Lettre d’Anaky Kobena, Président du MFA au Ministre Hubert Oulaye Vice président du FPI

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Abidjan, le 28 décembre 2017

Ministre Hubert Oulaye
Vice président du FPI
Abidjan

Monsieur le Ministre et cher Camarade,
Tous les médias du monde relayent le verdict de la cour d’assises du Tribunal d’Abidjan qui vient de décider de te condamner à 20 ans de prison ferme parce que coupable de ‘’faits de complicité d’assassinat’’ dans l’incident qui coûta la vie à sept casques bleus et huit civils en juin 2012.
Ce procès a été suivi de toute l’opinion, et le fait que de nombreux jurés aient choisi, en toute conscience, de se faire remplacer, a largement édifié quant à la faiblesse, ou même, à l’inexistence de preuves pour étayer une accusation aussi grave.
Au moment où les Ivoiriens ne pensent plus qu’à partager le pardon et la réconciliation dans l’espoir de retrouver au moins le minimum de coexistence apaisée qui fera oublier la misère installée, que faut il penser de ce qui fait redouter comme un regain d’escalade dans cette volonté inexorable du seul Président Alassane Ouattara d’écraser et réduire à néant tous les cadres de la plate forme politique qui rivalisa avec lui aux élections présidentielles de 2010 ?
Sinon, après sept longues années, que doit il ajouter à son tableau de chasse avec comme détenus Simone Gbagbo, Assoa Adou, Lida Kouassi Moise, Simon Pierre Ehivet, Dahi Nestor, le général Dogbo Blé, le commandant Abéhi et tant d’autres ? et terminons par le double trophée Gbagbo/ Blé Goudé qui, à la CPI de la Haye, interpelle et indigne l’ensemble des démocrates et du monde noir ?
Tout le monde a fait passer à Alassane Ouattara le message de la nécessité de réconciliation et de retour à une Côte d’Ivoire fraternelle et unie, préalable à tout nouveau départ du pays. Mas si rien n’y fait, et si l’homme est aussi hermétiquement fermé à toute velléité d’apaisement, il ne doit plus faire de doute que les véritables enjeux ne sont pas au présent niveau, une logique faisant autorité chez lui.
Nous devons savoir également regarder dans cette direction, et continuer inlassablement la lutte pour la délivrance de notre pays, quoi qu’il en coûte.
Cher Hubert, en liberté provisoire aujourd’hui et peut être demain de nouveau en détention, saches que tu vis dans le même univers carcéral que les autres millions d’Ivoiriens tristes, amers et résignés qui vivotent autour de toi.
Nous te savons mentalement armé, et cela nous apaise et rassure. Nous sommes avec toi, la Côte d’Ivoire est avec toi.
Bien fraternellement

Innocent K. ANAKY
Président du MFA

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