer l’inexprimable.
C’est sûr : les informations transmises au boitier GPS de la CPI indiquent la proche libération
du Président Laurent Gbagbo et du ministre Charles Blé Goudé.
L’émotion est à son comble avec la dénonciation du drame des migrants. Comme si c’était
quelque chose de nouveau. Tout en partageant et tout en comprenant l’indignation collective,
le FPI estime que le début de prise de conscience d’un phénomène aussi vieux que le monde
au niveau de la planète, restera insuffisant tant que les vrais responsables de la tragédie
libyenne ne répondront pas de leurs actes. On combat toujours les symptômes sans jamais
s’attaquer aux causes. C’est comme si l’on cassait le thermomètre pour faire baisser la fièvre.
Les causes premières ? La déstabilisation de la Libye avec l’assassinat du Président
Mouammar Kadhafi pour faire main basse sur les riches gisements pétroliers du pays et pour
empêcher le guide de faire des révélations compromettantes sur des contrats juteux et dans
le cadre de l’enquête sur un possible financement libyen de la campagne présidentielle de
Nicolas Sarkozy en 2007. Une autre cause des migrations est liée à l’échec des pays d’origine à
procurer des opportunités aux jeunes pour leur assurer un avenir radieux. La plupart des
jeunes ne vont pas en Europe parce qu’ils en ont envie, ils y vont parce qu’ils pensent qu’ils ne
peuvent pas trouver d’opportunités dans nos pays. Quand le pays devient un enfer pour eux,
ils vont à la recherche de l’Eldorado, du paradis perdu. Sur leur chemin, ils rencontrent le plus
souvent l’esclavage ou, au pire, la mort, dans les eaux glacées et tourbillonnantes des océans
qui leur servent de linceul.
Pour ne pas avoir à encaisser toujours des coups sans pouvoir en donner, l’Afrique doit se
saisir à bras le corps de la question des migrants, pour identifier les causes des migrations tout
en tirant leçon de la gestion des flux migratoires par les pays d’accueil. Elle doit ensuite
susciter un éveil des consciences africaines assoupies par le discours laudateur et soporifique
de la croissance à deux chiffres et de l’émergence, pour faire face aux énormes défis d’un
monde d’injustice, de mépris et de déni d’humanité, d’un monde de dominants à la recherche
de marchés émergents, pour les biens et services de leurs grandes entreprises, pour la relance
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de leurs économies, la croissance et l’emploi. L’Afrique étant la cible de toutes leurs
convoitises et du pillage des immenses ressources stratégiques de son sol et de son sous-sol,
les dominants de ce monde ne veulent pas d’une Afrique émergente, digne, indépendante et
souveraine qui viendra alors comme l’Asie, leur tenir la dragée haute. « Dans quel réservoir
puiseraient-ils pétrole, gaz, uranium, métaux rares et autres ressources stratégiques si
l’Afrique parvenait à s’industrialiser et à devenir un marché de 2 milliards de consommateurs
de produits africains ? » (Aminata Traoré, ancienne ministre de la Culture et du Tourisme du
Mali, LG infos, N° 1802 du jeudi 25 janvier 2018, Page 3).
2017 a été aussi l’année du débat sur le franc CFA. Ce combat courageux pour sortir l’Afrique
de la servitude monétaire a été engagé par des Etats pionniers, par des hommes politiques,
par des intellectuels et par des panafricanistes. Laurent Gbagbo figure en bonne place dans ce
combat pour la souveraineté de l’Afrique et il en a payé le prix le plus fort avec sa déportation
à la Haye, à la CPI. Des figures emblématiques continuent de mener ce combat à travers le
monde malgré les emprisonnements, les menaces et les vexations : Kemi Seba (Stellio Gilles
Robert Capo Chichi pour l’état civil), franco-béninois, le togolais Kako Nubukpo, ancien
ministre de la Prospective et de l’Evaluation des Politiques Publiques du Togo (2013-2015),
renvoyé brutalement de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) au nom du
devoir de réserve et de neutralité. Koné Katinan Justin, ministre du Budget du gouvernement
Aké N’Gbo, Porte-parole du Président Laurent Gbagbo, vice-président du FPI, chargé de
l’Economie, des Finances et du Système financier international, aujourd’hui contraint à l’exil,
dans une œuvre baptisée  » L’audace de la rupture  » exhorte les Africains à rompre avec la
monnaie coloniale. C’est le lieu de rendre un hommage appuyé à tous les pionniers du noble
combat pour la défense de la souveraineté de l’Afrique pour leur courage, leur engagement et
leur esprit de sacrifice au service de l’indépendance et de la souveraineté de l’Afrique.
Invité par le Président français Emmanuel Macron, à apporter sa contribution « aux travaux
de réflexion » qu’il souhaite « engager autour de la langue française et de la Francophonie »,
Alain Mabamckou, écrivain franco-congolais, a poliment décliné l’invitation du président
français. Dans une lettre abondamment publiée par les médias français, le détenteur du prix
« RENAUDOT 2006 », explique que compte tenu « des tares que charrie la francophonie
actuelle, en particulier les accointances avec les dirigeants des Républiques bananières qui
décapitent les rêves de la jeunesse africaine », lui, l’écrivain, l’auteur de « Verre cassé « , portevoix
des sans voix, est dans l’obligation de se tenir loin de ce projet de refonte de la
francophonie engagé par le Président Macron. Cette fois, c’est la bonne ! Le sénateur et
l’’ancienne gloire du football africain, désigné en 1999 « meilleur joueur africain du siècle »,
Ballon d’or en 2015, George Weah, a été officiellement proclamé vainqueur de l’élection
présidentielle au Libéria par la Commission électorale nationale (NEC), le vendredi 29
décembre 2017 qui l’a crédité de 61,5% des suffrages contre 38,5% à son concurrent, le viceprésident
Joseph Boakai : du ballon rond à la présidence. Joie et fierté des footballeurs et des
sportifs africains et des autres continents. D’un stade de football à un autre stade de football,
plein comme un œuf, cette fois-ci pas pour la même compétition mais pour une cérémonie
d’investiture, le lundi 22 janvier 2018, ce rendez-vous avec son peuple. Dans un discours
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émouvant et fortement applaudi, en bon footballeur, George Weah a promis de tacler la
corruption.
Dans les autres choix de l’actualité internationale, nous privilégierons les exemples de
décrispation de la vie politique.
Qui pouvait vraiment croire que des discussions et un dialogue entre la Corée du Nord et la
Corée du Sud pouvaient avoir lieu ? La Corée du Nord et la Corée du Sud mènent des
discussions bilatérales pour la première fois depuis plus de deux ans. Le FPI se réjouit de cette
annonce d’une reprise du dialogue et espère que cette « dynamique positive » sera « étayée par
des accords concrets en vue d’un règlement sur la péninsule coréenne. » Les jeux olympiques
d’hiver de Pyeongchang du 9 au 25 février 2018 seront le théâtre d’un rapprochement
symbolique entre les deux Corées, a annoncé Séoul, le mercredi 17 janvier 2018. En effet, les
délégations de la Corée du Nord et de la Corée du Sud défileront à la cérémonie d’ouverture
derrière un drapeau de « l’unification » pour montrer l’intégralité de la péninsule, et elles
formeront une équipe commune en hockey féminin sur glace. Tout cela sous réserve de
l’acceptation du Comité international olympique (CIO).
Comment peut-on ne pas saluer le geste républicain intervenu au Mali ? Après 5 ans d’exil au
Sénégal, le Président Amadou Toumani Touré a regagné Bamako le dimanche 24 décembre
2017, par la volonté de l’actuel Président Ibrahim Boubacar Kéita, à bord de l’avion
présidentiel malien que Ibrahim Boubacar Kéita a dépêché spécialement à Dakar, pour le
ramener avec ses proches. Et le ciel n’est pas tombé sur le Mali. Bien au contraire, ce geste
républicain a été salué, à travers le monde entier et continue d’alimenter les débats. Le
Président malien donne à toute l’Afrique une leçon de sagesse, de tolérance, d’humilité, et de
sens des responsabilités. L’acte est si symbolique qu’il traduit la volonté d’un peuple et des
autorités maliennes à solder les comptes d’un passé douloureux de crise, de fracture sociale.
Par une décision « sortie de nulle part », le premier ministre éthiopien HAILE MARIAM
DESALEGN, a annoncé, le mercredi 3 janvier 2018, la libération d’hommes politiques
emprisonnés. Afin de trouver des solutions à la crise qui traverse le pays de la Corne de
l’Afrique. Crise politique à l’intérieur, entre les partis de la coalition, crise politique et sociale à
l’extérieur de cette coalition avec divers conflits interrégionaux qui minent l’Ethiopie, depuis
des mois. L’autre annonce importante du premier ministre est la fermeture prochaine de la
prison centrale, tristement célèbre pour avoir été un ancien centre de torture. Elle devrait
être transformée en musée. L’objectif de toutes ces annonces, « c’est de créer une
atmosphère de réconciliation nationale », fait-il remarquer.
Après le monde réel, quittons maintenant le monde de la joie pour le pays réel, la Côte
d’Ivoire.
III. LE PAYS REEL
Nous parlerons de la Côte d’Ivoire et du FPI.
A. LA COTE D’IVOIRE
A chaque message de fin d’année, Monsieur Ouattara verse dans l’autocélébration et martèle
que la Côte d’Ivoire va mieux, mais trop d’ivoiriens vont mal. Le discours politique, au lieu de
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les rassurer, les renvoie davantage à leur sentiment d’être laissés pour compte, car il
n’apporte aucune réponse à leurs angoisses. Le gouvernement est dans l’incantation, dans
l’autocélébration, vit dans sa bulle d’une Côte d’Ivoire virtuelle et non dans la Côte d’Ivoire
réelle, la Côte d’Ivoire de la lucidité.
La vérité, c’est que ça va mal, très mal. La Côte d’Ivoire devient un pays de la souffrance. Il n’y
a qu’à regarder les visages : même quand ils sourient, les yeux vous disent la douleur.
La Côte d’Ivoire est un peu comme l’orchestre du Titanic, elle est en train de couler. Le FPI,
par la voix de son porte-parole, Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur Koné Boubacar,
Ensemble pour la Démocratie et la Souveraineté (EDS), par la voix de son Président GeorgesArmand
Alexis Ouégnin, ont fait un bilan-diagnostic sans complaisance de la situation
nationale. A ces bilans d’une grande pertinence, j’insisterai tout simplement sur l’océan de
désespoir qui s’ouvre sous les pieds des travailleurs avec son cortège de grèves, de menaces
et de licenciements abusifs ; le triste tableau de l’école ivoirienne qui tranche avec les
discours d’autocélébration largement ressassés par le régime ; la confiscation de la liberté
d’opinion qui place la Côte d’Ivoire dans les profondeurs du classement fait par Reporters
Sans Frontières, c’est-à-dire au 81e
rang sur une centaine de pays évalués ; le phénomène des
vacances anticipées à la veille des fêtes dans le milieu scolaire qui prend de l’ampleur et
enlève tout crédit aux autorités ; le chômage, la pauvreté, l’emploi, la hausse de la caution et
du loyer, le manque de logements décents en dépit de nombreuses annonces et promesses
faites par le pouvoir en vue d’améliorer les conditions de vie et d’existence des populations ;
« une situation sécuritaire mal maitrisée, une réforme du secteur de la sécurité inachevée, une
armée qui a du mal à retrouver son unité, une armée qui n’a pas de cohésion et surtout non
réconciliée » (le général Bruno Clément Bollet, ancien commandant de l’opération française
Licorne en Côte d’Ivoire de 2007 à 2008, Lg Infos, N° 1791 du vendredi 12 janvier 2018, Page
6) ; le vent de suspicion qui souffle dans l’armée avec la radiation de 230 militaires et
gendarmes ; cause ou conséquences ? La reprise, comme en 2017, du crépitement des armes
dans les casernes en 2018 ; les coûts exorbitants du trafic liés au navire et au passage des
marchandises dans les ports ivoiriens ; l’absence d’aires de stationnement adéquats ; le super
économiste Ouattara contesté par le Business et par son camp ; la Côte d’Ivoire classée 139e
sur 190 pays par le rapport DOING BUSINESS de la banque mondiale ; la grogne du patronat
contre l’annexe fiscale 2018 qui vient alourdir la pression fiscale ; le fort taux d’endettement ;
le mal de la Côte d’Ivoire aux données statistiques : le syndrome de l’élection présidentielle
2010 qui a été l’objet de contestation est passé par là. Les statistiques données par le régime,
sont souvent complaisantes et entretiennent la polémique : il en va ainsi des chiffres
communiqués sur le Recensement général de la population et de l’habitat organisé en 2014,
des taux de participation à l’élection présidentielle 2015 et, au referendum sur la nouvelle
Constitution organisé en 2016. Des chiffres qui sont loin de refléter la véracité des faits ; les
incendies de marché avec des enquêtes annoncées et bien vite étouffées ; la condamnation à
15 jours de prison ferme du jeune Koffi Kouassi Richard pour avoir exhibé une banderole sur
laquelle il avait écrit « Libérez Gbagbo » lors du match international Côte d’Ivoire-Maroc
comptant pour la qualification à la coupe du monde 2018, au stade Félix Houphouët-Boigny ;
la criminalité des gangs de rue, dont certains membres sont des enfants, avec au bout, des
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bastonnades publiques et lynchages de criminels présumés ; les turbulences dans le monde
sportif entre échecs et réussites. Dans ce sombre tableau, je stigmatiserai l’enrichissement au
long cours des tenants actuels du pouvoir et de leurs cercles rapprochés. Si l’argent ne circule
pas, parce qu’il travaille, pour une caste de privilégiés, l’argent circule mais ne ruisselle pas sur
tous les ivoiriens. Toutes les choses se font, tout est permis pourvu qu’il y ait la richesse au
bout. Le désordre est partout et la République nulle part. La richesse est comme l’eau salée,
plus on en boit, plus on a soif. L’affairisme qui s’installe au sommet de l’Etat et qui engendre
la corruption et le conflit d’intérêts, la lourde pression fiscale font que, pour les opérateurs
économiques, les années horribles se suivent et se ressemblent depuis la prise du pouvoir par
Monsieur Ouattara. Seuls ceux qui partagent entre eux les fruits de la croissance peuvent
témoigner que la croissance existe. Ils l’avouent eux-mêmes dans leurs querelles politiciennes
: ils sont venus au pouvoir pour manger.
Le régime Ouattara a cassé la politique. Il ne parle plus de projet, de programme de
gouvernement, de valeurs et d’éthique mais, de partage du gâteau. Au lieu donc de parler des
indicateurs de croissance, il faut parler des indicateurs de méfiance vis-à-vis du pouvoir. Et ils
sont dans le rouge.
Mais par-dessus tout, le régime Ouattara, c’est la propension à faire des promesses. Des
promesses, encore des promesses, toujours des promesses. Éblouis par les mirobolantes
promesses de campagne du candidat Ouattara à la présidentielle, ceux qui ont cru en lui se
sont bien vite aperçus, pendant l’exercice de ses mandats, qu’on leur a livré un paquetcadeau
sans rien à l’intérieur. Confrontés à l’épreuve du réel, ils estiment que leurs
aspirations ont été trahies. Et le désenchantement est palpable. Les déçus du régime Ouattara
sont en train de quitter les rives du dépit pour gagner les vagues de la colère. Ils sont en train
d’expérimenter cette cruelle leçon d’André Gide : « La promesse de la chenille n’engage pas le
papillon. »
La promesse électorale se transforme en handicap insoutenable.
Dans un autre ordre d’idées, Monsieur Ouattara tord le cou au principe de la continuité de
l’Etat et à l’éthique républicaine. Il ne dit pas la vérité quand il se livre à une vaine tentative de
falsification de l’histoire en s’appropriant les réalisations du Président Laurent Gbagbo. On
peut tricher avec l’histoire, l’écrire et la réécrire à volonté, la travestir même, mais c’est
connu : les faits sont têtus et ils viennent rétablir la vérité de l’Histoire.
Cocteau : « Je suis un mensonge qui dit toujours la vérité. »
Comme tout visionnaire, le Président Laurent Gbagbo est de la race des bâtisseurs. Pour les
générations présentes et à venir, il restera l’incarnation de la vision, de la bienveillance, de la
tolérance, du rassemblement et du sens de l’Etat. Il est donc difficile voire impossible
d’effacer de l’histoire de la Côte d’Ivoire l’homme d’Etat Laurent Gbagbo.
Lorsque péniblement, Monsieur Ouattara se surprend à citer le Président Laurent Gbagbo,
c’est pour le couvrir de toutes les abominations. Non, il n’est pas bienséant d’affirmer que les
100 milliards affectés à l’indemnisation des victimes des déchets toxiques ont disparu.
Lorsque le Président Laurent Gbagbo a négocié et obtenu ces indemnisations avec Trafigura, il
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a défini trois axes : « Le premier axe est d’apporter un soulagement à toutes les victimes. Tous
ceux qui ont perdu un parent ont été indemnisés. Il en est de même pour ceux qui ont été
hospitalisés. Sans oublier ceux qui ont consulté les structures officielles sanitaires gérées par le
ministère de la Santé. Le deuxième axe était de réparer un tant soit peu le préjudice subi par
tous les opérateurs économiques du fait de la crise des déchets toxiques. Le troisième axe qui
était d’une importance capitale pour le Président de la République était de faire en sorte que
cette indemnisation puisse profiter à l’ensemble de toute la population ivoirienne. Parce que
tout compte fait, c’est toute la ville d’Abidjan qui a respiré l’odeur de ces déchets. Comme on
ne peut pas distribuer de l’argent à toute la population, le Président de la République a
souhaité qu’un certain nombre d’investissements, de projets sociocommunautaires soit réalisé.
Surtout dans le cadre de l’assainissement du cadre de vie des Abidjanais. Et également de la
santé pour relever le plateau technique des structures sanitaires de la ville d’Abidjan. Nous
avions cette feuille de route. Et nous en sommes tenus à cette feuille de route. Les critiques qui
se faisaient à notre encontre ne nous émouvaient pas. Parce que nous savions où nous allions.
Aujourd’hui, la population peut se rendre compte que tout ce que le Chef de l’Etat a promis va
se mettre en place progressivement. Les appareils que nous venions de découvrir sont les
premiers maillons d’une longue chaîne d’investissement dans le domaine de la santé. Il y aura
un volet assainissement. À savoir les infrastructures routières, l’adduction d’eau dans certains
villages qui ont été sinistrés. Tout cela fait partie des promesses du Chef de l’Etat pour un tant
soit peu réparer le préjudice que la population abidjanaise avait subi. Déjà l’adduction d’eau
de Djibi village a été réalisée. » (Interview du Professeur Serges Boni, vice-président de la
cellule présidentielle chargée des catastrophes humaines et des crises endémiques. Le Temps
N° 4258 du mercredi 20 décembre 2017, page 7).
Un ouragan appelé rébellion est venu balafrer la Côte d’Ivoire et emporter toutes les
promesses faites par le Président Laurent Gbagbo pour le bien-être sanitaire et social des
populations. L’épisode des déchets toxiques a été un moment tragique pour les populations. Il
ne faut pas en parler en ayant un rapport distant avec la réalité. Il ne faut pas tricher avec les
faits, ce serait manquer de respect à la douleur des victimes. Quand on ne sait pas, on
demande. Quand on sait, on témoigne. Parce qu’il a de l’orgueil et de la fierté pour son pays
et pour lui-même, le Président Laurent Gbagbo n’a jamais accepté que l’on porte impunément
atteinte à son honorabilité. A chaque fois, il a saisi la justice pour laver son honneur quand il
s’estimait diffamé. « Tant qu’on n’a pas de fierté, de dignité et d’ambitions pour son pays, on
ne peut pas le gouverner. Moi, je vais vous dire. Ma principale qualité, c’est l’orgueil. Mon
principal défaut, c’est l’orgueil. Si on n’est pas encadré par cette qualité et par ce défaut, on ne
peut pas avancer. Il faut être assez orgueilleux pour son pays et pour soi-même pour dire NON
quand il faut dire NON. » Un adage de chez nous dit : « Avant les yeux, Dieu a placé en
l’homme, l’honneur. C’est ainsi que, quand l’homme pose un acte déshonorant, il baisse les
yeux. » (Laurent Gbagbo). Quand le Président Laurent Gbagbo baisse la tête, c’est seulement
pour prier. Il pratique l’intégrité comme un sport de combat. Il secrète les enzymes de
l’intégrité. Son image d’homme intègre franchit les fuseaux horaires. La CPI a essayé de le salir
en menant des investigations sur une prétendue fortune cachée. Elle a déployé ses puissants
moyens d’investigation et elle a fait chou blanc. Elle a dû se faire violence en octroyant le
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statut d’indigent au Président Laurent Gbagbo. Le nom propre GBAGBO est devenu un nom
commun synonyme de  » choses propres ».
Au nom de la continuité de l’Etat, le régime Ouattara a travaillé sur les projets qui ont existé
sous la gouvernance du Président Laurent Gbagbo. En effet, parmi les projets dont les études
techniques sont achevées et le bouclage financier réalisé, on distingue soit les projets
entièrement réalisés sous le Président Laurent Gbagbo, soit les projets lancés par lui et en
cours d’exécution, soit les projets déjà prêts à être exécutés. Ils sont nombreux. Ce serait
fastidieux de les énumérer tous. Conscient de l’existence en Côte d’Ivoire de ressources
humaines bien formées et compétentes, le Président Laurent Gbagbo s’est appuyé sur des
entreprises ivoiriennes.
On ne peut pas diriger un pays dans la dénonciation constante du régime précédent d’autant
plus que cette dénonciation est infondée. Pour faire avaler la pilule de ses échecs, le régime
nous sert le couplet du « Ce n’est pas de notre faute … la situation que nous avons trouvée
était plus dégradée que ce que nous pensions. » Défaire ce que les autres ont fait, faire ce que
d’autres déferont, voilà bien le type de pratique dont les ivoiriens ne veulent pas. Au Sénégal,
le 7 décembre 2017, le Président Macky Sall, avec une humilité admirable, a rendu un vibrant
hommage à tous ses anciens prédécesseurs, Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf et
Abdoulaye Wade, car, a-t-il déclaré, « Chacun d’eux a apporté sa pierre à la construction
nationale. ». Comme pour enfoncer le clou, M. Ouattara, résolument en conflit avec l’éthique
républicaine et nostalgique du parti unique, dans son discours de nouvel an 2018, dans la
perspective des élections municipales, régionales et sénatoriales prévues la même année,
s’est lancé dans la campagne pour le triomphe du Rassemblement des Houphouétistes pour la
Démocratie et la Paix (RHDP), la coalition au pouvoir. Comment peut-on célébrer un
groupement politique dans un message solennel à la Nation qui est adressé à tous les
ivoiriens et aux populations qui vivent sur notre sol ? Les priorités de Monsieur Ouattara sont
celles d’une partie de la Côte d’Ivoire contre l’autre partie ; elles ne sont pas celles de tous les
ivoiriens.
Au contraire du Président Ibrahim Boubacar Kéita qui a offert au peuple malien un historique
coffret-cadeau avec le retour d’exil du Président Amadou Toumani Touré, le 24 décembre
2017, le régime Ouattara , lui, a offert à la Côte d’Ivoire et au FPI , l’isolement de la Première
Dame Ehivet Gbagbo Simone avec l’interdiction des visites pendant le nouvel an et la
condamnation à 20 ans de prison du ministre, honorable député de Guiglo, président du
Conseil général du Cavally, maitre de conférences Agrégé en Droit public et Science Politique,
professeur titulaire, Président du Comité de Contrôle du FPI, cadre et originaire de l’Ouest,
Oulaye Hubert. Celui-ci, provisoirement libéré le 7 mai 2017, après 2 années de prison passée
à Dabou, a vu son procès se tenir du 19 au 26 décembre 2017. Alors qu’il aspirait
légitimement à la pleine liberté dans une affaire à laquelle il est totalement étranger, notre
camarade vient, à la surprise générale, d’être lourdement condamné à la peine de 20 ans
d’emprisonnement, pour complicité d’assassinat dans l’affaire des 7 casques bleus tués le
vendredi 8 juin 2012 dans la zone de Tabou, alors même qu’il était en exil au Ghana, sans
qu’aucune preuve véritable n’ait été présentée contre lui au cours du procès !
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Oui, Honorables Invités, Militantes et Militants, je parle bien du Président Oulaye Hubert, cet
homme de mesure, de grandeur, de droiture, d’intégrité, ce passionné de la Côte d’Ivoire qui
était contraint à l’exil au moment des faits. Scandaleux, honteux, intolérable, inadmissible.
Comme si l’on voulait pousser le FPI à bout, pour je ne sais quel diabolique projet. Qui
cherche le FPI le trouvera !
Il fallait condamner coûte que coûte ce proche partisan de Laurent Gbagbo, « même sans
preuve », s’était écrié un des avocats de l’Etat à l’adresse du jury, au cours de ce curieux
procès !
Oui, il fallait condamner Oulaye Hubert pour au moins quatre raisons :
– Il fallait le condamner d’abord parce qu’il est un proche partisan du Président
Laurent Gbagbo et il le clame haut et fort en dépit de l’exil et de la prison
injustement subis, au cours des tournées qu’il entreprend sur le terrain et qui
drainent du monde ;
– Il fallait ensuite le condamner pour permettre au gouvernement qui fait sa rentrée
solennelle au Conseil de Sécurité en ce mois de janvier 2018, en qualité de
nouveau membre non permanent, de solder ses comptes avec l’ONU en lui
présentant un partisan de Laurent Gbagbo condamné lourdement pour des
supposés crimes commis contre des agents de cette organisation ;
– Il fallait également le condamner, pour montrer aux yeux du monde et
particulièrement des juges de la CPI, désormais largement édifiés sur la vacuité du
dossier contre le Président Laurent Gbagbo après le passage de 82 témoins à
charge qui l’ont déchargé, que ses partisans sont de vulgaires assassins prêts à
commettre des crimes pour le remettre au pouvoir ;
– Il fallait enfin le condamner pour neutraliser un futur candidat du FPI aux
différentes élections en Côte d’Ivoire puisque le ministre Oulaye Hubert a une
assise électorale nationale.
Si c’est pour neutraliser un futur candidat du FPI aux différentes élections en Côte d’Ivoire,
c’est peine perdue. A l’exception du Président Laurent Gbagbo et de la Première Dame Ehivet
Gbagbo Simone qui sont des échantillons uniques au FPI, les Oulaye Hubert, Assoa Adou, Lida
Kouassi Moïse, Sangaré, Michel Gbagbo foisonnent au FPI. Le FPI, c’est d’abord un maillot
avant que d’être un nom. Et le maillot que l’on porte et que l’on mouille, est floqué dans le
dos du nom de Laurent Gbagbo. Portez donc ce maillot et le charme opère immédiatement. Et
le porteur du maillot remporte toutes les élections frappées du sceau de la justesse et de la
transparence. Le peuple de Côte d’Ivoire sait reconnaître les siens. Joueur connaît son ballon,
ballon connaît son joueur.
Heureusement, avant même tout pourvoi en cassation, l’opinion publique nationale et
internationale a déjà cassé la décision, réhabilité par là-même le ministre. Loin d’être une
défaite, cette condamnation du ministre Hubert Oulaye est une victoire d’avenir. On peut tuer
tous les coqs qui annoncent le lever du jour. Mais jamais on ne peut empêcher le soleil de se
lever. Si nous avons mentionné le dernier procès en date de l’année écoulée qui est celui du
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ministre Oulaye Hubert, Président du Comité de Contrôle, le FPI et les PRO-GBAGBO, eux,
continuent d’être victimes de procès intempestifs, orientés et sanctionnés par des verdicts
scandaleux !
Après celui du ministre Dano Djédjé, de Koua Justin et de Dahi Nestor, injustement
condamnés à 30 mois de prison, au cours de l’année 2017 pour, dit-on, discrédit contre une
décision de justice et troubles à l’ordre public, après le ministre Assoa Adou lui aussi
condamné à 4 ans de prison pour de prétendues troubles à l’ordre public alors qu’il était
poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’Etat, le ministre d’Etat Lida Kouassi Moïse viceprésident
du FPI, qui passe lui aussi en procès au cours des mêmes Assises que le ministre
Oulaye Hubert pour atteinte à la Sureté de l’Etat a été condamné à 15 ans de prison, le jeudi
18 janvier 2018. Coupable pour sa qualification académique et pour sa fidélité et pour sa
loyauté au Président Laurent Gbagbo. Toujours, le 18 janvier 2018, le tribunal condamne le
Président Laurent Gbagbo, le Premier ministre Aké N’Gbo, le ministre Désiré Dallo et le
ministre Justin Katinan Koné à 20 ans de prison. Ils doivent payer à l’Etat de Côte d’Ivoire des
dommages et intérêts de 329 milliards de FCFA (700 millions USD).
Alors que le Premier ministre Aké N’Gbo et le ministre Désiré Dallo, présents en Côte d’Ivoire,
sont repartis libres du tribunal, puisqu’aucun mandat de dépôt n’a été émis contre eux,
paradoxalement, le juge émet deux mandats d’arrêt internationaux ; l’un contre le Président
Laurent Gbagbo, détenu en prison à la Haye, et le second contre le ministre Justin Katinan
Koné, en exil au Ghana.
24 heures après sa condamnation, le ministre Koné Katinan, vice-président du FPI, dans une
interview riche et dense à LG Infos des samedis 20 au dimanche 21 janvier 2018, nous livre
son analyse de grande pertinence : « Dans ce procès, 3 informations capitales sont à retenir :
– La BCEAO, victime présumée du vol, ne s’est pas constituée partie civile. Elle n’a même pas
daigné se présenter aux audiences ;
– La quasi-totalité des banques commerciales, elles aussi présentées comme victimes, ne se sont
pas constituées parties civiles. Elles non plus ne sont pas venues aux audiences. C’est donc de
façon superfétatoire que, pour cacher sa gêne, le juge les a déboutés de leurs prétentions
puisque, en définitive, elles n’en ont formulé aucune.
– Seul l’Etat et la BNI se sont constitués parties civiles. Le premier prétend que l’argent utilisé
pour effectuer les dépenses de l’Etat, y compris les salaires des magistrats et du personnel de
justice de Côte d’Ivoire, même celui des gens du golf hôtel, constitue un préjudice pour lui. Je
rappelle que les salaires de décembre 2010 à mars 2011 avaient été entièrement payés et que,
l’Etat n’a pas eu à payer à nouveau ces mois de salaires aux fonctionnaires et agents de l’Etat.
Il en va ainsi des autres charges de l’Etat. Donc, l’on ne peut que s’interroger de l’origine du
préjudice que l’Etat prétend avoir subi. La BNI, quant à elle, qui a correctement fonctionné tout
le temps de la crise, prétend que les casses de ses agences pendant la guerre qui a eu lieu à
Abidjan sont de notre fait. En d’autres termes, le fait que les rebelles aient pillé notre domicile
nous est imputable puisque tous ces sinistres ont eu lieu pendant la même période.
21
– Le président Laurent Gbagbo et nous n’étions même pas représentés à ce procès puisque nous
n’avions même pas reçu de citation à comparaitre. Or cette exigence est d’ordre public et
d’exigence stricte de la procédure pénale. Son inobservation entraîne de facto l’annulation de
la procédure ». Le ministre poursuit et donne l’explication de la lourde condamnation et du
mandat d’arrêt international émis contre le Président Laurent Gbagbo : « Les avocats de l’Etat
de Côte d’Ivoire à la CPI lui ont fait savoir qu’ils n’avaient plus d’arguments juridiques pour
s’opposer à une libération provisoire du Président Laurent Gbagbo. Le mandat d’arrêt
international est une parade trouvée pour restreindre ses mouvements et, le cas échéant, son
retour en Côte d’Ivoire… ».
Seul le peuple de Côte d’Ivoire peut empêcher le Président Laurent Gbagbo de retourner en
Côte d’Ivoire après son acquittement. Et le peuple n’est pas masochiste pour refuser sa
propre délivrance. Il se mobilisera donc, dans la joie, la ferveur et l’allégresse pour aller
accueillir l’homme de sa délivrance, le Fils du Peuple, Laurent Gbagbo. Et l’on s’apercevra bien
tardivement que cette justice-là n’est pas rendue au nom du peuple de Côte d’Ivoire.
Pour avoir servi la Côte d’Ivoire et les ivoiriens, pour avoir fait fonctionner l’Etat de Côte
d’Ivoire au niveau de l’ordonnancement des exécutions publiques, pour avoir permis aux
fonctionnaires, dont notamment les magistrats et le personnel judiciaire, de continuer de
percevoir leur salaire, pour avoir permis aux ivoiriens d’avoir accès aux soins et aux
médicaments, pour ceux qui en avaient la possibilité, pour avoir permis aux ivoiriens de
pouvoir subsister et survivre lors du chaos installé par la rébellion après le 30 mars 2011, le
Président Laurent Gbagbo, son premier ministre et les ministres de son gouvernement sont
accusés de tous les mots et de tous les maux. Au-delà des mots, ils ont été accusés de tous les
crimes allant jusqu’à « l’atteinte à la sécurité de l’Etat, insurrection, à la rébellion ». Ils ont
comparu devant les Assises avec comme accusation, d’avoir usurpé leurs fonctions, d’avoir
tenté de renverser un gouvernement. Leurs domiciles ont été pillés et saccagés, leurs biens et
avoirs gelés. Ils n’ont rien détruit ni volé.
Le Président Laurent Gbagbo, le Premier ministre Gilbert-Marie Aké N’Gbo, les ministres
Désiré Dallo et Koné Katinan ont permis à l’Etat de Côte d’Ivoire de fonctionner. Crime odieux
pour une justice aux ordres. Sous d’autres cieux, pour leurs prouesses qui ont permis à l’Etat
de fonctionner, ils auraient reçu un hommage mérité de la Nation avec en prime une
distinction élevée. Maître Mathurin Dirabou, le doyen des avocats de la défense : « Nous
disons que si le gouvernement légal est poursuivi pour un présumé braquage de banque, alors
tous les salariés de l’Etat ivoirien qui ont été payés au moment des faits sont tous passibles de
poursuites judiciaires. C’est ce que prévoit la loi dans le cas de recel de biens. Nous demandons
donc, au Parquet d’engager des poursuites contre les salariés. C’est ce qui est logique sinon
nous assistons à des cas de poursuites arbitraires en ce qui concerne nos clients. Ils ont agi au
nom de l’Etat et non pour des intérêts personnels ».
C’est un verdict sans surprise, pour les observateurs des procès intentés aux PRO-GBAGBO par
la justice ivoirienne depuis le 11 avril 2011. La justice ivoirienne chargée de dire le droit au
nom du peuple ivoirien, distribue les condamnations à 20 ans de prison aux PRO-GBAGBO
comme de petits pains. Faut-il en rire ou en pleurer ? Ni l’un ni l’autre. Sans état d’âme, la
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justice ivoirienne assomme sans retenue avec son glaive les PRO-GBAGBO. Ils ont fait de nous
des monstres, ils sont devenus des monstres eux-mêmes. Dans leur désir de vengeance, ils
finissent par faire ce qu’ils reprochent aux autres. La grande leçon de toutes ces manœuvres
politiciennes ? C’est que la peur-panique s’empare du régime Ouattara avec la libération du
Président Laurent Gbagbo qui se dessine de plus en plus avec certitude. « Si la pluie
torrentielle de toute la nuit n’a pu remplir les citernes du village, que peut la rosée du
matin ? »
Pour les PRO-GBAGBO ou estampillés comme tels, le plus souvent, quand le verdict tombe, ce
n’est ni la justice ni le droit qui gagnent : c’est la politique. Difficile de rendre une décision
juridiquement incontestable, dans un dossier déjà largement instrumentalisé par le régime. Ils
ont juridiquement tort, car ils sont politiquement responsables d’être des PRO-GBAGBO. Tous
font l’expérience cruelle de la pensée du pape Benoit XVI : « Dans un monde où le mensonge
est puissant, la vérité se paie par la souffrance. »
La roue tourne, tourne, tourne. Tous les prisonniers politiques seront réhabilités. Quand tu
montes l’escalier, n’oublie pas de dire bonjour à celui que tu croises en train de descendre.
Car un jour, tu le croiseras en train de monter l’escalier alors que toi tu es en train de
descendre.
Simple leçon d’humilité et de tolérance !
La justice est dite au nom du peuple de Côte d’Ivoire.
Justice, où est donc ta victoire quand ton glaive assomme exclusivement les PRO-GBAGBO ou
estampillés comme tels ? Quand les plateaux de la balance penchent seulement d’un seul
côté ? La justice est le dernier refuge d’un citoyen contre les injustices, les inégalités,
l’arbitraire et l’intolérance du pouvoir. En période de crise, la justice doit s’employer à
recoudre le tissu social aujourd’hui fortement déchiqueté pour une renaissance de la société.
Elle doit apaiser, raccommoder, rapprocher, transiger, réconcilier.
Mon coup de cœur fait écho à un cri de cœur. Par mon éducation, par ma culture et par ma
profession, j’accorde beaucoup de considération à la justice. J’ai donc mal de voir que le
verdict qui condamne les PRO-GBAGBO fasse l’objet de commentaires à la fois ironiques,
désobligeants et dégradants pour la justice ivoirienne.
Déjà, tous appellent à la décrispation de la vie politique. C’est le lien tout trouvé pour aborder
la question de la réconciliation.
Un Etat moderne est un Etat qui solde la guerre civile atroce en réunissant les deux parties. En
Côte d’Ivoire, les tenants actuels du pouvoir emploient le mot réconciliation à toutes les
sauces. En réalité, on utilise le mot pour ne pas faire la chose, pour que rien ne change dans la
société, pour laisser prospérer les inégalités les plus impitoyables. On ne réconcilie pas. On se
réconcilie. La réconciliation est une dynamique, le rendez-vous du donner et du recevoir. Pour
recevoir, il faut donner. Et c’est celui qui est aux commandes de l’Etat qui peut le plus donner.
La réconciliation n’est donc pas un mot, c’est un comportement.
Dès la prise du pouvoir par la force, Monsieur Ouattara a promis la mise sur pied d’un
processus de réconciliation nationale. Sept années après, nous constatons qu’il n’a réalisé
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aucun début d’exécution de la feuille de route qu’il s’est donné pour réconcilier les populations
ivoiriennes. Au contraire, tous les actes qu’il pose, vont le sens des divisions des populations.
En fait, il ne fait aucun doute que la « réconciliation nationale » s’est avérée être une opération
de communication de Monsieur Ouattara vis-à-vis de l’extérieur. Monsieur Ouattara fait
diversion avec ses déclarations de bonne intention. Dans un monde de communication, rien
n’est pire que d’avoir une mauvaise image. Et Monsieur Ouattara, grand communicateur, le
sait.
Comment le régime peut-il réconcilier quand la seule parole qu’il prononce est la parole qui
emprisonne et non la parole qui libère ? Comment le régime peut-il réconcilier s’il est
consumé par la haine ? La haine, ça ne fait pas un projet, ça ne fait pas un programme, ça ne
fait pas une vision, ça ne fait pas un destin national. Comment le régime peut-il réconcilier
quand il est enfermé dans un esprit de système, de caste et de domination ? Comment le
régime peut-il réconcilier quand il divise, exclut, distingue, quand il est dans le déni de
réalité ? Comment le régime peut-il réconcilier quand il bâtit une société qui valorise l’idée
que ce n’est pas le meilleur qui gagne ? Comment le régime peut-il réconcilier quand la
plupart des ivoiriens ne se reconnaissent pas en lui parce qu’il ne bénéficie pas de la légitimité
démocratique ? Il est possible de gagner le pouvoir par la force. Il est préférable de gagner le
cœur d’une Nation.
Pour réconcilier, il faut savoir se libérer de son idéologie, de son système, de sa caste, de son
clan et de son parti pour devenir l’homme de la Nation. Pour réconcilier, il faut s’inscrire dans
l’histoire de son pays et non simplement dans celle de son camp. Pour réconcilier, il faut faire
un pari sur l’avenir.
Par-dessus tout, la réconciliation engage au respect scrupuleux de l’éthique républicaine. Il ne
suffit pas pour un gouvernement de se doter d’une charte de l’éthique. Il faut en appliquer les
règles. A la vérité, Monsieur Ouattara s’est taillé son propre costume présidentiel, au risque
de casser les codes de la fonction. Comment peut-il faire marche arrière et accepter de
changer son costume, en endossant ce que la réconciliation veut lui voir porter ? Pour ne pas
donc se laisser emprisonner dans le corset républicain, il nous propose sa réconciliation, avec
les règles fixées par lui seul. C’est à prendre ou à laisser. C’est la réconciliation au pas de
charge, c’est la réconciliation camisole de force. Et cette réconciliation-là, les ivoiriens n’en
veulent pas.
La condition de la réconciliation, c’est que la méfiance tombe. Et elle ne peut tomber que si
les enjeux du conflit sont traités. Ensuite, il est essentiel aussi à la réconciliation que soit
réglés les problèmes du destin personnel des acteurs. Avec le soutien décisif des forces
françaises et onusiennes, Monsieur Ouattara et ses troupes ont gagné la guerre. Monsieur
Ouattara n’a pas su construire la paix par la réconciliation. La réconciliation ne se gagne pas
dans le cumul des mandats mais la vision qui invite l’humilité, la tolérance et le
rassemblement. Président d’honneur du Rassemblement des Républicains (RDR), ce parti qui
a pour slogan « Vivre ensemble », Monsieur Ouattara n’a pas su transmettre la recette de son
parti à la Côte d’ivoire pour lui permettre de vivre ensemble. La réconciliation comme la
laïcité est une et indivisible.
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Monsieur Ouattara n’est pas l’homme du message fort de la réconciliation. Et tout indique
que sous son régime, la réconciliation est un labyrinthe sans issue. La réconciliation passe par
un changement de logiciel politique.
La réconciliation fait l’homme d’Etat. Le Président Laurent Gbagbo est le fil d’Ariane qui peut
nous faire sortir du labyrinthe. Diogène le Cynique, philosophe grec de l’Antiquité, répétait en
parcourant la ville avec sa lanterne, une apostrophe célèbre : « Je cherche un homme ». La
Côte d’Ivoire cherche désespérément un homme d’Etat. Et nos regards se tournent
immédiatement vers les puissants de ce monde pour leur demander d’aérer et de soulager la
Côte d’Ivoire en ouvrant les portes de la CPI pour libérer le Président Laurent Gbagbo, cet
homme d’Etat qui a été critiqué pour avoir donné un visage trop humain au pouvoir, qui a mis
la politique au service de l’humain. « Je veux seulement que nous ayons un Etat qui obéisse
aux normes d’un Etat. C’est la trace que je veux laisser. La trace que je veux laisser, c’est qu’on
ne fasse plus de nomination par ethnie, mais par compétence ». Le Président Laurent Gbagbo
fascine parce qu’il a une vision de l’avenir. Ce que le Président Mandela disait de lui-même
peut se dire du Président Laurent Gbagbo : « Je suis une girafe. Avec mon long cou, ma tête
est haut perchée et je regarde loin. » Le Président Laurent Gbagbo admire tous ceux qui ont
tracé une route, sans repère, sans recette, sans précédent pour les aider. Il en va ainsi de
George Washington, de Lénine, de Gandhi ou « des pères de la Nation » en général. Il sait que
la gestion sans perspective ne peut suffire à apporter le bien-être aux populations. Il suit en
cela le précepte du Nouveau Testament : « Celui qui, ayant la main à la charrue, regarde en
arrière n’est pas fait pour le royaume de Dieu. » Toute sa vie, il a été l’homme du
« devandougou » (qui signifie, aller devant), l’homme d’avenir, préparant la Côte d’Ivoire aux
échéances des siècles à venir, lui rendant l’espérance et lui donnant les moyens de sa
grandeur, c’est-à-dire de sa prospérité. C’est la raison des 3 dimensions (modernité,
prospérité et démocratie) qu’il voulait atteindre.
« Je veux construire un Etat moderne avant de partir de présidence. C’est la seule raison pour
laquelle je suis venu au pouvoir. Je ne suis pas venu pour être riche, mais pour laisser mon
nom. Pour graver dans la mémoire collective mon passage à la présidence. Surtout que mon
ambition est de construire l’Etat moderne, l’Etat prospère et démocratique. »
Comme on le voit, alors que les autres se confinent dans une perspective politicienne de
courte vue, lui se place dans la perspective de l’histoire. Il est venu pour lutter avec l’Histoire.
Il ne voit pas son action dans l’instant. Mais dans le temps et dans l’espace. C’est sûr : il porte
la marque des bâtisseurs. Que disait Napoléon ? « On ne conduit le peuple qu’en lui montrant
un avenir. Un chef est un marchand d’espérance ».
Du jour où il a été élu Président de la République, Laurent Gbagbo a estimé que sa fonction ne
lui permettait pas de participer directement ou indirectement à la vie partisane. Désormais,
président de tous les ivoiriens, il a pour devoir de se mettre au-dessus des partis politiques.
Un président de tous les ivoiriens ne doit pas être en même temps le président d’une partie
des Ivoiriens. Parce qu’il finirait par se prendre plus pour le Président de cette partie que pour
celui de tous. Le Président de la République n’a pas de camp. Son camp, c’est la Côte d’Ivoire.
Laurent Gbagbo qui a dû affronter dans sa vie politique mille et un complots, tant ses
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adversaires ont été acharnés à sa perte, qui a fait l’expérience de la méchanceté humaine, des
trahisons, des injustices, n’a ni la rancune tenace ni un sentiment de haine et de vengeance. Il
est conscient en cela qu’il a choisi un métier difficile, celui de la politique, qui est le domaine
des coups portés sous la ceinture et que c’est le métier qui veut ça. Les blessures de la vie ont
laissé entrer la lumière, la générosité dans sa vie. Comme un médecin, le Président Laurent
Gbagbo a appris à aimer les gens indépendamment de ce qu’ils sont. Son programme de
gouvernement est un programme de solidarité. Et la solidarité est une forme d’attention aux
autres. Sous son mandat, la présidence de la République a été le plus grand service social du
pays. Sa philosophie de vie ? Quand il donne, il ne parle pas. Lorsqu’il reçoit, il parle.
Il sait apaiser les colères, réparer les blessures, lever les doutes, tracer la route et incarner les
espoirs. Il pardonne parce qu’il sait qu’on ne fait rien de grand dans la vengeance. Son sens de
l’humain qui va avec son sens de la justice est servi par son éternel sourire convivial qui
redouble la colère de ses adversaires, et son rire affectueux. Pour le Président Laurent
Gbagbo, seule l’humilité doit être la ligne de conduite des hommes politiques. Il respecte
l’une des règles du combat politique : ne pas humilier son adversaire. Il s’habille souvent de
blanc à l’image de la pureté de son cœur. Toutes ces qualités qui font l’homme d’Etat sont
nourries par son sens de l’humour. L’humour est un bon diplomate en toutes circonstances,
un moyen d’échapper aux dures réalités de la vie. Les blagues ne rabaissent pas la fonction
présidentielle. Au contraire, quand elles sont bien distillées, elles la rehaussent auprès du
peuple. Et tout le monde sait que le peuple de Côte d’Ivoire a le sens de l’humour, que
l’humour est un trait de notre culture nationale. Les blagues redonnent du sourire à une vie
de tragédie. En restaurant une forme d’optimisme, elles redonnent aux Ivoiriens cette
confiance en eux depuis trop longtemps affaiblie. Ces qualités d’homme d’Etat rendent les
ivoiriens nostalgiques de la gouvernance du Président Laurent Gbagbo. Il n’est pas là et il y a
tant de bruit dans son absence. Son absence est remarquée, mais elle souligne surtout sa
présence. Quoi de plus normal ? Le Président Laurent Gbagbo n’est pas une étoile filante dans
le ciel ivoirien. Il est un point fixe et l’on revient toujours à son point fixe.
Il n’y a pas besoin d’avoir fait des études d’architecture pour le savoir : qu’un seul pilier du
temple soit brisé et c’est tout le système qui s’effondre. C’est pourquoi, en pédagogue, je ne
cesse de me répéter : le Président Laurent Gbagbo est le chainon manquant de la
réconciliation. Pour ne pas « écoper un puits sans fond avec une petite cuillère », (Stéphane
Berg) pour la Côte d’Ivoire et pour la réconciliation, les puissants de ce monde doivent entrer
en voie de libération du Président Laurent Gbagbo.
Que devient le FPI dans le monde et le pays réel ?
B. LE FRONT POPULAIRE IVOIRIEN (FPI)
Les comparutions devant le juge sont notre quotidien. Les condamnations à de lourdes peines
d’emprisonnement avec ou sans mandat de dépôt, sont notre verdict. La prison est notre
royaume. L’exil est notre contrainte. On nous pourchasse, on nous fait passer pour des
criminels. C’est le monde à l’envers. Mais c’est la Côte d’Ivoire de Monsieur Ouattara. Nous ne
sommes pas tous encore en prison mais nous ne sommes pas libres non plus. A part ça, tout
va bien. Et l’on enjoint aux ivoiriens de «circuler, circuler, il n’y a rien à voir.»
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En 2011, après la guerre, l’on a sonné urbi et orbi la trompette de mort du FPI sans aucune
couronne. Tout en trinquant joyeusement, les dominants de ce monde se sont
chaleureusement congratulés pour avoir enfin réussi à neutraliser à la fois le Président
Laurent Gbagbo et son parti le FPI, ces hérétiques qui leur donnent du fil à retordre. Et le
Président Miaka Ouretto est arrivé. Dans un combat de survie, le Président Miaka Ouretto
Sylvain entouré d’une équipe et de militants téméraires a redonné un souffle de vie au FPI.
Péniblement, le parti s’est relevé.
En 2014, alors que le FPI portait encore les douloureux stigmates de la guerre, ils sont venus
pour tourner la page du Président Laurent Gbagbo, et livrer le parti comme un paquet-cadeau
bien ficelé à Monsieur Ouattara pour en faire son accompagnateur servile et docile, son fairevaloir.

Malgré la douleur et les épreuves, le FPI a réécrit son histoire. D’abord, comme rappelé par le
fédéral Amon Célestin d’Alépé, porte-parole des militants du FPI, le Comité Central du jeudi
05 mars 2015, m’a fait l’honneur, l’amitié et la confiance de me demander, alors que je
comparaissais devant les Assises, d’assurer l’intérim du Président Laurent Gbagbo, à la
direction du FPI.
Je continue toujours de ressentir cette marque de confiance avec responsabilité. Je ferai tout
pour m’en montrer digne.
Le 30 avril 2015, le FPI s’est réuni en Congrès à Mama, dans le village de son chef, le Président
Laurent Gbagbo, après s’être incliné dévotement sur le caveau de son père, Koudou Paul,
pour avoir sa bénédiction pour la réussite de cette rencontre. On voulait tourner la page
Laurent Gbagbo et nous sommes allés dans son village pour lui redonner son fauteuil, pour
l’introniser. Quant à ceux qui voulaient mélanger le FPI en le livrant comme un paquet-cadeau
à Monsieur Ouattara, ils se sont mélangés eux-mêmes. Quand on jette le caillou et que l’on
trouble la tranquillité de l’eau, il faut s’attendre à en payer le prix. Ils ont mis le doigt dans le
pot à confiture. Ils se sont pris les pieds dans le tapis. Il ne pouvait en être autrement. En
effet, comment peut-on mélanger le FPI, cette œuvre qui défie les temps ? Nous ne pouvons
donc pas réfléchir en termes de nostalgie. Le passé, même douloureux, est le passé. Il est bon
de suivre sa pente, pourvu que ce soit en montant. A Mama, nous nous sommes reconstruits,
nous avons mis à la tête du parti une nouvelle direction, exprimé clairement notre ligne
politique pour que nos messages soient audibles. A Mama, le FPI n’a pas voulu qu’on lui vole
son espérance. Il a retrouvé son droit à l’avenir. Pour traduire l’espérance en action, le FPI,
instruit des résolutions du congrès, a convoqué, en 2017, un séminaire pour faire un bilandiagnostic
du fonctionnement du parti. Sans complaisance, dans une série d’ateliers, le FPI a
œuvré à la restitution du séminaire. Il a jeté un regard inquisiteur sur lui-même, examiné,
enquêté sur les incohérences, les défaillances et les carences du parti. Dans une démarche
décomplexée, nous avons interrogé le parti pour l’amener à une mutation qualitative, à partir
de notre propre introspection pour en faire une machine à gagner au service du Président
Laurent Gbagbo, dans le combat pour l’indépendance et la souveraineté de la Côte d’Ivoire,
dès son retour imminent en Côte d’Ivoire. Dans notre démarche, nous avons tenu compte des
différentes mutations qui ont lieu dans notre environnement, en exposant nos tares et nos
27
dérives, en mettant les dirigeants et les militants du parti face à leurs responsabilités pour
faire du FPI une force organisationnelle dotée d’une pensée politique capable de donner un
sens à l’action, fondée sur un diagnostic de la situation. Tout en réfléchissant sur notre outil
de travail, tout en nous donnant une démarche stratégique bien élaborée qui traverse le
temps en s’adaptant régulièrement par des mues successives, nous avons initié une série de
rencontres avec les régions. Elles ont connu une grande audience et ont été suivies avec un
grand intérêt. Dans ce dialogue direct avec les structures, nous avons compris tout
l’attachement que les militants du FPI avaient pour leur président, le Président Laurent
Gbagbo et leur détermination à en découdre avec le régime Ouattara. Il est des visites sur le
terrain qui comptent. Le GRAND OUEST et le LOH DJIBOUA ont connu une mobilisation
exceptionnelle pour un homme d’exception : le Président Laurent Gbagbo. Des visites qui
accroissent nos responsabilités. La ferveur s’empare de la foule à l’énoncé du nom du
Président Laurent Gbagbo et la ferveur se fait hystérie lorsqu’on annonce les prochains jours
de sa libération. Le coquet village d’Akouré était dans ses habits de fête avec le FPI lors de la
18e
édition de la fête de la liberté, les 29 et 30 avril 2017. Ensemble, dans une saine
émulation, nous avons réussi une mobilisation exceptionnelle et impressionnante pour
honorer et célébrer le Président Laurent Gbagbo. La Fête de la liberté, à Akouré, restera
gravée dans les annales de la Côte d’Ivoire et les archives du FPI. Que toutes celles et tous
ceux qui ont contribué à la franche réussite de ces différentes rencontres, reçoivent en ce jour
de grande solennité l’infinie gratitude du Président Laurent Gbagbo. Vous avez démontré que
le FPI n’est pas un parti de circonstance mais un parti de tous les jours, des jours heureux
comme des jours sombres de la Côte d’Ivoire. Il porte la Côte d’Ivoire comme un tatouage
depuis ses origines. Et le combat du FPI dans la nuit épaisse du parti unique a créé le jour
nouveau du retour de la Côte d’Ivoire au multipartisme. Merci pour ces marques de
sympathie, de militantisme et de soutien. Tous les engagements pris auprès des populations
seront intégralement respectés. Dans les ateliers de restitution du séminaire sur le
fonctionnement du parti, dans les rencontres avec les régions, des questions sensibles ont été
abordées et une série de recommandations ont été prises qui seront traitées dans les
structures appropriées.
En matière de solidarité, cette vertu socialiste, des efforts ont été faits qui sont à encourager
et à intensifier. Les moyens ne sont pas toujours suffisants mais plus qu’une affaire de gros
sous, la solidarité, c’est d’abord l’attention portée à l’autre qui se réjouit ou qui souffre, c’est
la présence sous le regard scrutateur des parents, amis et connaissances. Plus que de la
générosité, nous devons avoir du cœur. Plus que de la sympathie, nous devons avoir de
l’empathie.
Sur les sujets de l’actualité qui interpellent notre engagement au service des populations,
nous avons animé des conférences de presse, des points de presse ou fait des déclarations.
Tout comme Cassandre qui prévoyait les drames à venir, sans jamais être entendue, nous
n’avons pas été entendus. Une certaine opinion a même fait du FPI un parti qui ne fait que se
complaire dans des déclarations, de peur de mener des actions de grande envergure. C’est
son droit de le penser. Nous nous en sommes tenus à notre feuille de route.
28
Dans une série d’engagements, nous avons fait de l’année 2017 l’année de la libération des
prisonniers politiques, civils et militaires, du retour digne et sécurisé des ivoiriens contraints à
l’exil. Obligation de résultat ou de moyens ? Si notre engagement se décline en obligation de
résultat, nous devons l’avouer : nous n’avons pas eu de la réussite. A part quelques
satisfactions avec les libérations des camarades Koua Justin et Dahi Nestor qui ont fini de
purger entièrement leur peine, ou des mises en liberté provisoire, la plupart de nos
camarades sont toujours en prison et le pouvoir continue même de nous narguer avec des
condamnations et emprisonnements exorbitants, avec le maintien en détention de la
Première dame Ehivet Gbagbo Simone suivi de son isolement pendant les fêtes de fin
d’année. Cependant, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Des efforts ont été faits,
des moyens ont été développés qui demandent à être encouragés et intensifiés. Un important
travail de sensibilisation, d’alerte de l’opinion nationale et internationale a été abattu. Pour la
CPI, le pic a été atteint avec la décision de la chambre d’appel qui a cassé la décision de la
chambre de première instance, avec les révélations à la fois croustillantes et ahurissantes de
Médiapart. Des missions d’explication et de sensibilisation ont sillonné Abidjan et sa ceinture
et des villes de l’intérieur. Une grande offensive a été menée lors du Sommet de la
francophonie et du Sommet UA-UE. Les prisonniers ont pu bénéficier de l’assistance et de la
solidarité du Secrétaire national chargé de l’administration pénitentiaire et des détenus
politiques, le Camarade Professeur Michel Gbagbo, le fils du père, qui comparaît lui-même
actuellement devant la justice pour son implication dans le combat pour la libération des
prisonniers politiques, civils et militaires. Il vient d’être condamné par le tribunal correctionnel
à 6 mois de prison sans mandat de dépôt et 500.000 F d’amende pour divulgation de fausses
nouvelles, le vendredi 26 janvier 2018. Dans la même affaire, Monsieur Laurent Despas a
été condamné à verser une amende de 10 millions de FCFA. Merci à toi Michel Gbagbo pour
tout le professionnalisme développé pour porter au monde les conditions de vie et
d’existence des détenus politiques, civils et militaires. Les détenus ont également pu
bénéficier de l’assistance et de la solidarité de mouvements et d’associations. Mention
particulière et infinie gratitude du FPI à l’Association des Femmes et Familles des détenus
d’opinion de Côte d’Ivoire (AFFDO-CI) de Désirée Douati, la fille du père, qui, elle-même, porte
encore de nos jours les douloureuses séquelles de son incarcération dans des conditions
dégradantes et qui ont profondément affecté sa vie. Mention particulière et infinie gratitude
du FPI au Collectif des Femmes et Parents des Détenus de la crise post-électorale (COFED) de
Simone Datté dont les parents sont en prison.
Merci pour toutes les initiatives prises dans ce travail bénévole pour soulager un tant soit peu
les conditions de vie et d’existence des détenus. La mission n’est pas facile mais en
l’accomplissant avec générosité et grand cœur, vous l’allégez. Vous portez attention à ceux
qui souffrent, vous êtes sensibles à la douleur de l’autre.
Nous devons reconnaitre que la passerelle aménagée avec les ivoiriens contraints à l’exil n’a
pas été suffisamment empruntée par le parti. Ce n’est pas de l’indifférence sur leur cruel sort
mais seules des circonstances parfois indépendantes de notre volonté expliquent ce grave
manquement. Ils savent cependant que nous les portons dans nos cœurs et que chaque jour
que Dieu fait, nos prières et nos pensées militantes vont vers eux et que nous intensifierons le
29
combat pour leur retour digne et sécurisé en Côte d’Ivoire. A nous donc d’œuvrer à la
satisfaction de ces conditions de retour dans les meilleurs délais. L’exil n’est ni une prison
dorée ni une prison adorée. C’est avec le cœur étreint par la douleur et l’émotion, mais aussi
de la fierté que nous avons lu les propos de Madame la ministre Clotilde-Yapi Ohouochi sur sa
vie en exil : « La vie de refugié n’est pas une sinécure. Qu’il se passe en Europe, en Afrique ou
ailleurs, l’exil reste toujours l’exil et se vit comme un déclassement, une dépossession sociale,
économique, politique, et psychologique. La douleur de celui qui part est comparable à celle
d’un enfant que l’on arrache à l’affection de sa mère. Il perd ses repères. Au déracinement, au
déchirement occasionné par le départ, s’ajoutent les affres d’une précarité existentielle, dans
le pays d’accueil. Mais l’exil est également un temps de ressourcement, de tête-à-tête avec soimême,
une sorte de marche initiatique qui permet de puiser en soi, les ressources nécessaires
à la compréhension du monde qui nous entoure. J’observe, j’apprends, j’écris des ouvrages, je
participe à des conférences, des colloques. Je prends également l’initiative d’en organiser moimême.
Le 14 octobre 2016, par exemple, j’ai organisé avec l’appui du Chu Alpes-Grenoble et
les autorités de la ville, un colloque international sur le financement de la santé en Afrique
francophone, qui a réuni des experts africains et européens. Toutes choses que j’engrange en
faveur de la libération du Président Gbagbo, pour le compte de mon parti, le FPI et pour la
Côte d’Ivoire. » (LG Infos, ibid)
Que les autorités d’accueil des ivoiriens contraints à l’exil qui contribuent activement à
l’adoucissement de leurs conditions d’existence et d’accueil reçoivent en ce jour l’infinie
gratitude du FPI.
L’union doit être confiante. Elle ne doit pas être méfiante. L’union pour l’union, ça ne veut
rien dire. L’union ne se déclare pas en disant : « Ne nous divisons pas ». L’union est un
combat. L’union se déclare autour d’une ligne, d’une vision. Le combat se gagne dans la vision
partagée. Comment peut-on gagner un combat quand on n’a pas la même vision ? L’union
dans la vision partagée fait la force. L’union sans la vision partagée fait la faiblesse. Quand on
s’éloigne de son chemin, on s’affaiblit. Dans le marigot politique, les appartenances sont
mouvantes comme le sable, les alliances tournent avec le vent. Nous avons expérimenté ces
types d’alliances avec des fortunes diverses. Mais, parce que notre mission est de fédérer les
forces politiques et sociales démocratiques, cent fois sur le métier nous remettrons l’ouvrage.
Le FPI continuera donc d’aller vers ces forces qui ont la même vision que lui du devenir de la
Côte d’Ivoire. C’est tout le sens de sa contribution active à la mise en place de la plate-forme
politique EDS, dirigée de main de maître par le ministre-professeur Georges Armand Alexis
Ouegnin, homme de grande humilité, qui s’est entouré de personnalités qui comptent pour
leur expertise avérée et leur militantisme. Merci à toutes et à tous pour votre présence
distinguée à cette solennelle journée de présentation des vœux au Président Laurent Gbagbo.
Il n’y a qu’un nom pour résumer nos espérances, un nom qui nous ressemble, un nom qui
nous rassemble : ce nom c’est le Président Laurent Gbagbo, notre référent politique. C’est la
reconnaissance d’un combat, d’une valeur érigée en modèle, en symbole même. Avec le
Président Laurent Gbagbo, EDS dessine une espérance, un espoir. Le processus de maturation
de EDS est en cours. Il s’accélère. La chrysalide devient papillon. EDS et les marchés financiers
ont un point commun : une fois lancés, on ne les arrête plus. Ensemble avec EDS et les forces
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politiques et sociales démocratiques, nous devons combattre l’adversité pour nous forger un
destin commun. Miser sur EDS, c’est miser gros, c’est un pari gagnant. EDS ne va pas vivre en
vase clos, outrageusement replié sur lui-même. Chaussant les souliers de son référent
politique qui enseigne l’ouverture et le rassemblement, EDS va conclure des accords de
partenariat avec les personnalités, partis politiques, mouvements et associations qui militent
en faveur d’un changement démocratique en Côte d’Ivoire.
Au total, je suis encouragé, mais pas satisfait du bilan de l’année 2017.
En 2017, dans le séminaire sur le fonctionnement du parti, nous avons, dans des ateliers de
restitution, mené la réflexion sur nous-même, sur notre identité, sur nos valeurs, sur notre
rapport à la société, afin de dessiner une empreinte originale sur le cours de l’histoire de
notre peuple. Les conclusions finales sont attendues et elles seront dégagées en 2018 dans un
séminaire qui viendra mettre un terme à la réflexion sur notre instrument de lutte. Le format
de ce séminaire sera le Comité Central élargi au Comité de Contrôle.
Le Comité Central est un organe important de décision du FPI. Nous devons donc, en 2018,
réactiver les commissions techniques du Comité Central. La réflexion doit être menée afin de
lui permettre de jouer pleinement son rôle dévolu par les textes fondamentaux du parti.
Les responsables du parti, à chaque niveau que ce soit, doivent rendre régulièrement des
comptes de leur action. Il faut donc instaurer un système rigoureux de suivi et d’évaluation.
Nos statuts doivent mentionner les points d’étape, d’évaluation et de validation.
En 2018, nous poursuivrons les visites à l’intérieur du pays dans le cadre du militantisme de
proximité. Le militantisme de proximité, c’est la manière d’être proche des gens. L’on peut
parler de convivialité sociale. Et puisque nous avons fait le choix de ce type de militantisme,
nous ferons un diagnostic rigoureux des faiblesses de notre implantation sur le terrain pour
en faire des forces, nous mettrons un soin vigilant à la taille de nos fédérations, à leur
découpage afin de les rapprocher le plus possible des populations et des circonscriptions
électorales. Ce sera l’un des points à débattre au Congrès. Mais par-dessus tout, le FPI, tout
en poursuivant son travail d’implantation sur le terrain, doit recenser ses membres et
s’engager résolument dans l’œuvre de recrutement. Dans un parti, il faut distinguer les
militants qui sont les militaires, les membres actifs et les membres non actifs. Le nombre est
un facteur de puissance, un élément de stratégie. Souvenons-nous de la boutade sinistre et
cynique que l’on attribue à Joseph Staline en réplique au ministre des affaires étrangères
français d’alors, Pierre Laval, en visite à Moscou, le 13 mai 1935 : « Oh ! Le pape, Combien de
divisions a-t-il ? », montrant ainsi le peu de cas que lui-même et la révolution communiste
faisaient de la religion. Quand un chef se bat, il donne les raisons de sa bataille et évalue ses
forces afin de les faire peser dans le rapport des forces en présence. Pour avoir les moyens de
sa politique, pour faire la politique de ses moyens, pour donner des mots d’ordre appropriés,
pour pouvoir peser dans le rapport des forces, un parti politique doit connaitre à la fois le
nombre de ses militants, le nombre de ses membres. Sinon, il serait un colosse au pied
d’argile.
L’implantation relativement réussie, nous nous sommes endormis sur nos lauriers. Nous
conservons toujours un socle de fidèles, mais nous devons rallier au-delà de notre camp.
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Soyons généreux, ouvrons les bras aux personnes qui veulent adhérer au FPI. Et notre rôle,
c’est d’aller les chercher, de leur expliquer le FPI dans la Côte d’Ivoire, de les rassurer sur
notre combat, sur notre organisation, de les accueillir avec humilité et considération.
Ivoiriennes, Ivoiriens, pour la Côte d’Ivoire, le Président Laurent Gbagbo et le FPI ont besoin
de vous, de vos relations, de vos expertises, de votre courage et de votre détermination.
Les coordinations étaient au commencement du FPI. Elles se sont fortement impliquées dans
l’implantation du parti. Dans sa montée vers la reconquête du pouvoir d’Etat, dans sa mission
d’implantation, de recensement et de recrutement, le FPI a toujours besoin des coordinations
qui sont une structure d’activités et d’appui du parti, au plan intellectuel, matériel et
financier. Toutes les missions des coordinations doivent être menées dans le strict respect des
textes du parti et dans l’harmonie entre responsables des fédérations et responsables des
coordinations.
En 2017, notre ancrage dans la société civile a manqué de profondeur. Des initiatives ont été
prises, des contacts ont été noués mais le mur de méfiance n’est toujours pas tombé.
En 2018, nous devons améliorer notre image dans la société civile. La société civile a un rôle à
jouer dans l’éveil de la conscience nationale. Autour de la Côte d’Ivoire, nous avons des pays
où la société civile, en appui des partis politiques, a pu faire évoluer le débat démocratique. Le
FPI doit avoir une familiarité avec le monde syndical et associatif, utiliser leurs réseaux
multiples pour nouer ou renouer des liens. N’oublions pas un seul instant que le FPI est fils du
syndicalisme. C’est ainsi que les valeurs fondamentales du syndicalisme et les valeurs
fondamentales du FPI se rejoignent : la solidarité, l’union, l’honnêteté et la constance dans
l’engagement. Le FPI doit développer des initiatives en direction de la société civile pour
discuter avec elle, la rassurer afin d’abattre le mur de méfiance et de suspicion. Il nous faut
trouver des relais citoyens pour évaluer comment notre politique est ressentie sur le terrain,
comment elle est perçue.
Nous pourrons ainsi construire des ponts de rencontre afin de susciter un renouveau d’idées
et de pratiques, un bouillonnement de la Côte d’Ivoire. Nous devons développer des contacts
pour créer une synergie parce que c’est ensemble que nous parviendrons à faire bouger les
lignes.
Un grand moment de l’année 2018 sera, à n’en point douter, la Fête de la liberté, à Babré, à
Gagnoa. Une fête qui sonne comme un symbole et qui résonne comme un espoir. Le
symbole ? Célébrer le Président Laurent Gbagbo, à Babré, ville où il est né. L’espoir ? Pour que
cette célébration connaisse l’apothéose, c’est rentrer à Gagnoa avec, à notre tête, le
Président Laurent Gbagbo. Tout sera alors accompli.
Après Gagnoa, nous ferons la jonction des symboles en entamant notre montée vers
Moossou, à la résidence de la Première Dame, Ehivet Gbagbo Simone pour le Congrès
ordinaire des vendredi 03 et samedi 04 août 2018. Un Congrès exceptionnel chez une dame
d’exception : tout un symbole. Magnifier la Première Dame, vice-présidente du parti, libérer la
parole, prendre des décisions sur les défis et enjeux qui se dressent sur notre montée vers
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2020, sur la base d’une structuration solide du parti, sont les objectifs poursuivis par ce
congrès.
Mais laissons au Congrès ce qui appartient au Congrès. C’est sûr : ce sera une belle fête de la
convivialité comme seul le FPI sait le faire. Dix mille personnes sont attendues qui espèrent
l’annonce d’un heureux évènement bien avant même la tenue du Congrès. Cet évènement ?
C’est le jour de délivrance de la Côte d’Ivoire avec la libération du Président Laurent Gbagbo.
Bien entendu, en point de mire de ces activités, nous continuerons et intensifierons le combat
pour des élections justes et transparentes et le combat pour la libération des prisonniers
politiques, civils et militaires, pour le retour des ivoiriens contraints à l’exil. Ces deux combats
sont indissociables.
Au total, pour l’année 2018, notre culture de l’excellence nous engage à faire plus partout où,
en 2017, les résultats n’ont pas été à la hauteur des espérances car on n’a jamais
suffisamment fait quand on combat pour son pays.
Honorables Invités, Militantes et Militants, Forces politiques et sociales démocratiques, le
Congrès ordinaire des vendredi 03 et samedi 04 août 2018 du FPI devait annoncer et préparer
l’action pour notre montée vers 2020, année de la reconquête du pouvoir d’Etat. Le FPI avait,
jusqu’en 2020, essentiellement fonctionné comme une machine de conquête du pouvoir.
Nous avons eu le pouvoir par les urnes. Nous l’avons perdu par les armes. Les armes et les
urnes ne font pas bon ménage. Nous devons, par notre organisation bien huilée, redevenir
une machine de reconquête du pouvoir. Pendant que nous peaufinions les instruments de
notre ambition, contre toutes attentes, le communiqué du conseil des ministres du mercredi
20 décembre 2017 est venu annoncer la tenue des élections municipales, régionales et
sénatoriales pour l’année 2018 alors que tous les observateurs s’attendaient à l’organisation
desdites élections pour 2020-2021. Puis, Monsieur Ouattara, dans son discours de fin
d’année, le 31 décembre 2017 a déclaré sans préciser de dates : « Nous organiserons en 2018
les élections municipales, régionales et sénatoriales ». Récemment, le mardi 09 janvier 2018
lors de la cérémonie de présentation des vœux de nouvel an à l’administrateur de la CEI,
Youssouf Bakayoko a annoncé que sa structure, depuis plusieurs semaines, avait engagé des
pourparlers avec le gouvernement pour arrêter le chronogramme officiel de ces différentes
opérations électorales, y compris celles de la révision et la mise à jour de la liste électorale, en
même temps que les budgets correspondants. Il a aussi ajouté que les dates seront connues
sûrement dans les prochains jours bien que la CEI ait déjà proposé la date du samedi 21 avril
2018 pour la tenue des élections municipales, régionales et sénatoriales. La confirmation ou le
choix d’une autre date revient au gouvernement.
Toutes ces déclarations officielles veulent passer aux oubliettes la réforme de la CEI. Pourtant,
nous étions valablement en droit de nous attendre à une réforme de la CEI, suite à
l’indignation collective, à la résolution 2062 du 26 juillet 2012 de l’ONU, et surtout à la
décision de la Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples qui, dans son arrêt en date
du 18 novembre 2016, a ordonné à l’Etat ivoirien de modifier la loi sur la commission
électorale indépendante (CEI) pour la rendre conforme aux chartes et conventions auxquelles
il est partie. Les décisions de la Cour ne sont susceptibles d’aucun recours et s’imposent aux
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Etats parties au protocole, donc à la Côte d’Ivoire. Tout laisse donc penser que l’Etat ivoirien
refuse d’assumer ses responsabilités dans la mise en œuvre des décisions prises par la Cour.
Le FPI trouve un allié de taille dans la Cour. En effet, pour le FPI, le maintien de Monsieur
Youssouf Bakayoko pose un problème d’éthique. Il est celui par qui le scandale est arrivé en
2010, lors de l’élection présidentielle. Pour avoir proclamé des « chiffres » du second tour de la
présidentielle de 2010 au quartier général de campagne de Monsieur Ouattara, en l’absence
des membres de la commission électorale. Les ivoiriens continuent d’attendre minuit comme
on attend minuit le 31 décembre. Comment celui qui a commis une fraude sur les résultats de
l’élection présidentielle 2010, peut-il valablement combattre la fraude électorale en qualité
de président de la CEI ? Comment le bourreau peut-il se comporter avec le panache de
l’innocent ? De surcroît, sur le problème de la durée des mandats, la loi portant
fonctionnement de la CEI est claire et ne souffre donc d’aucune interprétation. Les membres
de la commission centrale sont nommés par décret pris en conseil des ministres pour une
durée de six (6) ans. Et leur mandat n’est pas renouvelable. Or, Monsieur Youssouf Bakayoko
a été nommé à la tête de la CEI, le 25 février 2010. Sur cette base, la présidence de Monsieur
Youssouf Bakayoko devrait prendre fin le 25 février 2016. Février 2018 bientôt, et cela fera
huit (8) ans qu’il est à la tête de la CEI. Soit deux ans de plus que la durée légale.
Par ailleurs, la CEI, dans sa composition, connaît une hyper-représentation des hommes du
pouvoir. Dans son fonctionnement, depuis 2010, les griefs contre la CEI sont nombreux du fait
de son inféodation au pouvoir Ouattara. Autant d’entorses à l’éthique républicaine qui
entament fortement la crédibilité de l’institution qui se veut indépendante et impartiale. C’est
donc à bon droit que la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a ordonné la
réforme de la CEI parce que dans sa composition actuelle, elle n’est pas indépendante et
impartiale.
L’Etat ivoirien n’en a cure. Pour l’heure, il fait de la résistance en restant droit dans ses bottes.
Il n’est nullement ébranlé par le fait que dans la non application de l’arrêt de la Cour, la Côte
d’Ivoire s’expose à des sanctions de la part de la Cour pouvant aller à l’invalidation des
élections à venir en 2018 et une amende financière considérable.
Solidement campé sur ses soutiens nationaux et internationaux, l’Etat ivoirien veut passer en
force, un exercice dans lequel le régime Ouattara excelle et qui, jusqu’ici, lui a plutôt bien
réussi.
Foin de l’indignation collective ! Monsieur Ouattara maintient mordicus la CEI de Monsieur
Youssouf Bakayoko, une CEI taillée sur mesure, de la haute couture pour lui. On le comprend
aisément : seule cette CEI formatée par Monsieur Ouattara, experte dans la fraude électorale,
peut lui permettre d’avancer ses pions et de faire échec et mat ses partenaires et adversaires.
Ainsi, il pourra allègrement positionner ses hommes sur lesquels il pourra s’appuyer pour se
faire une base solide dans toutes les régions du pays afin de s’ouvrir le chemin tout balayé
vers un éventuel 3e mandat déjà réclamé de façon indécente par ses soutiens ou permettre à
un éventuel successeur d’engranger les dividendes. Le piège viendra ainsi se refermer sur ses
partenaires et ses adversaires qui seront pris à revers par sa stratégie.
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Le piège est à la fois gros, grossier et grotesque. Il ne fait donc aucun doute : Monsieur
Ouattara prépare donc aujourd’hui, en 2018, l’élection présidentielle de 2020. Les bulletins
versés dans les urnes en 2018 pour les élections locales et sénatoriales, seront dépouillés pour
l’élection présidentielle de 2020. Les résultats forcément favorables des élections de 2018
vont lui servir de baromètre et de tableau de bord pour l’année 2020. La Côte d’Ivoire n’est
donc pas convoquée pour de simples élections locales et sénatoriales mais pour la
présidentielle anticipée de 2020.
Le FPI doit donc prendre les élections à venir en 2018 avec le plus grand sérieux. Elles ne vont
pas compter pour du beurre. Les défis et enjeux sont immenses.
Il est difficile de comprendre que Monsieur Ouattara qui a été imposé à la Côte d’Ivoire pour
convenances internationales méprise aujourd’hui une résolution de l’ONU et un arrêt de Cour
africaine des droits de l’homme et des peuples, ces institutions internationales. La Côte
d’Ivoire qui aspire à être un Etat émergent refuse de suivre les traces des démocraties
occidentales comme la France et le Royaume Uni qui ont été à maintes reprises condamnées
par la Cour européenne des droits de l’homme et qui, en toute responsabilité, ont mis un
point d’honneur à réviser la législation querellée pour la rendre conforme à leurs
engagements internationaux. Par son refus obstiné d’exécuter la décision de la Cour africaine,
dans le délai imparti, le régime Ouattara jette le discrédit sur la Côte d’Ivoire et ternit sa
réputation et son image internationales.
Il est également difficile de comprendre que Monsieur Ouattara qui continue de poursuivre
les PRO-GBAGBO aux motifs du discrédit contre une décision de justice discrédité, à son tour,
une décision de justice qui a force contraignante.
Une posture bizarre et étrange à laquelle il est donné de voir et qui n’honore pas de plus en
plus le régime dont le chef a plus que franchi le seuil de l’irraisonnable.
Même s’il n’est pas commode de dialoguer avec celui qui vous nie, le FPI tient à rappeler que
depuis septembre 2011, il ne cesse d’interpeller le pouvoir de Monsieur Ouattara sur le
dérèglement de la vie politique ivoirienne avec son cortège d’actes contraires à la démocratie,
à la réconciliation et à la cohésion nationale.
C’est pourquoi, le Front Populaire Ivoirien, tenant dûment compte des spécificités de la
situation en Côte d’Ivoire, conscient que le peuple de Côte d’Ivoire ne peut s’accommoder
indéfiniment d’un déni persistant de démocratie, tirant leçon d’expériences internationales
comparables, dont celles des démocraties naissantes, entre autres, demande instamment au
pouvoir l’ouverture d’un débat inclusif, efficace et transparent sur les conditions
d’organisation des élections justes et transparentes en Côte d’Ivoire.
Afin d’assurer une gestion crédible, indépendante, impartiale et efficace des élections, il
convient de reformer la CEI par une composition équilibrée et équitable, de choisir un
président de la CEI sur la base d’un large consensus et le critère de sélection sera axé sur
l’honnêteté et l’intégrité, la connaissance des questions électorales, et l’expérience dans la
conduite ou la supervision de processus électoraux.
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La CEI ne faisant pas à elle seule l’élection, pour une meilleure gestion de la justesse et la
transparence des élections, il convient de procéder à l’élaboration d’une liste électorale
crédible, au découpage électoral sur des critères objectifs. Le débat ne devra pas occulter la
question sécuritaire, notamment l’évaluation des risques de violence électorale et les
solutions consensuelles à dégager afin de minimiser les risques. Des conclusions de ce
dialogue politique sortiront de nouvelles règles consensuelles destinées à encadrer des
élections incontestables dans notre pays. Le FPI se tient à la disposition de toutes les
personnalités et les structures intéressées par la question des élections en Côte d’Ivoire, de
toutes les parties au dialogue inclusif, si celui-ci venait à avoir lieu, pour leur communiquer ses
propositions plus détaillées sur les conditions d’organisation des élections justes et
transparentes en Côte d’Ivoire.
Il propose qu’à la fin du débat, les conclusions soient portées à la connaissance des
populations à travers des campagnes d’information, d’explication et de sensibilisation. Afin
que nul n’en ignore.
Dans le même arrêt rendu par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, le 18
novembre 2016, la Cour a estimé que la CEI actuelle viole « L’article 3 du protocole de la
CEDEAO sur le droit des citoyens de participer librement à la direction des affaires publiques
de leur pays que garantit l’article 13 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des
peuples ».
Le FPI assure le peuple ivoirien en lutte pour la normalisation définitive de la vie politique et
pour ses intérêts vitaux et légitimes, qu’il se trouvera toujours à ses côtés et l’assure de sa
détermination à toujours porter ses aspirations et ses espoirs.
Tout en invitant le pouvoir à adhérer au slogan qui nous est cher « Asseyons-nous et
discutons » dans le même temps, je me tourne vers vous, Militantes et Militants du FPI, Forces
politiques et sociales démocratiques, pour vous demander de rester en posture de lutte
démocratique. Nul ne sait ni le jour ni l’heure. Qui appelle à la discussion se prépare pour la
discussion ou la non discussion. La transition pacifique n’est pas la résistance passive. Dans le
choix des armes, le FPI a fait le choix des armes qu’offre la voie démocratique. Nous avons été
instruits à l’école de pensée du Président Laurent Gbagbo qui nous enseigne l’amour du pays,
la paix, la démocratie, la responsabilité, l’indépendance et la souveraineté, le refus de toutes
formes de domination.
Je félicite les fédérations et l’ensemble des militants pour leur sens de la responsabilité et
pour leur mobilisation constante pour une Côte d’Ivoire libre, démocratique et souveraine.
Vous êtes des incollables sur le terrain de la lutte.
La reconquête et l’exercice du pouvoir d’Etat que le Front Populaire Ivoirien s’est fixé comme
principal objectif pour les deux (2) ans à venir sont loin d’être une simple incantation
rhétorique de démiurges en perte de crédibilité.
La compétition électorale est cruelle. Elle sanctionne sans état d’âme les approximations et
improvisations. C’est donc dire que, pour le FPI, aller aux élections ne signifie pas aller à
n’importe quelle élection. Le FPI refuse de cautionner toute compétition pour le pouvoir qui
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échappe à la volonté formelle des gouvernés… Ainsi, les élections nationales organisées dans
les conditions justes, transparentes et équitables constituent pour le FPI, un défi majeur qu’il
entend relever pour accéder au pouvoir d’Etat, afin de réaliser son projet de société et son
programme de gouvernement. C’est pourquoi depuis sa création, le FPI s’est toujours engagé
dans des combats visant à créer des conditions d’élections justes, transparentes, équitables et
démocratiques en Côte d’Ivoire afin de permettre au peuple souverain de s’exprimer
librement. Et chaque fois qu’il s’est agi de se prononcer sur la participation ou non à des
élections, le FPI en toute liberté et à travers ses instances statutaires, a toujours décidé de
participer aux élections nationales lorsqu’il a jugé que les conditions minimales de
transparence, d’équité et de justice étaient réunies. Le FPI s’est abstenu de participer aux
différentes élections organisées sous le régime Ouattara depuis décembre 2011 jusqu’à
maintenant car estimant à juste titre que les conditions de transparence n’étaient pas
réunies.
De ce fait, en dehors de l’élection présidentielle de 2010, les dernières participations du parti
à des élections remontent à plus de 16 ans soit :
– Le 7 juillet 2002 pour les départementales ;
– Le 25 mars 2001 pour les municipales ;
– Le 22 octobre 2000 pour la présidentielle, et
– Le 10 décembre 2000 pour les législatives.
Ce n’était pas la politique de la chaise vide, mais la politique de la fermeté, de la cohérence et
du refus de la soumission au diktat électoral de Monsieur Ouattara. Le FPI marquait ainsi son
refus d’entrer dans le jeu politique qui consiste à être l’accompagnateur servile et docile de
Monsieur Ouattara, son faire-valoir.
Cette situation est difficile à vivre pour un parti comme le FPI qui a choisi la voie des élections
comme la seule pour accéder au pouvoir tant au niveau national qu’au niveau local, qui est
toujours à l’aise dans les campagnes électorales parce qu’il a un leader charismatique adulé
par les populations, une expertise et une stratégie électorales avérées, une bonne
connaissance du terrain, des candidats ancrés dans le peuple, un projet de société et un
programme de gouvernement qui offrent à la Côte d’Ivoire une vision et des perspectives
d’avenir.
Et l’on peut comprendre la volonté de certains militants à vouloir mettre fin à cette longue
absence du FPI dans les joutes électorales.
En effet, la perspective de la participation du parti à des élections est un bon moyen de
mobilisation de ses cadres et de ses militants et cela participe à sa vitalité. Pour autant, le FPI
refuse de se donner des coups dans le dos en s’enfermant dans une problématique à la fois
fausse et piégée, celle de savoir si le parti ira ou non aux élections locales et sénatoriales.
Le FPI a pris l’option de la participation aux échéances électorales de 2020.
La question n’est donc plus de savoir si le FPI ira ou non aux élections. Le défi à relever est de
se battre afin de réunir les conditions d’élections justes, transparentes et démocratiques. Ce
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n’est pas la peine de définir le modèle de véhicule avant de savoir où l’on veut aller. Le FPI ne
doit pas être dans la posture de l’homme qui plonge dans une piscine sans savoir s’il y a de
l’eau. On se jette et on voit.
Pour mettre sous le couvert la question des élections locales et sénatoriales, le FPI pour une
question de cohérence et de logique doit se poser certaines questions, entre autres : Quelles
sont alors ces conditions ? Ont-elles évoluées aujourd’hui dans leur prise en compte ? Que
doit alors faire le FPI ? Depuis l’avènement du régime Ouattara au pouvoir d’Etat en Côte
d’Ivoire par le coup d’Etat militaire perpétré par la communauté internationale jusqu’à ce
jour, les organes chargés d’organiser, de contrôler, et de proclamer les résultats des élections
nationales en Côte d’Ivoire restent toujours inféodés au régime Ouattara de par leur
structuration et leur composition. Le FPI constate malheureusement que l’environnement
socio-politique qui a prévalu dans toutes les élections organisées sous le régime Ouattara et
qui l’a amené à appeler au boycott desdites élections perdure. En effet, si nous allons à ces
élections sans que les conditions ne soient réunies de quels arguments disposerions-nous
pour les réclamer en 2020 ?
Signe des temps ? Aujourd’hui, le FPI et les démocrates ne sont plus les seuls à crier dans le
désert. Leurs voix ont été entendues par l’ONU, la Cour africaine, des institutions
internationales et des personnalités.
L’ambition d’un parti, c’est le pouvoir ; ce n’est pas le témoignage. Le combat pour la
reconquête du pouvoir d’Etat est là. Nous n’avons pas choisi à faire ce combat ici et
maintenant. Mais quand le combat se présente à nous et que le choix est entre la capitulation
honteuse et la résistance, nous choisissons immédiatement la résistance. 2020 commence
aujourd’hui, en 2018. Renoncer au combat en 2018, c’est hypothéquer nos immenses chances
de conquérir le pouvoir en 2020. L’ONU, par sa résolution 2062, a fait son travail politique en
nous ouvrant le chemin. La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, par son arrêt,
qui vient donner le coup de grâce à la CEI, a fait son travail de juriste et de juge en nous
ouvrant le chemin. Comme pour nous donner raison. En ne nous battant pas pour des
élections justes et transparentes, nous nous désavouons nous-mêmes pour le non-respect de
nos mots d’ordre de boycott, nous désavouons l’ONU, nous désavouons la Cour africaine,
nous désavouons toutes les institutions et toutes les personnalités qui œuvrent pour
l’organisation d’élections justes et transparentes en Côte d’Ivoire.
Politiquement et juridiquement, un essai vient d’être marqué. A nous de le transformer. Nous
devons donc capter l’indignation collective comme les basketteurs se saisissent d’une balle au
rebond sous le panier. Pour ne pas passer notre vie à passer à côté de la vie.
Le choix du régime Ouattara de passer en force avec une CEI aux ordres, ne doit pas s’imposer
à la Côte d’Ivoire comme un canon de revolver sur la tempe. Voici donc venu le temps des
actions et de la stratégie courageuse.
Si nous ne luttons pas en 2018, en 2020, nous devons nous taire à jamais et applaudir
Monsieur Ouattara dans son ambition de briguer un troisième mandat ou de se choisir un
successeur. Même si l’adversité est rude, nous ne pouvons pas faire le sacrifice de nos
convictions. Le FPI doit rester une opposition solide sur ses convictions et ferme sur son socle
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de valeurs ; une opposition qui refuse les ambiguïtés et les incohérences, qui n’avance jamais
masquée. C’est la cohérence qui porte ses fruits. On ne peut pas enlever au FPI sa constance.
Le peuple de Côte d’Ivoire possède un instinct infaillible pour distinguer le vrai du faux, la
cohérence de l’incohérence. Si nos mots d’ordre continuent d’être suivis à la lettre, c’est
parce que le peuple de Côte d’Ivoire sait que le FPI est resté constant et cohérent dans ses
choix. Ce d’autant plus que ses choix tiennent compte de l’intérêt général du peuple de Côte
d’Ivoire, car c’est pour lui que nous sommes entrés en politique. C’est ce que j’appelle le
devoir de cohérence. Par fidélité à nos convictions et au devoir de cohérence, 2018 annonce
pour le FPI l’année de tous les risques.
Il ne faut pas se le cacher. Les batailles décisives s’imposent à nous si les tenants actuels du
pouvoir s’enferment dans leur autisme et refusent de s’engager résolument dans la
décrispation de la vie politique avec, en point de mire, l’organisation d’élections justes et
transparentes.
Nous ne devons pas faire « silence parce qu’on développe », nous ne devons pas craindre « les
braises de la lagune ». Nous ne devons pas rester stoïques face aux nombreuses dérives qui
ont de nos jours pignons sur rue.
Il nous faut réveiller en nous une âme de combattant. Nous devons être des ambitieux dont
les ambitions n’étranglent pas la témérité. Nous devons avoir le courage de nos choix. On ne
vit réellement que si on est prêt à mourir pour une cause. Pour affronter la vie, il faut savoir
affronter ses peurs. Et vous ne vivrez pas tant que vous aurez peur. Et vous n’aurez pas peur si
vous refusez le chantage de la peur.
Militantes, Militants, Chers Amis démocrates, nous sommes engagés dans une bataille
décisive : le combat pour la délivrance de la Côte d’Ivoire. Ce n’est pas un combat de
positionnement mais de survie de la Côte d’Ivoire. Il n’y a donc pas de place pour les
murmures. Il n’y a pas de place pour l’hésitation. Si nous hésitons, c’est que nous ne devons
pas y aller. Nous avons fait le choix d’y aller. Nous n’hésiterons donc pas. Nous ne nous
déroberons pas. Ce combat-là, nous allons le mener et le gagner.
Le régime Ouattara est dans l’autocélébration, la morgue et le mépris. Il ne s’est jamais senti
boîter. Confortablement calé sur son carnet de chèques, son carnet d’adresses sur une justice
aux ordres, bénéficiant en permanence de l’assurance tous risques des puissants de ce
monde, le régime considère que le contexte politique lui est favorable et qu’il doit en profiter
pour pousser son avantage, pour opérer le passage en force. Il se rassure en se convainquant
que de quelque côté que l’on se tourne, on ne perçoit aucune forme d’opposition crédible.
Divisée, tétanisée par la peur, l’opposition est invisible et inaudible. Elle a perdu toute
capacité de réaction. Quand on gouverne, il faut rester prudent et ne pas crier victoire car
tout peut se retourner très vite. Il est bien des choses qui ne paraissent impossibles que tant
qu’on ne les a pas tentées. « Rien n’est plus imminent que l’impossible. » (Victor Hugo).
Je l’ai déjà dit : quand un chef se bat, il donne les raisons de sa bataille et évalue ses troupes
afin de les faire peser dans le rapport des forces en présence. Le FPI, par ma modeste voix, a
donné les raisons de sa bataille. Dans des rencontres avec les fédérations, les femmes et les
jeunes du FPI, je vais continuer d’expliquer les raisons de notre bataille tout en leur
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demandant de rester en posture de lutte. Le FPI, pour sa part, dans le cadre d’un militantisme
de proximité, va mener des campagnes d’explication et de sensibilisation auprès des
chancelleries et des responsables des institutions internationales, des partis politiques, de la
société civile, des confessions religieuses, des rois et chefs traditionnels, des mouvements et
associations de défense des droits de l’homme, des personnalités, des magistrats et avocats,
des leaders d’opinion et de tous ceux à qui Monsieur Ouattara prête une oreille attentive. Le
FPI salue par ma voix les propos tenus par Sa Majesté Tanoé Amon Désiré, président du
Directoire de la Chambre nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire, tenus à
l’ouverture du séminaires du Directoire dont l’objectif principal est de répertorier les activités
à programmer au titre de l’année 2018, organisé du mercredi 24 au vendredi 26 janvier 2018,
au siège de l’institution à Yamoussoukro, parce que ces propos se situent dans la même vision
que le FPI a pour le rôle les rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire. En effet, Sa Majesté
Tanoé Amon Désiré, président du Directoire, a demandé à ses pairs rois et chefs d’agir dans la
neutralité. « Nous devons obligatoirement devenir neutres, ne pas afficher nos préférences
politiques. Sentimentalement, de façon intérieure, on peut avoir un penchant pour un parti,
mais nous ne devons pas extérioriser cela publiquement. Sinon, nous n’aurions aucun intérêt
à être ici. » Il a tenu à rappeler à ses pairs qu’assujettis auparavant aux forces politiques, ils
doivent s’en départir désormais et ainsi aider les acteurs politiques dans leurs luttes pouvant
déboucher souvent sur des guerres dont souffrent toutes les populations. « On nous demande
de faire en sorte que contrairement au passé, les luttes politiques qui sont des luttes de
programmes, de débats d’idées ne débouchent pas sur des conflits. C’est à cela que vous
devez réfléchir aussi au cours de ce séminaire afin d’œuvrer à ramener la paix pour continuer
à nous développer harmonieusement », a insisté le président du Directoire de la Chambre
nationale des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire (CNRCT-CI) auprès de ses pairs. (LG
infos, N° 1802 du jeudi 25 janvier 2018, page 4).
Pour la Côte d’Ivoire, pour faire l’économie d’une bataille, le FPI invite le pouvoir à s’asseoir et
discuter des élections, de leurs défis et de leurs enjeux. Les mots d’ordre du FPI suivront en
fonction de l’évolution de la question électorale.
Fières Militantes du FPI, fiers Militants, vaillantes forces politiques et sociales démocratiques,
la Côte d’Ivoire a besoin de notre énergie, de notre mobilisation, de notre détermination, de
notre audace, de notre courage et de notre témérité.
Ensemble, dans l’union et la discipline, le pays nous appelle. Ne le lâchons pas. Ne le décevons
pas.
Bonne et heureuse année à tous ceux qui souffrent d’absence de paix dans le monde ;
Bonne et heureuse année à la Côte d’Ivoire et au Monde ;
Bonne et heureuse année au Président Laurent Gbagbo et au ministre Charles Blé Goudé ;
Bonne et heureuse année à la Première Dame Ehivet Gbagbo Simone, à tous les autres
prisonniers politiques, civils et militaires, connus ou inconnus ;
Bonne et heureuse année au ministre Emile Guiriéoulou et à tous les autres ivoiriens
contraints à l’exil ;
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Bonne et heureuse année à nos Honorables Invités ;
Bonne et heureuse année, à vous, Militantes et Militants du FPI ;
Bonne et heureuse année aux militants pour la liberté et la démocratie ;
Bonne et heureuse année à tous les soutiens du Président Laurent Gbagbo ;
Bonne et heureuse année à tous ceux qui croient et espèrent en la Côte d’Ivoire, une et
indivisible.
Abou Drahamane SANGARE
Président par intérim du FPI

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