CPI : Détho Létoh accuse le Procureur d’enquêter contre un seul camp

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Détho Létoh Firmin, général à la retraite était au troisième jour de son témoignage devant la CPI, jeudi 9 novembre 2017. Il a avoué avoir dit aux enquêteurs de la Cour son ‘’indignation’’ face aux auditions itératives du camp Gbagbo.

« Si vous entrez dans un pays, nous savons que vous êtes là. Si vous entendez quelqu’un, nous le savons. Je peux vous dire nous avons tous les moyens de savoir à quelle date vous étiez avec telle personne. Même en venant ici, les gens savent. Mais nous nous rendons compte que cela n’est pas fait de l’autre côté. Aujourd’hui vous enquêtez principalement sur les gens du Président Gbagbo, son épouse, Blé Goudé et bien d’autres qui sont autour. Mais moi je peux vous le dire que vous n’avez jamais eu à croiser ni Wattao (Issiaka Ouattara actuel commandant de la garde républicaine NDLR), ni tous les com’zones. Je peux vous prouver cela. Nous avons l’impression que c’est nous qui sommes les fautifs. Je suis militaire, je ne rentre pas dans ces détails. Mais c’est pour dire que nous savons les détails », s’était indigné, Détho Léthho face aux enquêteurs de la CPI lors de son interrogatoire à Abidjan.

Maître Altit, conseil de M. Gbagbo, lisant cet extrait, a voulu, dans son contre-interrogatoire, un éclaircissement sur ce que le général souhaitait dire aux enquêteurs du bureau du procureur en face de lui ce jour-là. Le général qui depuis mardi se sent bien dans cet exercice a expliqué à la cour ce qu’il entendait dire au bureau du procureur :

« C’est un message que je voulais faire passer. Nous avions constaté que depuis le commencement de l’enquête, nous n’avons jamais vu que ceux d’en face, il y’avait une enquête menée à leur niveau. Vous ne venez que chez nous. Et vous savez que ce que nous faisons dans un pays, les gens pensent que ce qu’ils font est caché. Il n’y a rien de caché dans ce monde. Si les enquêtes étaient menées au niveau des autres, on l’aurait su. C’est de l’injustice. Il y’a eu plus de neuf fois que j’ai été interpellé J’étais harcelé. Et il n’y avait pas d’enquête au niveau des autres. C’est ce message que je voulais faire passer ».

Le contre-interrogatoire prendra fin le vendredi 10 novembre 2017, avec l’équipe de Défense de Charles Blé Goudé. Après l’ex-chef d’État-major Philippe Mangou, c’est le deuxième haut cadre de l’armée à témoigner de ses actions lors de la crise post-électorale de 2010-2011.

Hilaire Gueby
afrikipresse.fr

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