Libéria: Georges Weah remporte la présidentielle

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Georges Weah a recueilli 61,5% des suffrages, contre 38,5% pour son adversaire, le vice-président Joseph Boakai, selon des résultats officiels portant sur plus de 98% des suffrages annoncés en début de soirée, 48 heures après la fermeture des bureaux de vote.

« Mes chers concitoyens, je ressens profondément l’émotion de toute la nation. Je mesure l’importance et la responsabilité de l’immense mission que je commence aujourd’hui. Le changement arrive », a tweeté le président élu dans la soirée.

Dès l’annonce de la victoire de l’ex-star du football, des centaines de personnes massées aux abords de la Commission électorale nationale (NEC), dans le centre de la capitale Monrovia, ont laissé éclater leur joie, chantant, dansant et scandant le nom de leur futur président.

« On a attendu pendant 12 ans. Maintenant, le pouvoir va au peuple », exultait la vice-présidente de la Ligue de la jeunesse de la Coalition pour le changement démocratique (CDC), la formation de Weah, Josephine Davies.

56% pour la participation

Quand ils ont appris leur victoire, Weah et sa vice-présidente, Jewel Howard-Taylor, ex-femme de l’ancien chef de guerre Charles Taylor et influente sénatrice, sont tombés dans les bras l’un de l’autre en fondant en larmes.

2,1 millions d’électeurs étaient inscrits pour le second tour et la participation a été de 56%, a indiqué le président de la NEC, Jerome Korkoya. Les derniers dépouillements devraient être achevés vendredi, a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et le chef des observateurs de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’ancien président du Ghana, John Dramani Mahama, ont tous deux salué « la tenue pacifique » du scrutin, tout comme l’Union européenne.

Explosion de joie à Monrovia après la victoire de Weah

Explosions de joie dans la capitale Monrovia jeudi soir à l’annonce de la victoire éclatante de George Weah au second tour de la présidentielle.

Chants, danses, embrassades, le grand boulevard qui traverse Monrovia, où se trouve la Commission nationale électorale, a exulté hier soir.

Un peu plus loin sur cette grande avenue bordée d’hôtels, de banques et d’ambassades, un écran géant a diffusé durant toute la soirée les buts de légende de l’ancien attaquant de Monaco, du PSG, du Milan AC et de l’équipe du Liberia, dont il a porté les couleurs dans les années 1990.

La victoire de Georges Weah a suscité de nombreux réactions.

Des centaines de personnes massées aux abords de la Commission électorale nationale chantaient, dansaint et scandaint le nom de leur futur président.

Le sénateur et ex-star du football a été élu face à Joseph Boakai après un scrutin salué pour son déroulement pacifique.

Quand ils ont appris leur victoire, Weah et sa vice-présidente, Jewel Howard-Taylor, ex-femme de l’ancien chef de guerre Charles Taylor et influente sénatrice, sont tombés dans les bras l’un de l’autre en fondant en larmes.

Le sacre de Weah

Enfant des bidonvilles de Monrovia, George Weah est devenu star planétaire du foot dans les années 1990.

Il est le seul joueur Africain à avoir remporté le Ballon d’or, en 1995.

George Weah a grandi dans la pauvreté avec sa grande mère à Carla Town, un quartier de la capitale Monrovia.
Son talent de footballeur habile dans le jeu de tête, rapide avec une bonne pointe de vitesse et technique le fait sortir du championnat libérien pour le Tonnerre Yaoundé au Cameroun.

C’est à ce moment-là que son destin bascule.

George Weah va évoluer ensuite à Monaco et au PSG en France avant d’aller au Milan AC en Italie.

Les pieds dans la politique

Entré en politique à la fin du conflit au Liberia en 2003, George Weah a été battu deux ans plus tard au second tour de la présidentielle par Ellen Johnson Sirleaf, la première femme élue chef d’Etat en Afrique.

Weah conteste les résultats sans succès. En 2011, il tente à nouveau sa chance en tant que colistier de l’avocat Winston Tubman.

Encore une fois, ils sont battus par la présidente Sirleaf.

Ses détracteurs lui reprochent de n’avoir des connaissances que sur un terrain de football. Il passe un master de gestion en 2013 à l’université de Devry, Miami, Etats-Unis. Il devient sénateur

Cette année, alors que son adversaire Joseph Boakai multipliait les procédures pour dénoncer les « fraudes et irrégularités » qui ont selon lui entaché le premier tour, « Mister George » a appelé ses partisans à la patience et au calme.

Son attitude et sa patience lui ont permis aujourd’hui d’accéder à la magistrature suprême du Liberia. C’est le parcours d’un enfant des bidonvilles de Monrovia, devenu star planétaire du ballon rond et président de la république.

BBC

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