Côte d’Ivoire – Ouattara sur Cnews : « Moi, la France-Afrique, ce n’est pas mon problème »

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Côte d’Ivoire – Ouattara sur Cnews : « Moi, la France-Afrique, ce n’est pas mon problème »

Le Président ivoirien Alassane Ouattara a accordé une interview à CNews une chaîne de télévision. Ci-dessous l’intégralité de cet entretien diffusé le mardi 12 décembre 2017.

Vous êtes à Paris pour participer au sommet sur le climat, vous vous intéressez au climat depuis longtemps, de quelle manière la Côte d’Ivoire ressent-elle le dérèglement du climat ?

Ah oui ! C’est au quotidien, nous devons avoir normalement peu de pluie ces temps-ci, même encore hier soir il a plu. Donc, il y’a les lésions maritimes, il y’a des inondations, malheureusement des éboulements, c’est terrible pour nos pays qui ont l’ambition de se développer rapidement.

Les forêts sont touchées aussi ?

Oui, les forêts sont touchées, les villes, c’est vraiment une catastrophe pour les pays en développement, notamment pour les pays africains.

Pourquoi les pays africains ?

Parce que nous sommes les plus faibles et les plus fragiles. Je considère que nous contribuons très peu à la pollution, mais malheureusement le dérèglement, les augmentations de température, nous payons le prix de la pollution des autres.

Mais, chacun à sa part de responsabilité, l’occident, les États-Unis, la Chine, la Côte d’Ivoire et l’Afrique ?

La Côte d’Ivoire, c’est très bas, et quand même les gaz à effet de serre, nous savons qui les émet. Ce n’est quand même pas l’Afrique, c’est 2 ou 3 % de l’émission mondiale. Nous nous considérons que nous sommes victimes, nous demandons aux grands de prendre leur responsabilité, penser à l’humanité, de penser aux autres.

Est-ce que vous pensez qu’ils sont indifférents ou ingrats ?

Non, ce n’est pas qu’ils sont ingrats ! Mais je trouve que c’est inéquitable et ce sommet sera l’occasion de faire le point. Nous, nous avons rempli tous nos engagements, nous avons signé l’accord, nous avons déposé aux Nations Unies. Nous avons donc mis tous les instruments, toutes les structures en place, ce qu’il faut maintenant, c’est le financement pour que les énergies renouvelables prennent le relais. Et nous sommes en train de commencer à le faire, nous avons besoin de financement, donc nous allons insister sur la question du financement à l’occasion de ce sommet.

Oui ! Vous intervenez souvent, j’ai vu que vous étiez intervenu aux Nations Unies, à la Cop 21. Je sais bien que le président Donald Trump n’écoute personne, mais est-ce qu’il faut lui demander de respecter l’accord de Paris ou d’encourager ceux qui dans son pays veulent lutter contre le dérèglement ?

Je félicite le Président Macron, dès la décision du président Trump, il a énoncé la position de la France, qui est la position de tous les pays comme le nôtre. Nous sommes victimes, et nous considérons que les grands, les États-Unis, la Chine, l’Inde etc, doivent contribuer à faire baisser la température, mais pas l’augmenter au-delà des 2 degrés. C’est l’engagement qu’ils ont pris. Ce sont des gouvernements démocratiques, ce qui est fait par un gouvernement doit être appliqué pour les autres, on nous dit de le faire pourquoi pas les autres.

C’est ce que vous allez le dire aujourd’hui et demain…

Je l’ai dit déjà et je le dis à nouveau.

Vous l’affirmez devant les cent pays qui ne sont pas des acteurs, il y’a des grandes vedettes…

Il y avait surtout les pays insulaires, ces pays vont disparaître de la carte si cela continue, il faut tout de même penser à l’humanité.

Alors, l’Afrique fait face à deux fléaux, Alassane Ouattara qui ont souvent les mêmes sources, l’obscurantisme, la pauvreté, la surnatalité et c’est le terrorisme qui est en train d’en profiter. Est-ce que vous ressentez cette menace terroriste, vous-même pour votre pays ?

Je dois dire que toutes ces questions sont liées, c’est le manque d’éducation, l’obscurantisme. Le problème de la pauvreté parce qu’il n’y a pas d’emplois pour les jeunes. Ensuite, l’insécurité, le terrorisme, alors il faut combattre ces différents secteurs et faire en sorte que ces pays sortent de la pauvreté. C’est pour cela, au dernier sommet Union Africaine-Union Européenne à Abidjan les 29 et 30 novembre, nous avons mis l’accent sur le thème, ‘’Investir dans la jeunesse pour un avenir durable’’ ; cela veut tout dire. Si nous arrivons à investir dans la jeunesse pour que cette jeunesse soit éduquée, soit formée, ait des emplois, d’abord, la pauvreté va baisser et deuxièmement, il y’aura moins de migration vers l’Europe et ainsi de suite, tout cela est lié.

On va y revenir, est-ce qu’il est vrai que le continent africain est, en ce moment, victime du progrès de l’islamisation et de l’Islam radical ?

C’est difficile de globaliser, c’est vrai que l’Afrique a quand même cinquante pays, et à partir de là, chaque pays a sa particularité. Il y a des pays qui sont plus islamisés que d’autres.

Mais, vous sentez-vous la menace ?

La Côte d’Ivoire est un pays qui a toujours été d’un Islam modéré. Bien sûr ! Nous avons des voisins tels que le Mali qui ont des difficultés, qui ont fait l’objet d’attaques terroristes et nous en ressentons les effets. Mais, la Côte d’Ivoire continue d’être un pays d’Islam modéré, de cohabitation, d’intégration. Je vais vous dire quelque chose que les gens oublient. La Côte d’Ivoire est l’un des rares pays en Afrique où nous avons le quart de la population qui est d’origine non-ivoirienne. Sur les vingt-quatre millions d’Ivoiriens, six millions viennent des pays voisins. Mais, c’est donc un pays qui absorbe les populations des autres pays, ces populations contribuent au développement de la Côte d’Ivoire et les choses se passent bien.
À Ouagadougou, le président Macron a dit ‘‘il faut faire barrage à l’extrémisme religieux…’’
Il a totalement raison. Je partage cet avis. Il faut le faire. Notre responsabilité en tant que chefs d’État africains, en tant qu’Africain, c’est par l’éducation de nos jeunes surtout de nos jeunes filles.

Depuis toute à l’heure, vous dites l’éducation, est-ce que vous avez augmenté le crédit militaire et de défense ?

Surtout nous avons augmenté les crédits sociaux, nous allons augmenter les crédits en faveur de l’éducation, de la santé plus que les crédits militaires parce qu’en réalité, c’est cela la jeunesse en bonne santé, éduquée, formée. Ceci étant, depuis l’attentat de grand-Bassam en mars 2016, nous avons été obligés d’investir de manière importante, mais d’un seul coup sur les questions de sécurité, de défense, de renseignement. Je continue de considérer que la Côte d’Ivoire a fait de bons choix.
J’ai dit il y’a deux fléaux, le deuxième qui frappe la jeunesse, c’est précisément la migration. Lors de sa visite le Président Macron a insisté sur des interventions militaires pour faire en sorte qu’on arrête ce qui est en train de se passer, qui est scandaleux en Libye où des migrants sont traités comme des esclaves. Est-ce que vous allez participer même à des actions militaires, comment, qu’est-ce que vous voulez faire ? Il faut aller au-delà des protestations verbales.
Je dis tout dépend des pays. Ceci se fait déjà en Côte d’Ivoire. En Côte d’Ivoire par des renseignements, nous nous traquons tous ces passeurs, nous les arrêtons, nous les jugeons et nous déplorons.

Surtout les Africains ?

Oui ! Des Africains, globalement, que ce soit du Nord, du Sud etc, mais ce sont donc des ressortissants en général qui viennent d’autres pays. Et qui viennent installer des filières pour prendre non seulement des Ivoiriens, mais également des jeunes qui viennent des pays voisins. La Côte d’Ivoire permet d’avoir un certain revenu parce que le coût de la vie et le niveau de la vie y est beaucoup plus élevé. Donc, ils ont plus de moyens de trouver des ressources et d’aller ensuite au Niger, en Libye et malheureusement…

Vous avez demandé à tous les ressortissants ivoiriens qui sont en Libye de rentrer chez eux ?

Tout à fait ! Nous avons déjà fait rentrer plus de sept cents ou huit cents, d’ici la fin de l’année, on aura plus de mille qui seront rentrés. Et nous demandons à tous ceux qui veulent rentrer, nous organisons leur retour. Nous l’avons fait pas seulement en Libye, nous le faisons dans d’autres pays africains, nous l’avons fait d’Arabie Saoudite, du Koweït. Chaque fois que des Ivoiriens sont mal traités ou qu’ils sont en danger, nous payons leur retour en Côte d’Ivoire.

Des actions militaires, vous êtes d’accord pour y participer ?

Des actions militaires en Côte d’Ivoire, non je n’irai pas dans des actions militaires dans d’autres pays.

Mais pour aller sortir ceux qui y sont aujourd’hui des esclaves…

Non ! C’est le travail des Nations Unies qui doivent travailler avec les autorités Libyennes, il y a des enquêtes en cours. Ceux qui ont commis ces crimes doivent passer devant la Cour Pénale Internationale, il faut des mesures fortes.

Mais qui va saisir la Cour Pénale Internationale ?

La commission de l’Union Africaine peut saisir la Cour Pénale Internationale.

Qu’est-ce qu’elle attend pour le faire ?

Elle va le faire, chaque institution à son rythme. Mais l’Union Européenne devrait le faire aussi, je vois des Ong qui protègent ces gens, (…). L’Union Européenne devrait également saisir la Cour Pénale Internationale.
Parce que c’est extraordinaire Président Ouattara qu’au 21e siècle des passeurs, des trafiquants traitent des Africains d’esclaves, et ouvrent des marchés aux esclaves…
C’est odieux, c’est choquant ! Je n’ai pas de mots pour qualifier cela, c’est inqualifiable. Ce sont des crimes contre l’humanité et cela doit faire l’objet de jugement devant la Cour Pénale Internationale. Mais j’espère que la modification du système judiciaire permettra de faire des condamnations à perpétuité. C’est abominable ce que ces gens font !

Donc il faut punir, frapper fort les négriers du 21e siècle ?

Bien sûr !
Il y’a une indifférence en Afrique et en Occident qui me frappe. Pourquoi, on accepte depuis le 8e siècle le mot arabe qui signifie esclave, le synonyme de noir, pourquoi on l’accepte ?

Vous ne pouvez pas dire que vous refusez cette forme de mépris, et qu’il faut changer de vocabulaire ?

Non, non ! Je ne peux pas me mener de la langue des autres. Je parle le français, le malinké, le Bambara, mais c’est ma langue. C’est leur langue, je leur laisse la responsabilité de changer ce qui est à changer.
Mais vous n’acceptez pas ?
Je trouve cela pas bien.

La Côte d’Ivoire, explique mon confrère d’Abidjan, Philippe Di Nacera, c’est 9% de croissance depuis votre arrivée. C’est deux millions d’emplois. Comment empêcher que les jeunes partent, qui prennent les risques d’aller mourir à travers le désert, de mourir noyer dans la Méditerranée ?

C’est d’abord une attraction, évidemment nous sommes dans les nouvelles technologies. Il y’a toute cette image positive que les jeunes voient à la télévision, ils pensent que tout le monde en Europe est milliardaire etc. Nous nous faisons de la sensibilisation et de l’information sur la réalité pour dire qu’il y’a des pauvres en Europe, en France qui dorment dans les rues, qui meurent de froid etc. Bon ! Il y’a ce travail à faire, et puis il y’a l’ignorance, le désir de l’aventure. Et sur cela, Jean-Pierre, la question de l’aventure et de la migration, ce n’est pas seulement les Africains. Les Européens ont fait de la migration, ils se sont retrouvés en Afrique, ils se sont retrouvés en Amérique ainsi de suite. Mais, c’était dans d’autres circonstances.
Absolument, on avait besoin d’eux où ils ont été quelques fois intégrés…
Je suis pour la migration régulière, pas clandestine, pas surtout qui conduit à l’esclavage. il y a ce travail à faire. Et puis, il y’a l’ignorance et également le désir de l’aventure et sur ça, Jean-Pierre. La question de l’aventure, c’est n’est pas les Africains, les Européens ont fait aussi l’immigration. Ils se sont trouvés en Afrique, en Europe, en Amérique et ainsi de suite. Mais c’était dans d’autres circonstances. Moi je suis pour la migration régulière et non clandestine. Pas celui qui conduit à l’esclavage.

Et vous pensez qu’en tant que chef d’État, vous avez la responsabilité de dire restez là, on va vous trouver du travail ?

Nous avons un système biométrique pour bien nous assurer que nous avons leurs empreintes. Mais qu’est-ce que les passeurs font ? Ils prennent le passeport de ces jeunes et ils déchirent et quand ils viennent beaucoup d’entre eux ne sont pas Ivoiriens. Mais, ils partent de Côte d’Ivoire parce que les revenus sont plus élevés. Ils viennent pendant, un an, deux ans, ils se font des économies à partir de là, ils vont au Niger, en Libye ainsi de suite. Nous disons maintenant, il faut un système de biométrique qui permet, même si on les prend sans papier, on connait leur origine. Et si ce sont des Ivoiriens, nous sommes d’accord pour les recevoir chez nous. Parce que leur place est en Côte d’ivoire et notre responsabilité est de nous occuper de ces jeunes gens.
Alassane Ouattara, Emmanuel Macron au Burkina-Faso a dit ne pas parler de démographie aujourd’hui partout y compris en Afrique était irresponsable et les inégalités hommes-femmes et par exemple les mariages précoces en Afrique .
D’abord, je condamne les mariages précoces. Cela est interdit par la loi en Côte d’Ivoire. Mais je vais plus loin. Parce que qu’est-ce qu’il se passe? Pendant, 10 ans, de 2000 à 2010, la Côte d’Ivoire a eu un taux de croissance économique à peu près de moins 1%. Mais la demographie était à peu près 3%. Qu’est ce qui s’est passé ? La pauvreté a augmenté. Aujourd’hui, nous avons un taux …la croissance démographique, c’est-à-dire 2,8 %. Mais la croissance est de 9%. Donc, nous sommes en train de réduire la pauvreté. Mais ça prend du temps. En plus de cela nous construisons des collèges, des lycées de jeunes filles avec internats ; nous avons instauré l’école obligatoire. Nous donnons la priorité aux filles quand il s’agit de l’accès à l’université etc . Il y’a toute une série de mesure que nous prenons parce que quand on s’occupe des filles et qu’elles deviennent femmes c’est la stabilité du foyer, du pays et par conséquent du continent.

Le président Macron a répété, je n’ai pas de politique Africaine, d’abord est ce que c’est vrai et est-ce que ça vous convient ?

Mais écoutez ! Moi, je pense que sa politique est en relation avec chaque pays. C’est sa notion de ce qu’il veut faire en ce qui concerne le rôle du président.
Vous savez en France, il faut plus de France-Afrique, ça c’est le passé…
Mais la Côte d’Ivoire n’a pas ce problème aujourd’hui. Moi, je peux vous assurer que nous sommes l’un des pays si vous prenez notre budget, le financement extérieur y compris les dons de la banque mondiale, du Fonds monétaire, de l’Union européenne et l’aide bilatérale etc. ne présente par 20% de mon budget. Dans beaucoup de pays Africains, c’est 50%. C’est important de le dire. Moi, la France-Afrique, ce n’est pas mon problème. Quand nous avons des problèmes de financements, nous allons sur les marchés internationaux. Nous empruntons des Euros, Dollars.

Vous dites oui quand même aux start-up, aux entrepreneurs français…

Tout ce qui est positif, je suis d’accord. Il (Macron) a de bonnes idées par rapport à ce qu’il souhaite faire dans ses relations avec certains pays. Il a démontré en Côte d’Ivoire. Nous venons d’inaugurer le lancement du métro d’Abidjan. Qui va faire déplacer 600 personnes par jour. 180 millions par an de personne à déplacer. C’est un investissement d’un milliard quatre cent mille d’Euros. La Côte d’Ivoire et la France y contribuent.
Vous avez connu différent présidents de la République française, qu’est-ce que vous trouvez de différent ou de singulier à Emmanuel Macron.

Vous serez surpris. Nicolas Sarkozy est mon ami, François Hollande est mon ami. Emmanuel Macron nous venons de nouer notre amitié. Je l’ai découvert et je trouve que c’est quelqu’un de très bien. C’est une bonne chose pour la France et je l’encourage dans les réformes qu’il est en train d’entreprendre. Ce ne serait pas gentil ou responsable de juger un homologue. Chacun fait son boulot pour son pays. Je fais mon boulot pour la Côte d’Ivoire. Ils font leur boulot pour la France.
Est-ce que vous avez confiance dans les promesses qu’ils ont faites par Paris, désormais plus de néocolonialisme , plus de paternalisme…

Nous ne vivons pas ça en Côte d’Ivoire.

Il n’y a pas que la Côte d’Ivoire en Afrique ?

Mais moi, c’est la Côte d’Ivoire qui m’intéresse. Je suis le président de ce pays, pas d’Afrique. Tout se passe bien entre la Côte d’Ivoire et la France. Nous n’avons pas de néocolonial. J’ai indiqué à Nicolas Sarkozy, comme à François Hollande comme à Emmanuel Macron la même seule chose. C’est que les entreprises françaises s’insèrent beaucoup plus dans la mondialisation. Cela a bien commencé. Mais il faut que ça se renforce.

Il y a de plus en plus de consommateur de chocolat en France…

Je suis ravi de l’apprendre. Moi, je prends un chocolat matin et à midi par devoir national.

Comment vous expliquez la chute du cacao ?

C’est la spéculation. Quand toutes les matières premières baissaient, le cacao continuait à augmenter. Les fonds spéculatifs se sont rués sur le cacao. Les prix ont continué à augmenter. A un moment donné quand il y’a eu retournement de tendance, les fonds spéculatifs ont basculé. Et en plus de cela , la production a augmenté en Côte d’ivoire, au Ghana et ces deux pays produisent 60% de la production mondiale. La Côte d’Ivoire elle seule produit 2 millions de tonnes. Nous commençons avec le groupe Cemoi. Mais, les productions sont faibles. Ce que nous devons faire c’est, augmenter la production. Nous voulons transformer le cacao en pâte, en beurre. Ceci va permettre de réguler l’offre mondiale pour que le prix soit stable.

Je ne veux pas vous flatter, mais la Côte d’Ivoire vous doit sa résurrection, sa renaissance d’une certaine manière, mais c’est vrai. Les Ivoiriens qui sont soucieux se demandent si vous vous continuez ?

Rire, vous savez que j’ai 3 ans devant moi, c’est les ¾ de mandat de président américain. Y’a pas de soucis à se faire .

Vous irez jusqu’au bout de votre 2ième mandat, vous n’allez pas arrêter comme le disait les rumeurs ?

Y’a pas de doute. Je suis un homme de devoir. J’ai été élu pour un deuxième mandat qui va jusqu’en décembre 2020. Je serai à la tâche au quotidien jusqu’en 2020.

Le pouvoir ne s’use pas quand on s’en sert ?

Mais surtout je pense que c’est plus une charge d’être président de son pays et surtout d’un pays qui a eu une crise terrible qui a connu l’augmentation de la pauvreté pendant 10 ans.

Après 2020, qu’est que ferez-vous ?

Je prendrais ma décision en 2020.

Vous pourriez continuer ?

Je prendrais ma décision en 2020.

Si vous arrêtez y’a des Ivoiriens qui craignent le retour des violences qu’a connues le pays…

Nous travaillons à deux choses actuellement. D’abord, la sécurisation du pays, je crois que c’est en bonne voie. Deuxièmement, la stabilité, la nouvelle constitution a fait en sorte que nous ayons un pays stable. Nous voulons fédérer les populations. L’avenir appartient aux jeunes, je suis sûr avec le temps nous aurons des jeunes bien formés qui prendront le relais et le pays sera stable. La chose la plus importante pour moi, c’est de m’assurer de la stabilité de mon pays et tous les sacrifices sont nécessaires pour arriver à cet objectif.

Y compris la réconciliation ?

La réconciliation est en cours, elle se fait bien. Ceux qui ne veulent pas entrer dans le processus, je ne peux pas les obliger. Pour se réconcilier, il faut le vouloir, nous avons pris toute une série d’action.

Par exemple, vous dites il faut donner le pouvoir aux jeunes, le voyage de Macron en Afrique peut-il avoir des retentissements chez les jeunes et les dirigeants ?

Oui moi, je crois que c’est un message important, il est jeune, ça donne des modèles. Vous savez dans beaucoup de constitutions africaines, on ne pouvait pas être candidat à la présidentielle avant l’âge de 40 ans, heureusement pour la Cote d’Ivoire, nous avons mis l’âge à 35 ans. Nous anticipons tout ça. Nous voulons prendre notre part de responsabilité, mais il faut le financement.

L’Intelligent d’Abidjan

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