Message de fin d’année du président Stephane Kipre a l’occasion du Nouvel an 2018

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Ivoiriennes, Ivoiriens, mes chers compatriotes,

Nous voici, par la grâce de Dieu, illuminés par les rayons de l’Espérance que nous promet l’année 2018. Comme l’exigent de telles circonstances, je voudrais à titre personnel et au nom de l’Union des Nouvelles Générations que j’ai l’honneur de présider, vous souhaiter, à toutes et à tous, une bonne et heureuse année 2018.

Ivoiriennes, Ivoiriens, chers compatriotes,

L’avènement d’une nouvelle année est généralement l’occasion pour les politiques de faire le bilan de l’année écoulée. Ainsi, l’opposition s’attelle à dénoncer le bilan du pouvoir en place, tandis que les gouvernants le défendent.

J’aurais donc pu en tant que dirigeant d’un parti d’opposition m’inscrire dans une telle logique et dénoncer le bilan catastrophique de la gestion de la Côte d’Ivoire depuis le coup d’état du 11 avril 2011.

J’aurais donc pu relever l’absence totale de politique d’anticipation économique du pouvoir actuel face à la chute de plus de 35% des cours mondiaux du cacao qui a pour conséquence immédiate d’entraîner la diminution des revenus d’exportation et des recettes budgétaires de l’Etat.

J’aurais pu parler de la mal gouvernance notoire qui influe très négativement les obligations de l’Etat vis à vis de notre peuple.

J’aurais donc pu dénoncer le surendettement record de notre pays évalué en fin 2017 à plus de 8 846,7 milliards francs CFA et les dérapages budgétaires avec un déficit de 4% au lieu de 3.4% prévus par la Loi de Finances 2017.

J’aurais donc pu insister sur le taux de chômage de plus en plus grandissant de nos jeunes, qui, désespérés, ne trouvent d’autre alternative que celle d’emprunter la voie suicidaire de l’océan pour rejoindre l’occident. Selon le rapport de l’Organisation Internationale des Migrations (OIM), parmi plus de 11.000 migrants clandestins répertoriés, les ivoiriens constituent les nationaux les plus nombreux engagés dans l’immigration clandestine. C’est manifestement la preuve que le taux de croissance à plusieurs chiffres n’est qu’une vue de l’esprit pour la grande majorité des ivoiriens, mais, une réalité profitant à une minorité. Monsieur Ouattara et son clan, s’enrichissent de plus en plus au détriment d’une grande majorité d’ivoiriens.

J’aurais pu stigmatiser le manque de politique de sécurité, devant le désastre social complètement inédit en Côte d’Ivoire qu’est le phénomène des « Microbes », ou face aux mutineries successives d’anciens mercenaires intégrés dans l’armée et qui ont violemment réclamé le versement de primes promises à eux par M. Ouattara.

Ivoiriens, Ivoiriennes, Chers compatriotes,

J’aurais pu m’attarder sur toutes ces questions mais je fais le choix de vous parler, en toute responsabilité et en toute humilité, en ma qualité de citoyen ivoirien, du vœu le plus cher que nous formulons tous : LA RECONCILIATION NATIONALE ET LA COHESION SOCIALE. Je voudrais vous parler de la Côte d’Ivoire et du devoir que nous avons tous, quelque soit notre conviction politique, de soupirer après le véritable « vivre ensemble », malheureusement galvaudé depuis plusieurs années par le parti au pouvoir.

Mes chers compatriotes, aujourd’hui plus que jamais, la crise économique et politique mondiale a donné naissance à un monde dans lequel les Etats sont en perpétuelle compétition pour offrir le meilleur à leur peuple.

Partout ailleurs, les dirigeants ont compris la nécessité de taire les divergences politiques lorsque des défis touchant à l’avenir et à la prospérité de leur nation se sont présentés. Devant de telles circonstances, ils ont résolument opté pour la concertation permanente, le rassemblement afin d’éteindre les crises pendantes et désamorcer celles à venir.

En France, lors des attentats de Paris du 13 novembre 2015, l’on a pu observer que le Président François Hollande a reçu tous les opposants politiques alors même que la Liberté chère à ce peuple venait d’être attaquée.

Au Mali, on peut citer l’exemple du Président Ibrahim Boubacar Keita qui a tout mis en œuvre pour favoriser le retour d’exil de l’ex-Président Amadou Toumani Touré, ceci, dans le but de renforcer le vivre ensemble dans son pays.

Au Ghana voisin, les anciens chefs d’Etats se retrouvent régulièrement pour réfléchir aux décisions les plus importantes engageant la vie et l’avenir de cette nation sœur.

Enfin, au Sénégal, l’on a pu voir le Président Macky Sall rendre hommage à son prédécesseur, le Président Wade lors de l’inauguration de l’aéroport Blaise-Diagne de Dakar.

Tristement en Côte d’Ivoire, en dépit de la mise en place de structures, pour dit-on, nous mener à la réconciliation nationale, de nombreux Ivoiriens demeurent en prison. Leurs détentions se poursuivent encore sept ans après la fin de la crise militaire. Certains n’ont à ce jour pas encore été jugés tandis que d’autres sont condamnés à des peines sans aucun fondement au grand drame de leurs familles respectives.

Ivoiriens, Ivoiriennes, Chers compatriotes,

La crise militaro-politique de 2002, accentuée par celle de 2010, n’est pas la première que notre jeune Etat a connu dans le cours de son histoire. Depuis l’indépendance en 1960, la Côte d’Ivoire est passée par plusieurs épreuves qui constituaient de véritables menaces pour ses fondements.

Pourtant, malgré la dureté de ces crises que nous avons connues, nous avons pu nous asseoir, nous parler et aller de l’avant ensemble. Ceci, parce que nous avions compris que nous sommes unis par une communauté de destin qui nous oblige à agir ainsi. Des rencontres ont été organisées par les gouvernants d’alors qui ont bien discerné le besoin profond de créer un cadre propice au rapprochement des ivoiriens afin qu’ils e puissent bâtir ensemble la Côte d’Ivoire de leurs aspirations.

Ces rencontres, même si elles n’ont pas eu pour résultante immédiate de régler en profondeur tous les problèmes, elles ont eu le mérite de décongestionner l’atmosphère sociopolitique. Elles ont surtout assuré le retour d’exil des gouvernants actuels qui étaient alors opposants politiques engagés dans une rébellion injuste contre notre pays, la Côte d’Ivoire.

Aujourd’hui, à l’entame de l’année 2018, notre communauté de destin est fortement en péril, devant le refus affiché du pouvoir actuel de donner une chance à la paix, à la réconciliation véritable et à la cohésion sociale, par son obstination à entretenir et approfondir la césure entre les ivoiriens.

Chers compatriotes,

En Côte d’ivoire, les ambitions et intérêts politiques nous ont assez longtemps divisés. Nous n’avons pas été capables de régler nos contradictions dans l’intérêt supérieur de la nation au point de contaminer le peuple et l’entrainer dans des aventures périlleuses. Nous sommes d’accord que toute la classe politique a manqué de pondération et d’humilité de sorte que les responsabilités sur la crise actuelle sont partagées comme le mentionnent plusieurs rapports d’Organisations Non Gouvernementale internationales et même des structures ivoiriennes créées par le pouvoir actuel. Toutefois, il est inadmissible et injuste que depuis 2011, seule la même catégorie d’ivoiriens continue de subir les détentions abusives, l’exil et les confiscations de biens.

Après presque sept années, nous pouvons affirmer sans aucun risque de nous tromper que notre pays est divisé et que nous avons deux Côte d’Ivoire : l’une, qui, satisfaite de sa victoire militaire, nargue les vaincus, tandis que l’autre, complètement impuissante, paie le lourd tribut de son engagement politique. ON NE PEUT CONSTRUIRE AINSI UNE NATION.

C’est pourquoi, encore une fois, comme nous le faisons systématiquement depuis des années, nous appelons Monsieur Ouattara, parce que c’est lui qui détient aujourd’hui tous les leviers du pouvoir, à donner une chance à la paix et à la réconciliation nationale. Qu’il accepte enfin de traduire en faits ostensibles, son slogan de campagne :« Vivre ensemble »

Les ivoiriens, nonobstant leurs divergences politiques, religieuses ou ethniques ont envie de se retrouver, ils ont envie de se reparler, de réapprendre à vivre ensemble. Les ivoiriens veulent continuer d’aller les uns vers les autres sans distinction d’ethnies, de régions, de religions ou d’obédiences politiques. Les Ivoiriens veulent retrouver leur Côte d’Ivoire d’antan.

Nous avons pour devoir et responsabilité de ne pas laisser la population être indéfiniment l’otage de nos haines et récriminations. L’une des particularités de l’Ivoirien, c’est sa capacité à pardonner. C’est ainsi que nous avons toujours su éviter les guerres ethniques ou religieuses.

Qui peut se réjouir de voir des femmes et des enfants vivre sous des tentes en exil depuis toutes ces années ? Qui peut oser parier sur l’avenir de notre pays lorsque des militaires sont poussés à la retraite parce que soupçonnés d’être fidèles à un camp politique ? Qui peut justifier que des ivoiriens soient encore en détention pour leurs choix et opinion politique ou même pour avoir défendu la légalité constitutionnelle? Qui peut encore tolérer ce spectacle de désolation auquel nous assistons aujourd’hui en Côte d’Ivoire presque sept années après le 11 avril 2011 ?

Chers compatriotes,

Je reste pour ma part optimiste car nous avons encore la possibilité de faire la paix. Il n’est pas encore tard pour tous, avec humilité,nous avons toujours l’occasion de nous repentir et repartir sur de nouvelles bases.

Pour cela, il faut que le pouvoir en place ouvre les portes des prisons pour permettre aux prisonniers politiques de retrouver leurs familles. Il faut rassurer tous les ivoiriens encore en exil et créer les conditions pour que ceux-ci regagnent leur pays en sécurité et que leurs biens soient restitués. C’est le prix à payer pour continuer à enraciner et consolider notre communauté de destin. Si nous ne nous y engageons pas, nous faisons courir à notre pays le risque de s’embraser à nouveau.

En ce qui me concerne, en cette année 2018, mon engagement sera plein et sincère à toutes les occasions où il s’agira de parler de notre pays, la Côte d’Ivoire, pour une réconciliation vraie et dans le respect de tout un chacun.

En ma qualité de président de l’UNG, j’engage les militants du parti à s’inscrire dans cette dynamique. La Côte d’Ivoire des Nouvelles Générations à laquelle nous aspirons ne peut se construire que dans la paix et la concorde et la cohésion sociale.

Une fois de plus je voudrais terminer cette adresse en souhaitant, à chaque ivoirien vivant en Côte d’Ivoire ou en dehors ainsi qu’aux populations étrangères vivant dans notre pays, de continuer d’espérer en notre pays dans l’intérêt de tous ses enfants unis autour d’elle.

Bonne et heureuse année 2018
Que DIEU bénissechaque ivoirien.
Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire
Que DIEU bénisse l’Union des Nouvelles Générations.
C’est DIEU qui est fort !
Je vous remercie.

Stéphane KIPRE
Président de l’Union des Nouvelles Générations (UNG)
Exilé Politique

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